Samedi, 21 Avril 2018
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Vivement la vérité sur le décès de Mgr Jean Marie Benoît Bala

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Alain GeorgeS Boyomo

L’onde de choc du décès de Mgr Jean Marie Benoît Bala bouleverse les Camerounais depuis vendredi dernier. Lorsque la disparition de l’évêque du diocèse de Bafia a été signalée deux jours auparavant, beaucoup s’accrochait, comme à une bouée de sauvetage, à l’espoir, certes mince, de le retrouver vivant. Mais la vérité de la Sanaga a été cruelle, désarmante. Du coup, un flot de questions agite le commun des mortels au sujet de cette « mort suspecte », dixit le procureur général près la Cour d’appel du Centre, qui supervise l’enquête judiciaire.

Dans l’avis de décès conjointement signé le 3 juin courant, l’archevêque métropolitain de la province ecclésiastique de Yaoundé, Mgr Jean Mbarga et le président de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun, Mgr Samuel Kleda, parlent de « décès constaté » le 2 juin. Le terme « survenu » a donc été soigneusement évité. Ce qui autorise toutes les hypothèses.

En fait d’hypothèses, il y en a principalement deux : le suicide ou l’assassinat. Sous réserve des conclusions de l’enquête en cours et dans le respect de la mémoire du prélat, la thèse du suicide est alimentée par le fait que l’évêque, qui présentait des signes évidents d’affaiblissement après le décès du recteur du Petit séminaire Saint André de Bafia, l’abbé Armel Collins Ndjama, aurait, de son propre gré, pris la route d’Ebebda après 23h.

Sa signature retrouvée sous son « message d’adieu » n’aurait pas été apposée sous la contrainte. Des signes d’effraction n’auraient pas été notés dans son véhicule. Quant à elle, la thèse de l’assassinat s’adosse sur les premiers éléments d’observation du corps de Mgr Bala, qui n’est pas ballonné, malgré son séjour, de 48h théoriquement, dans l’eau. Il y en a qui en viennent à penser que son corps sans vie a simplement été largué dans la Sanaga, moins de 24h avant qu’on ne le retrouve. Par qui ? Mystère.

La version des faits qui accrédite l’assassinat se nourrit également d’une ou des lettres supposées ou réelles qu’aurait écrites l’évêque de Bafia à l’adresse du Nonce apostolique, Pierro Pioppo. Des lettres qui mettraient en exergue des réalités gênantes et une chaîne de responsabilités. De plus, soutiennent ses proches et des voix au sein de l’Eglise catholique, la stature morale et spirituelle de Mgr Bala évacue la thèse du suicide. Dans un cas comme dans l’autre, l’épiscopat camerounais est dans une posture embarrassante. Valider l’hypothèse du suicide d’un évêque serait un « parjure », ainsi que l’analyse un connaisseur des milieux catholiques.

En revanche, si la thèse de l’assassinat se confirme, la relation entre le pouvoir de Yaoundé et le Vatican va entrer dans une nouvelle période critique. Après les morts non élucidées de Mgr Yves Plumey, des Sœurs de Djoum ou du père jésuite Engelbert Mveng, les rapports entre les deux parties s’étaient distendus. D’ailleurs, le feu pape Jean Paul II, en visite au Cameroun en 1985 et 1995, avait demandé que lumière soit faite sur ces décès. Recevant en 2008 les lettres de créances de l’ambassadeur du Cameroun près le Saint Siège, le pape Benoit XVI lui avait emboîté le pas. C’est donc dire que la mort de Mgr Bala, qui survient moins de trois mois après la dernière visite de Paul Biya au Vatican, est une affaire d’Etat. Vivement la vérité !

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