Dimanche, 8 December 2019
Accueil quotidien mutations societe Yaoundé :Un camion fait des morts à Ekounou

Yaoundé :Un camion fait des morts à Ekounou

41
- Publicité -

L’engin transportant de l’huile de palme,  dans sa course folle a également causé d’énormes dégâts matériels, le 29 novembre.

Par Jenner Onana

Ekounou-Carrossel, quartier de l’arrondissement de Yaoundé IV, connu pour la « belle vie », défraie la chronique depuis le vendredi 29 novembre dernier. Ce jour, aux environs de 19h, un accident de la circulation causé par un camion-citerne, transportant de l’huile de palme,y a fait sept morts selon un bilan provisoire et non officiel. Deux jours après l’accident, le lieu du sinistre attire toujours des curieux à cause de son décor inhabituel.

Hier 1er décembre, le camion-citerne à l’origine du sinistre, est immobile devant le bâtiment abritant le cabaret Carrossel. Ses quatre pneus baignent dans un  « ruisseau » d’huile de palme. Le liquide réchauffé par le soleil, coule à flots, se déversant  dans une rigole devant le cabaret, puis dans une rivière qui coule derrière ce lieu de divertissement.

Le pare-chocs avant du camion en forme d’un « S », témoigne de la violence de l’impact. Aucune ampoule n’a pu résister. Seules lesouvertures où celles-ci étaient logées sont visibles. La plaque d’immatriculation, pendant à la guise du vent, ne tient plus que sur une vis. Devant l’engin se trouve un poteau électrique brutalement arraché du sol. Sont éparpillés par terre : bouteilles en plastique, morceaux de planches, débris de parpaings, chaussures. Un badge pour conducteur de taxi y est également visible. Noyé dans l’huile, le nom n’y est plus lisible.

Dégâts

Pour un tenancier de call-box, situé non loin du lieu de l’accident, le conducteur du camion aurait perdu la maîtrise de son engin suite à une défaillance du système de freinage. « Il est environ 19h vendredi quand  ce camion-citerne,en provenance d’Ekounou descend à vive allurela colline. Dans sa course,  il percute, en les emportant dans son passage  un taxi, un véhicule personnel et deux motos », indique le riverain, tenancier de call-box. Poursuivant, ce dernier déclare que le bilan humain provisoire serait de sept morts.

S’agissant des dégâts matériels, le camion-citerne, outre les engins (voitures et motos), a détruit une partie du mur servant de clôture du cabaret Carrossel, ainsi que plusieurs kiosques et boutiques,  situés à quelques mètres du trottoir. Une bande de couleur blanche solidement attachée autour de la tête, Ghislain NkondjouMamekong, le regard évasif, se trouve le hangar qui abritait sa boutique. Son visage couvert d’éraflures prouve qu’il a été touché lors de l’accident. Il boitille aussi pendant son déplacement. Ce commerçant revient de loin. « J’ai entendu un grand bruit. Tous mes voisins ont pris fuite. Quand je voulais sortir pourguetter, j’ai aperçu un camion. Comme j’étais dans la boutique, il n’y a pas d’issu derrière ». Coincé dans les décombres, « je suis allé me placer à un coin, au fond de la boutique ».

Sur les débris de sa marchandise, laquelle, évalue-t-il, à près de 150 000 Fcfa, se trouve un pied de botte. « C’est, dit-il, la chaussure du conducteur de moto qui est devant ma boutique», les yeux complètement rouges, il balance la tête de la gauche vers la droite, avant de poursuivre, « regardez, ce sont les morceaux des plaques à gaz, des tables et seaux que j’expose. Le kiosque de son voisin, absent lors du passage de l’équipe de Mutations, est aussi en lambeaux. Verres brisés par ci, quelques accessoires de téléphones, par-là. Le voisin, apprend-on, était tenancier  d’une boutique de bijoux et de téléphone. L’une de leurs voisines, vendeuse de maïs à la braise, recherche toujours, en vain son matériel de travail. « Depuis, je ne sais pas où se trouve mon grilloir ».  

Hors-la-loi    

Non loin du camion-citerne, un individu ayant requis l’anonymat est assis sur l’épave de son taxi, totalement broyé lors de la collusion. Sous le soleil de 13h, il transpire à grosses gouttes. « Le commissaire d’Ekounou m’a demandé de venir attendre ici, il  a gardé le moteur duvéhicule », explique-t-il,  à un monsieur.  Visiblement, il s’agit d’un de   ses amis. Pour comprendre ce qu’il se passe, il faut remonter le temps quatre heures plus tôt.

« Je causais avec des connaissances chez-moi, subitement un petit du quartier est venu me dire que des individus sont en train de démonter le moteur de mon véhicule. J’ai couru, à mon arrivée, j’aperçois deux individus tenant le moteur de mon véhicule. J’ai donné l’alerte, ils ont pris fuite laissant leur butin. En plein jour et dans du sang des victimes, les bandits n’ont pas peur», déclare-t-il. « L’on a fait appel aux éléments du commissariat d’Ekounou, poursuit l’individu qui travaillait en binôme avec le chauffeur de taxi décédé dans l’accident, ces derniers sont venus récupérer le moteur et n’ont demandé de venir attendre ici. A cette conclusion, un curieux laisse transparaître son courroux. « Il faut avouer que les forces de maintien de l’ordre font mal leur travail, si on vient l’assassiner ici, que diront-ils ? »

Il se dit aussi que des hors-la-loi auraient emporté une quantité d’huile, contenu dans la citerne.  Rendu au commissariat d’Ekounou, aucune information n’a pu être glanée.  Un officier, visible de garde, assis à l’entrée du commissariat, n’a daigné donner des informations ni sur l’accident, ni sur la tentative de vol du moteur. « L’élément qui mène l’enquête ne travaille pas ce jour », s’est-il contenté de déclarer, avec désinvolture. « Il vient demander les informations à qui ici », ajoute une dame, en civil, assis non loin de l’homme en tenue.

Newsletter: Restez au courant de l'actualité


- Publicité -

AGENDA

Festival des musiques et danses patriomoniales

première édition de Business Coffee Break

Tous nos évènements
Mutations SHOP