Lundi, 6 Avril 2020
Accueil quotidien mutations politique Yaoundé, Douala, Kribi, Garoua…   Des super-maires en puissance: Forces et faiblesses des premiers prétendants au poste de maires de villes

Yaoundé, Douala, Kribi, Garoua…   Des super-maires en puissance: Forces et faiblesses des premiers prétendants au poste de maires de villes

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Augustin Tamba

Un destin pour Yaoundé ?

Par Jean De Dieu Bidias

Fraîchement réélu à la tête de l’exécutif communal de Yaoundé 7e, Augustin Tamba a déjà la tête à l’élection du maire de la ville chef-lieu des institutions de la République. L’information provient de sources généralement bien informées. Président du Syndicat des maires du Mfoundi élu par ses pairs depuis quelques années, il est par ailleurs le doyen des trois maires rescapés du dernier scrutin municipal dans ce département. Ce chef d’entreprises a une vision très stratégique de la gestion communale, fondée notamment sur la coopération décentralisée. Ce qui en a fait un grand client pour les médias lorsqu’il s’agit d’aborder les sujets en rapport avec ce thème. En tant que maire de Yaoundé 7e, il a monté un projet de carrière municipale en phase de démarrage, financé à hauteur de 3 milliards Fcfa par le Feicom, l’Etat et les fonds propres de la commune. Et, selon les projections, cette carrière fera un chiffre d’affaires annuel de 4 milliards Fcfa. Il a également offert à cette commune un hôtel de ville futuriste pour 1,2 milliard Fcfa.

Par ailleurs, Augustin Tamba est le seul magistrat municipal de Yaoundé à avoir mis sur pied un plan communal de développement validé par le Feicom et la Banque mondiale. Il est par ailleurs très apprécié dans les milieux des bailleurs de fonds pour sa vision stratégique et sa compétence. Sérieux prétendant au poste de maire des maires de la capitale, il bénéficie de quelques soutiens importants dans le sérail. Toutefois, ses malentendus avec le patriarche du Mfoundi 7, Gilbert Tsimi Evouna, qui n’est autre que le délégué du gouvernement sortant, pourraient jouer en sa défaveur.

Luc Messi Atangana

La discrétion faite chair

Par Jean De Dieu Bidias

Le poste qui le révèle en réalité est celui de secrétaire permanent du Conseil national de la décentralisation (Cnd), qu’il occupe depuis 2015. Luc Messi Atangana est pourtant un vieux fonctionnaire qui a parcouru plusieurs administrations avant de chuter dans les services du Premier ministre où il continue d’officier comme chargé de missions à la division des affaires publiques et institutionnelles. Sa riche expérience dans la haute administration est l’atout majeur de cet autre candidat pressenti au poste de maire de la ville de Yaoundé, même si cela reste une expérience de bureau et donc, qui n’a rien à voir avec la gestion communale. D’une discrétion absolue que beaucoup assimilent (à tort ou à raison ?) à un manque de personnalité, Luc Messi Atangana par ailleurs peu entreprenant ne pourrait que difficilement sortir vainqueur d’une élection où il se présenterait intuitu personae, c’est-à-dire, en dehors d’une liste comme cela a été le cas en 2013 ou lors des dernières élections municipales à Yaoundé 3e où il est conseiller municipal élu sous la bannière du Rdpc.

Le candidat à une élection étant d’abord et avant tout une marque, il n’est pas connu des 338 conseillers municipaux du département du Mfoundi. Or, comme dans toute élection, ce collège électoral un marché qu’il faut d’abord maîtriser avant de le séduire éventuellement. Par ailleurs, n’étant pas originaire du Mfoundi (il est de la Mefou et Akono), il pourrait voir formée une coalition contre lui une coalition, l’électorat de ce département étant essentiellement composé d’autochtones, par essence conservateurs.

      

Jean-Marie Abouna

L’appétit vient en mangeant  

Par Jean De Dieu Bidias

Sa réputation de chef d’entreprises relativement prospères et sa réussite dans l’initiative privée pourraient jouer à son avantage à l’élection de mardi prochain. Beaucoup sont donc qu’une transposition de son esprit d’initiative au niveau de la commune peut rapidement faire bouger les lignes. Jean-Marie Abouna qui est présenté comme l’un des principaux financiers du Rdpc dans la Mfoundi I, se lance immédiatement à la course à la mairie de Yaoundé, dopé par sa victoire contre son cousin Emile Andzé Andzé à la mairie de Yaoundé 1er lors des dernières municipales. Ne dit-on pas que l’appétit vient en mangeant ? Toujours comme avantage et pas des moindres, il se dit qu’il a le soutien du ministre secrétaire général des services du Premier ministre, Séraphin Magloire Fouda. C’est un bonus pour cet opérateur économique populaire dans l’arrondissement de Yaoundé 1er dont il est natif, mais ce soutien peut très vite devenir une faiblesse dans la mesure où, les deux hommes sont soupçonnés d’être des partenaires d’affaires.

Ce qui ne semble pas jouer à son avantage, c’est qu’il va pour la première fois au contact de la gestion municipale. Même si l’expérience dans le management municipal ne peut pas être brandie comme un critère fondamental à l’élection de mardi prochain, il est tout de même difficile d’imaginer un blanc bec en la matière maire des maires à Yaoundé. Inquiétude de taille pour l’homme d’affaires, il n’est pas en odeur de sainteté avec une bonne partie de la classe politique du Mfoundi, qui le trouve fier comme un paon.

 

Emile Andzé Andzé

Le maire déchu rêve de revanche

Par Jean De Dieu Bidias

Détrôné par son cousin Jean-Marie Abouna de la mairie de Yaoundé 1er à la tête de laquelle il était resté pendant 24 ans sans discontinuer (1996-2020) et redevenu simple conseiller municipal, Emile Andzé Andzé entend prendre sa revanche à l’élection du maire de la capitale, mardi prochain. Il y croit dur comme fer. S’il a déjà l’avantage du nom, il reproché à cet homme de n’avoir pas su se donner un prénom. Fils bien aimé de Gilbert Andzé Tsoungui, ancien ministre de l’Administration territoriale et proche parmi les proches du président de la République, Paul Biya, jusqu’à sa disparition en avril 2007, Emile Andzé Andzé a presque toujours surfé sur le capital de son illustre géniteur pour se maintenir en politique.

Il s’est rendu impopulaire par son inaction en tant que maire de la commune de Yaoundé 1er. Par exemple, il n’a pas pu, jusqu’à son éviction il y a quelques jours, achever les travaux de l’hôtel de ville dont il conduisait les travaux depuis une dizaine d’années, en recevant 500 millions Fcfa de centimes additionnels communaux tous les trois mois. Il lui est également reproché son goût prononcé pour les casinos.

Léonard Ambassa

Le candidat surprise

Par Jean De Dieu Bidias

Le nom de Léonard Ambassa n’a filtré pour la première fois qu’en début de soirée jeudi, parmi les prétendants à la mairie de la ville de Yaoundé. Expert-comptable très actif dans les activités religieuses et conseiller municipal dans la commune de Yaoundé 3e, ce natif du village Etoa, élu il y a moins d’un mois à la tête Conseil des ordres nationaux des experts–comptables de la Cemac, organisme nouvellement créé, n’a pas une empreinte politique significative et est très peu connu des populations de la capitale. C’est le propriétaire du cabinet « Inside Gestion », expulsé de l’immeuble « La Lekié » pour, dit-on, « insolvabilité de loyers », et qui a depuis pris des bureaux à la procure de la cathédrale Notre Dame des victoires de Yaoundé. C’est un peu le candidat surprise de l’élection de mardi prochain, qui se pose en posture d’outsider.

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