Jeudi, 13 December 2018
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Violation des droits:contrat de travail et bulletin de paie inexistants

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Ces écarts observés dans des concessions forestières peuvent faire prendre un coup à la gestion durable des ressources naturelles à laquelle le Cameroun s’est engagé.
Par Adrienne Engono Moussang
Le Cameroun est dans la mouvance de la gestion durable des forêts. Même si l’Accord de partenariat volontaire, Application des réglementations forestières, gouvernance et échanges commerciaux entre le Cameroun et l’Union européenne (Apv-Flegt-Eu), signé en 2010 attend sa mise en œuvre effective depuis 2011 ; mise en œuvre qui attend l’effectivité et l’opérationnalité du système informatisé de gestion de l’information forestière deuxième génération (Sigif II).

Ledit accord prône un certain nombre d’exigences pour que le bois soit qualifié comme celui exploité dans les normes de respect de la gestion durable des forêts. Parmi ces exigences, le respect des droits des travailleurs et des populations riveraines dans les concessions forestières. « Bonne consultation au départ et ralentissement après, faible prise en compte des aspects liés aux droits et intérêts des communautés locales et autochtones, et autres aspects de gouvernance, etc. », comme l’atteste Patrice Kamkuimo, expert en gouvernance forestière. Or, des travers sont relevés dans les chantiers forestiers.
« J’ai travaillé pendant six mois dans l’unité forestière d’aménagement (Ufa). Nous travaillions de 6h à 18h, pour un salaire de 39.000Fcfa.

Ce que j’avais jugé intéressant. Seulement, en aucune fois je n’avais perçu cette somme. L’on trouvait toujours un prétexte pour me retenir de l’argent. Ce qui fait qu’à certains moments, je recevais même 15.000Fcfa. Nous étions payés sans bulletins de paie. Aucun contrat n’avait été signé », se souvient Alain Bidja, un jeune du village Kobilone, dans l’arrondissement de Messamena, département du Haut-Nyong, région de l’Est. Comme beaucoup de ses congénères, l’agriculture est l’activité qu’il pratique. Il a accepté de travailler dans l’Ufa pour trouver des moyens et agrandir son champ. Il faut dire que contrairement à son frère qui a été chassé, le jeune Bidja a démissionné.

Puissance
« Nous n’avons pas traité avec le directeur général. Ces agissements que nous décrions sont des intermédiaires, Camerounais et Chinois confondus », va-t-il nuancer. Des intermédiaires (Camerounais) qui organisent le racket pour des postes d’ouvriers. « Je leur ai donné du plantain et un coq. J’ai même été chanceux parce que plusieurs autres frères de la contrée ont donné des chèvres. Ils nous disaient que les places étaient très chères », rappelle M. Bidja. Une information reprise par une dizaine de personnes (hommes et femmes) rencontrées. La représentativité des communautés est faible.

Cette communauté composée de Bantous et de Bakas dit avoir été interdite d’accès, à un moment donné, à sa forêt communautaire pour le prélèvement des produits forestiers non-ligneux et même pour faire les champs. « La situation s’est arrangée, mais l’accès reste contrôlée », confesse Luc Bene Bene, riverain. En fait, la forêt communautaire est embrigadée par l’Ufa. Ce type de violation des droits des communautés riveraines n’est pas propre à Messamena. Il est souvent dénoncé dans la plupart des zones forestières au Cameroun. Certains riverains sont souvent réduits au silence face à la puissance de l’entrepreneur soutenu par les autorités administratives, l’élite, la municipalité et les forces de maintien de l’ordre.

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