Dimanche, 25 Août 2019
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Traitements du Vih:Le Cameroun pour la vigilance face au Dolutegravir

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Malgré la présentation des premiers résultats des essais cliniques en cours, démontrant que, administré en traitement de première ligne, le DTG met le patient à l’abri des résistances, les autorités camerounaises s’abstiennent de l’intégrer.
Par Adrienne Engono Moussang
Mardi dernier a eu lieu la présentation officielle des résultats de « l’essai randomisé sans insu de phase III comparant Dolutegravir (DTG) à Efavirinz 400 (EFV 400) en combinaison avec Ténofovir Disoproxil Fumarate (TDF) ». L’essai s’est déroulé dans le cadre du projet Namsal12313 (New Antiretroviral and Monitoring Strategies in HIV-infected Adults in Low-income Countries) qui est un ensemble de nouvelles stratégies de suivi des adultes infectés par le Vih dans les pays à faible revenu, pour un accès aux soins à prix bas. Un projet de l’Agence nationale de recherche sur le Vih/sida et les hépatites financé par Unitaid qui investit dans les nouvelles techniques de prévention, de dépistage et de traitement de l’épidémie.

Les résultats salués par l’ensemble des autorités et des spécialistes de la santé présents à la cérémonie, placée sous le patronage du ministre de la Santé publique (Minsanté) ont toutefois soulevé de nombreuses réserves. D’abord celle liée au coût du nouveau traitement: sera-t-il le même que celui des protocoles en cours d’utilisation? S’interroge le Pr Biwolé Sida, inspecteur général au Minsanté. Le Dr Jean Bosco Elat, secrétaire permanent du Comité national du Sida (Cnls), dit ne pouvoir se prononcer, étant donné que les commandes ne sont pas encore livrées et que seule la structure en charge de la gestion des stocks, la Centrale nationale d’approvisionnement en médicaments et consommables médicaux essentiels (Cename) peut en avoir une idée. Pas d’inquiétude, le projet s’est intéressé au prix qui ne sera pas différent de celui de l’heure.

Ténofovir

Mais, un autre participant, pharmacien, va s’étonner de ce que les effets indésirables semblent n’avoir pas été pris en compte dans l’étude alors que le produit a fait l’objet d’une recommandation en Europe interdisant sa prescription aux femmes en âge de procréer ou à défaut de l’accompagner d’une méthode contraceptive. Effectivement, va reconnaître Eric Delaporte, l’un des coordinateurs de l’essai, le médicament a des effets indésirables. L’un de ces effets est la surcharge pondérale des utilisateurs de sexe masculin.

Le Minsanté, par la voix du Pr Bissek de la Cdros, a reconnu l’avantage du prix au Dolutegravir. Toutefois, elle a souhaité que toutes les informations soient rassemblées ainsi que les réserves concernant la pharmacovigilance. Elle a également suggéré qu’il ne soit proposé qu’aux femmes ménopausées, lesquelles doivent être conviées à des ateliers d’explication pour qu’elles s’engagent elles-mêmes à se traiter avec le DTG. Des personnes vivant avec le Vih (Pvvih) déplorent déjà leur marginalisation lorsqu’il faut décider sur leur sort. « Les médecins et les chercheurs ne peuvent pas nous cacher ce qui se fait pour notre bien. Nous ne sommes pas des cobayes », a lancé au téléphone, une Pvvih ayant requis l’anonymat.

En rappel, un essai clinique avec le Ténofovir réalisé sur des filles travailleuses de sexe avait fait du bruit au Cameroun. L’étude avait été stoppée net en 2005 à cause de certains malentendus fortement décriés par des activistes. Seulement, aujourd’hui, ce médicament est l’un des plus demandés dans le traitement de l’infection à Vih.

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