Samedi, 15 Mai 2021
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Meurtre:Éruption de colère à Mokolo

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Un conducteur de moto perd la vie suite à un affrontement avec un fonctionnaire de police dans cet espace marchand de Yaoundé.

Par Junior Ayissi

La matinée du 20 janvier dernier au marché Mokolo n’a pas été des plus tranquilles. Une cohorte de chauffeurs de moto taxis a exprimé son courroux dans les artères du marché suite à la tuerie par une balle d’un de leur collègue la nuit du 19 au 20 janvier dernier par un policier. Les commerçants ont commencé ladite journée dans la peur. Pour la traditionnelle journée du mercredi, les boutiques et les étals ont prévu d’ouvrir aux encablures de 11h,  les différents tenanciers s’y sont présentés beaucoup plus tôt que d’habitude. Il était question pour ceux-ci de connaître le fin mot de l’affaire.

Au lieu-dit « commissariat de Mokolo », la route est fermée. Les alentours du commissariat sont quadrillés par les éléments des forces de maintien de l’ordre. Le tronçon « commissariat de Mokolo – Hôpital central de Yaoundé » est bloqué et sécurisé par les bons soins des éléments de la sécurité militaire (Semil). Au lieu-dit « Niki Mokolo », des mototaxis sont en embuscade. Leurs propriétaires menacent d’investir l’enceinte du commissariat aux encablures de 9h.

La cause de ce soulèvement date de la veille. Un officier de police, chef de poste au « lieu-dit ancienne gare routière », tire sur un jeune chauffeur de mototaxi.  Selon plusieurs témoignages, « tout est parti d’une rixe verbale entre le mis en cause et une vendeuse de nourriture dans l’enceinte de cette gare routière. Alors que ce dernier s’apprêtait à regagner son domicile, il aperçoit la dame qui s’apprêtait également à quitter les lieux. Comme à son habitude, il va demander à cette dernière de libérer les lieux avec un ton autoritaire. Ce qui n’a pas plu à la dame qui lui a opposé une fin de non-recevoir. Des échanges verbaux ont suivi. Une troisième personne débarque. C’est un chauffeur de moto taxi qui a ses habitudes chez la commerçante. En voulant séparer les deux tourtereaux, l’officier de police s’en est pris au chauffeur. Un acte qui a laissé place à un affrontement physique entre les deux hommes. Visiblement en difficulté, le fonctionnaire de police, en civil au moment du drame, s’est empressé de sortir son arme et dégainer une balle sur la tête de son vis-à-vis. La foule présente, à la vue du corps inerte d’un des lutteurs, s’est ruée sur le porteur d’arme. Alors qu’il s’apprêtait à dégainer pour une seconde fois, son action a été stoppée net par un coup de latte qui l’a laissé inconscient», raconte une commerçante, en larmes. « Dans les heures qui ont suivi, une forte escouade de gendarmerie est intervenue pour calmer la foule. L’officier de police est conduit aux urgences suivi d’une foule qui ne décolère pas. Des heures plus tard, ce dernier est annoncé comme décédé. Nous imaginons que ça a été fait pour calmer les populations en colère, car, il est vivant mais son pronostic vital est néanmoins engagé », ajoute un vendeur à la sauvette.

Manifestation

Ainsi, les moto-taximen réclament justice face à l’incident de la veille. Ils tiennent des pancartes sur lesquelles on peut lire « Police, tueur ; Cameroun non à la violence des policiers sur la population ; nous voulons la justice ». La riposte des forces de l’ordre ne s’est pas faite attendre. Refoulé par les éléments du Groupement polyvalent de la gendarmerie nationale (Gpign), ces derniers vont se réfugier au lieu-dit « entrée cité-verte ». Des barricades sont érigées. La circulation est interrompue. Ladite action est de courte durée car, les secondes suivantes, une forte mobilisation de policiers et gendarmes réussissent à dissuader les manifestants en embuscade.

Du côté de l’hôpital central de Yaoundé, ce n’est pas le calme. Un groupe de chauffeurs de moto taxis y campent depuis le moment de l’incident, en quête de l’auteur du crime.  Par mesure de prudence, ils sont encadrés par une escouade de policiers et gendarmes pour calmer les ardeurs des plus virulents. A 11h, le marché peine à reprendre son rythme normal. Les commerçants n’affichent pas bonne mine. La peur se lit sur les visages. « Je ne peux pas ouvrir ma boutique dans ces conditions », lâche un gérant de boutique de chaussures. Au lieu-dit « Mokolo Elobi », un homme en tenue de police est agressé par des moto-taximen en furie, il est reproché à ce dernier d’être complice de l’incident qui s’est produit. Il est presque livré à la vindicte populaire quand intervient le responsable du commissariat du 2e arrondissement, avec ses collaborateurs pour extirper la victime des griffes de ses bourreaux.

Sur les lieux de l’incident, la vie semble avoir repris son cours normal. Loin des  mouvements d’humeur, les véhicules chargeant pour les villages périphériques ne manquent pas de clients. Les chargeurs ne souhaitent pas s’exprimer sur le sujet « par crainte de représailles », lance l’un d’eux dans une langue vernaculaire. « Nous n’étions plus là quand l’incident s’est produit. Alors, nous ne pouvons rien dire à ce propos », reprend un chauffeur en attente du chargement de son véhicule.  Mais, lorsque nous quittions ledit marché hier dans l’après-midi, la tension n’était pas retombée. Du côté de l’Hôpital central de Yaoundé, les éléments de forces maintien de l’ordre cohabitaient avec un groupuscule de chauffeurs de moto taxis courroucés. Aucune déclaration officielle n’a été faite par les responsables des différents corps habillés concernés.

 

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