Mercredi, 23 Mai 2018
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Yaoundé: une journée avec les enfants de la rue

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Les enfants de la rue

Ils sont nombreux qui ont préféré quitter le domicile familial pour dormir à la belle étoile. Ce sont les enfants de la rue.

Par Sabine laure Ngachili (Stagiaire)

Des personnes qui font des allées et venues, des commerçants ambulants qui hèlent les passants à l’aide de haut-parleurs pour certains, tout ceci mêlé à des klaxons de voitures. Voilà l’atmosphère du lieu-dit Poste centrale à Yaoundé. La gare-voyageurs baigne également dans une ambiance similaire ce 16 juin 2017.

Ces lieux très fréquentés sont aussi prisés par les enfants de la rue. Ils quémandent des pièces d’argent au passage et de temps à autre, s’installent sur les espaces verts qui agrémentent ces secteurs. Ce répit est généralement consacré à une substance, à l’intérieur de sacs ou de bouteilles en plastiques qu’ils inhalent : « la colle » ou « haschich », apprend-on.

Un décor auquel les habitants de la ville de Yaoundé se sont habitués. Alors qu’il est 12h15 min, la ville est arroséepar une fine pluie. Postés devant des agences des opérateurs de téléphonie mobile, ces enfants de la rue profitent de l’affluence pour récolter un peu de sous. Ces jeunes dont l’âge oscille entre 10 ans et 19 ans tendent leurs mains maigres et sales aux passants. Pour glaner le maximum d’argent, ils n’hésitent pas à braver le code de la route. Ils font un appel du pied aux conducteurs de voitures. Pour la cause, ils feignent très souvent d’essuyer les pare-brise des véhicules avec des chiffons d’une propreté douteuse.

Jordan est un novice dans la rue. Depuis deux semaines, ce garçon de 10 ans compte sur la générosité des passants et des larcins pour vivre. Ayant arrêté son cursus en classe de Ce1, il a dû traverser plusieurs villes avant d’arriver à Yaoundé. Il s’agit des villes de Kribi et de Douala. En fermant les yeux, il lance: « Je ne sais pas comment je me suis retrouvé dans la rue. Le voyage jusqu’ici s’est fait grâce à l’argent que je ramassais en route ». Il n’en dira pas plus. Vêtements déchirés, les yeux rougis certainement par la drogue, l’air épuisé, Samuel, âgé de 18 ans et originaire de la région du Centre. Il passe ses journées et ses nuits à la belle étoile.

« Je dors ici. C’est ma maison et je fais tout à cet endroit », dit-il en montrant le terre-plein d’un carrefour. Samuel dit n’avoir pas choisi la rue. Il confie: « Je suis un jeune orphelin, trompé par mes oncles qui me promettaient de grandes études et un avenir radieux à Yaoundé». Et de poursuivre: «j’ai accepté de les suivre sans savoir que l’objectif de ces derniers était de faire de moi un voleur à leur service ». Une fois arrivé à Yaoundé au quartier Essos, Samuel dit avoir découvert ce qui intéressait réellement ses « bienfaiteurs ». Il raconte d’ailleurs que les injures et les coups de fouet ne manquaient pas. Pour fuir les sévices infligés par ses oncles, il fait une fugue et investit la rue.

 

16 juin

Il dit d’ailleurs «avoir trouvé une famille dans la rue et prie Dieu de lui venir en aide». Comme Samuel, plusieurs autres enfants espèrent un lendemain meilleur comme préconisé par les Nations unies, surtout le 16 juin lors de la célébration de la Journée internationale de l’enfant africain sous le thème «L’agenda 2030 pour un développement durable en faveur des enfants en Afrique: accélérons la protection, la responsabilité et l’égalité des chances».

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