Samedi, 15 December 2018
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Yes, we Can…not

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Le rêve des Camerounais d’accueillir la Coupe d’Afrique des nations (Can) de football 2019 s’est évanoui vendredi dernier à Accra, au Ghana.

Par Georges Alain Boyomo

L’espoir d’organiser la grand-messe continentale a été enterré sans fleurs, ni couronnes. A l’unanimité de ses membres, le Comité exécutif de la Confédération africaine de football (Caf) a décidé que la Can 2019 ne peut se tenir au Cameroun, parce que le pays de Samuel Mbappe Leppé, Roger Milla et Samuel Eto’o n’a pas respecté les exigences et obligations du cahier de charges de cette compétition.
La pilule est amère. Depuis 1972, le Cameroun n’a plus organisé la Can de foot masculin. Mais la décision de la Caf n’est pas un coup de tonnerre sous un ciel sans nuages. Oui, il y avait des alertes objectives du tsunami qui secoue aujourd’hui le pays. Oui, nous avons dessiné le diable sur notre mur et il a fini par s’installer dans la maison.
Le mal camerounais, celui qui réside dans l’incapacité morbide et délibérée à transformer notre riche potentiel en opportunités et en source de prestige nous rattrape brutalement. Forte de son extraordinaire résilience à se goinfrer et à faire des réserves, manifestement pour un horizon politique qu’elle sent proche, la coterie régnante prive le peuple d’un moment exceptionnel de communion et inflige à son chef la plus lourde défaite de son magistère.
Il est loin le temps où le président de la République donnait six jours au directeur général de la Société nationale des eaux du Cameroun (Snec) pour ramener l’eau dans les robinets de Yaoundé, après une pénurie de trois mois, et que l’instruction était suivie d’effets immédiats.
Au fil des années, la parole présidentielle semble ne plus opérer et les dégâts sont énormes pour l’image et la prospérité du Cameroun. Cela se voit dans la conduite des projets structurants du pays où les interpellations et mises en garde de Paul Biya glissent comme de l’eau sur le plumage d’un canard.
Du coup, à l’instar du « Cameroun sera prêt le jour dit », la plupart des engagements présidentiels sont désormais tournées en dérision, y compris par ses collaborateurs, parce que non tenus.
On remarquera surtout que chaque fois que le Cameroun doit se soumettre à une évaluation externe, il est généralement admis en session de rattrapage. Avant la Can 2019, les déculottées pour l’atteinte de l’Initiative pays pauvres très endettés (Ippte) et l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) avaient défrayé la chronique.
A qui la faute ? Aux personnalités missionnées bien sûr, mais d’abord au chef de l’Etat, dont le contact avec la marche du pays semble se réduire aux rapports, généralement aseptisés, que lui servent ses collaborateurs.
L’excuse du changement unilatéral du format de la Can (de 16 à 24 équipes) par la Caf et les goujateries du président de l’instance faîtière du football africain ne nous exonèrent pas de prendre acte de notre échec et d’en tirer toutes les conséquences. Les chantiers doivent être achevés avant le début de la compétition, en juin 2019, et les responsables de ce fiasco doivent répondre de leurs actes.
Pour ce qu’il a donné à l’Afrique du football, le Cameroun méritait d’organiser la première Can à 24 de l’histoire. Ce n’est que partie remise. Ayons surtout à l’esprit cette assertion de l’immortel Nelson Mandela : « je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends ».

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