Mardi, 14 Août 2018
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Transport de l’électricité:ce que coûte le faux-départ de la Sonatrel

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Alors qu’elle devait entrer en scène dès le 1er juin, l’entreprise devra encore attendre six mois pour gérer cet aspect.
Par Pascal Dibamou

Les deux contrats de concession, assortis de cahiers de charges et annexés de deux contrats de performance, signés le 27 avril dernier entre le ministre de l’Eau et de l’Energie (Minee), Gaston Eloundou Essomba et le directeur général de la Société nationale de transport d’électricité (Sonatrel), Victor Mbemi Nyaknga, deviennent caducs. Les documents signés devaient permettre à la Sonatrel d’entrer effectivement en scène dès le 1er juin. Mais, l’on apprend qu’il y a eu prorogation jusqu’au 31 décembre 2018 de la période probatoire donnée à Eneo par le Minee pour transférer à la Sonatrel le matériel, le personnel et les actifs du réseau de transport de l’électricité.Cela devrait se faire, selon le Minee, «sans flottement, dans l’intérêt de la continuité du service public». Ce réseau étant toujours géré par Eneo. Or, la loi du 14 décembre 2011 réorganisant le secteur de l’électricité vient dissocier le stockage d’eau, la production, la distribution et la gestion du réseau de transport d’électricité.

Au plan juridique, cette prorogation annoncée par le Minee au mois de mai dernier, bien avant le conseil de cabinet du 31 mai, au cours d’une rencontre du comité de pilotage de l’opérationnalisation de la Sonatrel, pose problème. Puisque la signature des contrats de concession donne immédiatement «l’entière responsabilité au plan juridique du réseau de transport à la Sonatrel», explique un doctorant en droit public de l’université de Yaoundé II. Un autre problème, c’est que près de 200 personnels d’Eneo qui devaient être transférés à la Sonatrel ne savent plus où se mettre.

Investissements
Le conseil d’administration lui avait attribué un budget de 109 milliards Fcfa pour l’exercice 2018, dont la moitié réservée à l’investissement. D’après une source au Minee, avec la prorogation des délais, «non seulement le plan d’investissement de la Sonatrel sera mis en difficulté, mais les problèmes financiers peuvent mettre à mal cette dynamique ». En effet, le ministre de l’Eau et l’Énergie avait instruit à la Sonatrel, après la signature des contrats de concessions, «de suivre de manière particulière la réalisation des projets suivants : la construction de la ligne double ternes de 400 kilovolts (Kv) de Nachtigal-Nyom et du poste Nyom, la construction des lignes 220Kv 90kv entre Nyom – Oyomanbang, Nyom – Ngousso, la construction de la ligne de 400 Kv et 90kv entre Edéa – Nyom en passant par le poste de Nkolfoulou, la construction de la ligne de 110 kv de Garoua – Guider – Maroua, le renforcement des postes, notamment la partie 200kv, la ligne double-terne de 200kv Garoua-Maroua, l’interconnexion des réseaux interconnectés sud au réseau nord, les interconnexions transfrontalières Tchad – Cameroun et Cameroun – Nigeria». Toutes choses qui semblent renvoyées sine die.

Contrats
Les contrats de concession sont relatifs aux activités qui seront confiées à la Sonatrel. A savoir : le transport
et la gestion de l’électricité. En tant que transporteur, la Sonatrel doit agir comme personne morale titulaire
d’une concession de transport de l’électricité et responsable de l’exploitation, de la maintenance et du développement du réseau de transport et de l’interconnexion aux autres réseaux de moyenne et basse tensions. Et en sa qualité de gestionnaire du réseau de transport, elle constitue une personne morale responsable spécifiquement de la gestion des flux d’énergie, une mission bien plus importante dans la chaine d’énergie.

Toutefois, ce service n’est pas gratuit. Il est évalué au coût minimal qui permet de supporter toutes les charges, tout en permettant aux parties prenantes de se développer. D’après nos informations, les producteurs d’énergie : Kribi Power Development Corporation, Dibamba Power Development Corporation et Eneo production versent depuis des années à Eneo entre 6 et 9 milliards de Fcfa par mois. En faisant un simple calcul avec 9 milliards Fcfa. Ces entreprises de production auraient versé à Sonatrel 54 milliards Fcfa dès son entrée en scène dans le réseau de transport.

Gestion des flux
La question de la gestion de flux, d’après le Minee, est plus sensible que celle du transport. Elle permettra la
coordination du système de production de l’électricité en vue de l’équilibre permanent entre la production et la consommation de l’électricité, la sécurité du réseau et, enfin, la fiabilité et l’efficacité de l’alimentation
électrique. Il est inclus dans ce volet le contrôle permanent de l’équilibre de fonctionnement du réseau électrique à travers une meilleure programmation et une meilleure coordination des moyens de production et de transport de l’électricité, dans les meilleures conditions économiques et de sécurité, en collaboration avec l’ensemble des opérateurs du système électrique. « En d’autres termes, la fonction de gestion de flux a une relation qui va au-delà de la connexion, en s’impliquant dans la production d’énergie et la gestion de la demande », explique le ministre de l’Eau.

Haute tension
Eneo doit transférer le réseau de transport électrique de très haute tension. Ledit réseau comprend actuellement 2225 kilomètres de ligne de très haute tension reliées à 31 postes. Il est en très mauvais état, puisque depuis 2010, Eneo n’avait plus investi dans ce secteur. C’est d’ailleurs pour cette raison, apprend-on, que la Banque mondiale et le gouvernement camerounais ont signé, en juin 2017, un accord de prêt pour le financement, sur cinq ans, du projet de remise à niveau du transport de l’électricité et de réforme du secteur. Selon nos informations, ce projet a déjà perdu deux ans. A Eneo, personne ne veut se prononcer sur le sujet. «Les négociations entre Eneo, Sonatrel et le Minee sont délicates. Nous ne pouvons pas nous prononcer. Il vaut mieux vous rapprocher du ministère de l’Eau et de l’Energie», indique notre interlocuteur au bout du fil. A la Sonatrel, le même refus nous est opposé.

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