Samedi, 15 December 2018
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Vih/Sida:prise en charge accrue à Abong-Mbang

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Le projet ASPA, lancé en 2016 par l’Ong R4D International, a permis à plus de 2000 enfants et adolescents de cette localité de l’Est Cameroun de connaître leur statut sérologique.

Par Guy Martial Tchinda, de retour d’Abong-Mbang

Al’hôpital de district d’Abong-Mbang ce 20 mars, il fait beau temps en début d’après-midi. Dans le bureau de Marie Claire Mendomo, accompagnatrice psycho-sociale
(Aps), se trouve une petite fille. Agée de sept ans, elle se fait accompagner par sa grand-mère pour une visite de ravitaillement en antirétroviraux. Très souriante cet après-midi, elle est visiblement bien portante. Pourtant, elle revient de loin. « Elle a fait plusieurs années de maladie et maigrissait de plus en plus. On s’est même dit que l’enfant souffrait d’une infection pulmonaire. Nous avons fait beaucoup d’examens, mais on n’avait jamais fait le test de dépistage du Vih », raconte la grand-mère de la patiente.

Cette fille a finalement été dépistée positive au Vih il y a quelques mois. Toute chose qui n’a pas laissé sa grand-mère indifférente.  « Cela m’a fait mal d’apprendre que ma petite-fille était séropositive, mais je l’encourage à prendre son traitement », poursuit celle qui a 53 ans. Leçon bien apprise. « Elle prend régulièrement ses médicaments. Même quand je ne suis pas là », renchérit la grande-mère  celle qui, jusqu’ici, croit suivre un traitement contre le mal de ventre. La nouvelle lui sera communiquée quand elle sera plus grande. Même si elle est aujourd’hui traitée au même titre
que ses frères et sœurs, certaines précautions sont prises pour éviter une éventuelle contamination.

« A la maison, elle joue avec mes autres petits-fils sans aucune discrimination, tous peuvent même manger dans la même assiette. Mais quand par exemple je taille ses ongles, je jette la lame, je ne lui permets pas de toucher au couteau, parce qu’elle peut se blesser». Comme cette petite fille, le statut sérologique de plusieurs autresenfants est connu, et grâce au projet Active Search for Pediatric HIV/AIDS (ASPA) qui assure la mise sous traitement Vih et le suivi de la prise régulière de médicaments. Cette initiative est implémentée à l’hôpital de district d’Abong-Mbang par l’organisation
non gouvernementale (Ong) R4D International.

« ASPA est installé dans notre hôpital depuis juin 2016 et à toutes les portes d’entrée, les personnes sont sensibilisées, que ce soit en maternité, en pédiatrie ou à l’unité de prise en charge (Upec), on recrute les enfants venant pour la consultation ou les enfants biologiques des personnes vivant avec le Vih et sous traitement et on les teste pour connaitre leur statut », évalue le directeur de l’hôpital, Dr Joseph Boris Essono Mebouinz. Et de poursuivre : « C’est un projet qui a permis d’améliorer nos performances.

Il a contribué à la réduction de la mortalité liée au Vih dans la tranche d’âge cible de
ASPA. Car, les enfants de 0 à 5 ans sont une couche vulnérable. Ils ne peuvent pas venir se faire dépister eux-mêmes. Et les enfants dépistés positifs sont gratuitement mis sous traitement. C’est grâce au projet que nous avons la majorité d’enfants actuel-
lement sous traitement dans notre formation sanitaire ». Le directeur en appelle de tous ses vœux la deuxième phase du projet, suspendu ce mois. « La mise en œuvre d’une deuxième phase de ASPA, c’est ce que nous souhaitons. J’avais souhaité qu’il y ait des méthodes pour pérenniser leur action. C’est pour cette raison qu’ils ont travaillé en étroite collaboration avec l’hôpital. Nous nous sommes appropriés le projet. Mais si ASPA s’en va, ces activités prendront un coup.

Nous donc souhaitons que les objectifs soient réorientés si jamais il y a une autre phase. Aller au-delà des activités hospitalières pour envisager celles communautaires parce qu’il y a des poches de résistance dans la population et ce n’est pas à l’hôpital que nous pouvons adresser ces problèmes-là », conclut le directeur.

Résultats
Au total, le projet ASPA aura permis de faire le test de dépistage chez 2209 enfants et adolescents de 6 semaines à 19 ans, parmi lesquels 93 ont été dépistés séropositifs et 65 mis sous traitement. Ce qui porte la file active de l’hôpital de district d’Abong-Mbang à 75 patients. Toutefois, ce nombre pourra connaitre une chute drastique suite à l’arrêt officiel de la première phase le 31 mars 2018. « On risque avoir les perdus de vue en ce qui concerne les enfants. Parce que beaucoup étaient encouragés par le kit nutritionnel [constitué de lait, riz, huile, sucre…] qu’ils recevaient tous les mois. Mais maintenant que le projet est fini, je commence à avoir beaucoup d’absents. Sur 75 enfants qui venaient régulièrement au traitement, on n’en reçoit plus qu’environ 61 », déplore Prudence Metseni, agent chargée de la collecte des données à l’hôpital de district d’Abong-Mbang.

En effet, le projet a distribué plus de 2000 kits d’appui nutritionnel aux enfants depuis son lancement. Le major de laboratoire de cet hôpital, Rodrigue Nzenga, n’est pas loin de cet avis. « Nous sommes en milieu rural et beaucoup n’ont pas de moyens. Avant,
du fait des problèmes d’apprivoisement en tests, nous faisions les tests diagnostiques ici à 2500 Fcfa pour les adultes et 500 Fcfa pour les enfants. Mais depuis l’arrivée du projet ASPA, les prix ont été revus à la baisse : 500 Fcfa pour les adultes et gratuit
pour les enfants de moins de 18 ans et femmes enceintes », affirme-t-il.

A l’en croire, la situation s’est améliorée et son souhait est que cela reste ainsi le plus longtemps possible. Car, la prise en charge est primordiale dans la lutte contre le Vih et pour réussir dans cette lutte, toutes les couches de la population nationale doivent
avoir accès aux soins. En plus de l’hôpital de district d’Abong-Mbang, le projet ASPA
est implanté dans trois autres formations sanitaires au Cameroun, à savoir : l’hôpital régional de Limbe (Sud-Ouest), les hôpitaux de district de Batibo et de Ndop dans le Nord-Ouest.

Initiative du Dr Yumo Habakkuk, médecin-chercheur à la fondation R4D International et à l’Institut de santé internationale de l’Université de Munich, Allemagne), le projet ASPA est financé par la fondation allemande « Else-Kroener Fresenius ». Sa mise
en œuvre est conjointement supervisée par le Dr Yumo Habakkuk, le Dr Sieleunou Isidore (médecin-chercheur à la fondation R4D International et à l’Institut de santé mondiale de l’Université de Montréal, Canada) et du Dr Sabi Titus (pédiatre, Camformedics e.V. Allemagne).

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