Samedi, 15 December 2018
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Le trophée de la Can et les indélicatesses

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Ça y est ! Le trophée de la Coupe d’Afrique des nations 2017, remporté de haute lutte par les Lions indomptables au Gabon, a fait le tour des dix régions du Cameroun.

La liesse était au rendez-vous à chaque escale de la caravane conduite par le ministre des Sports et de l’Education physique. La déception aussi. Celle de ne pas communier avec les principaux protagonistes de l’épopée gabonaise, en l’occurrence les joueurs.
En effet, en dehors de Yaoundé (Centre), les contraintes liées au football professionnel n’ont pas permis aux héros de Libreville d’être tous présents. A Bafoussam, deux Lions, notamment Ngadeu Ngadjui, étaient de la partie. A Bamenda et Buea, Jonathan Ngwen et Ndip Tambe ont sauvé la face. Dans les autres régions (Littoral, Sud, Est, Extrême-Nord, Nord et Adamaoua), des membres de l’encadrement technique et administratif des Lions indomptables, pas toujours connus du public, se sont retrouvés aux avant-postes, présentant le trophée à la foule.
Bien qu’elle n’échappe pas à la récupération politique par ces temps de convulsions sociopolitiques, l’idée de renforcer le vivre ensemble et le sentiment patriotique à travers la tournée du trophée de la Can est louable. Cependant, les organisateurs de ce tour du Cameroun ont fait preuve d’une incroyable paresse dans la réflexion : il aurait été plus judicieux d’identifier une période creuse dans le calendrier du football international (période Fifa par exemple) pour rassembler au Cameroun le plus gros contingent possible des champions d’Afrique 2017 et, ainsi, donner véritablement du sens à cette tournée nationale.
Au lieu de quoi, en pêchant par précipitation, les organisateurs ont gâché la fête. Ils ont surtout laissé prospérer le sentiment qu’un pellé et trois tondus avaient hâte de consommer le budget (dont le montant reste un mystère) mis à disposition pour cette randonnée. Un dribble au bon sens, au moment où la santé financière de l’Etat n’est pas olympique.
Sous réserve de ce que les parlementaires se saisissent de cette question au cours de la session qui s’annonce, il faut constater pour s’en inquiéter qu’aucune occasion n’est désormais de trop pour des fonctionnaires soucieux de s’en mettre plein les poches, sur le dos du contribuable. Plus les appels à la réduction du train de vie de l’Etat se multiplient, plus les mécanismes pour siphonner « proprement » l’argent public se sophistiquent. La tournée du « trophée de l’unité nationale »- comme baptisé opportunément- a certainement permis à certains de s’engraisser, sous l’aile (protectrice ?) de l’euphorie généralisée.
La victoire des Lions, l’arbre qui cache la forêt de certaines indélicatesses ? Il n’y a qu’un pas. Pour remonter à la participation du Cameroun à la Can 2017, qu’est ce qui peut par exemple expliquer que l’Etat dépense, en 23 jours, près de 7 millions Fcfa au titre des frais de mission du représentant de la présidence de la République, de celui de la Primature et du directeur du développement de sport de haut niveau ? Ce trio devait-il absolument faire partie de la délégation officielle ? La réponse est NON, évidemment. Mais, au nom d’une exception camerounaise qui frise le ridicule, on continue d’enrichir une minorité en paupérisant la majorité.

Georges Alain Boyomo

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