Mercredi, 24 Juillet 2019
Accueil quotidien mutations societe Tombalbaye Japonais Fils: « dans deux ans, le problème de l’état civil doit être résolu à 70% dans la région »

Tombalbaye Japonais Fils: « dans deux ans, le problème de l’état civil doit être résolu à 70% dans la région »

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Le chef d’agence régionale de l’Extrême-Nord du Bunec parle de sa stratégie pour résoudre le problème d’actes de naissance. 

Par Jacques Kaldaoussa

On parle d’un déficit de près de 40 000 actes de naissance chez des élèves arrivés en fin de cycle primaire et menacés d’exclusion. Vous reconnaissez-vous dans ces chiffres ?

Effectivement en début d’année scolaire 2018-2019, la délégation régionale des affaires sociales, de l’éducation de base et l’agence régionale du bureau de l’état civil du Cameroun (Bunec), avec l’appui de quelques organismes a procédé à l’identification des enfants sans acte de naissance dans la région de l’Extrême-Nord dans 2 126 établissements. Et les résultats sont les résultats suivants : au niveau du cours moyen deuxième année, nous avons 38 163 enfants sans acte de naissance et menacés d’exclusion. Parce que n’ayant pas ce document, ils ne peuvent pas candidater pour le Cep et l’entrée en sixième. Sinon, le total de la Sil au Cm2 est de 398 580 élèves sans acte de naissance, soit 196 799 filles et 201 781 garçons. Cette année, ce sont 38 163 qui sont dans les classes d’examen et si rien n’est fait dans l’urgence, la situation va s’empirer dans les années prochaines. Parce qu’au Cm1, c’est-à-dire ceux qui iront au Cm2 l’an prochain, ils sont 50 238. Ceux qui sont au CE2 et qui seront au Cm1 l’année prochaine sont à 57 971. Ceux qui sont à la Sil cette année sont à 104 937 enfants qui n’ont pas d’actes de naissance. 

Qu’est-ce qui est fait à votre niveau pour résoudre cet épineux problème ?

Des rapports ont été adressés aux pouvoirs publics et les autorités administratives ont pris le problème à bras-le-corps. Il s’en est suivi des chaines d’instructions. Actuellement, toute la région est mobilisée pour résoudre ce problème. Pour le cas de ceux qui sont arrivés en fin de cycle, au plus tard le 15 mars prochain, on doit pouvoir leur octroyer des actes de naissance. Le gouverneur s’y attelle vraiment. Chaque jour, on échange sur cette problématique. Les préfets ont été convoqués et on leur a donné des instructions qu’ils ont répercuté aux sous-préfets et aux maires dans le but de rendre déjà opérationnel le projet baptisé « opération spéciale d’établissement des actes de naissance aux élèves de Cm2 dans la région de l’Extrême-Nord ». L’opération est chapeautée par le gouverneur en personne.

Concrètement, comment cette opération va se dérouler sur le terrain ?

Compte tenu du court temps qui reste jusqu’au 15 mars prochain, on a des équipes qui descendent dans les établissements scolaires pour constituer les dossiers avec des fiches, notamment les fiches de certificat d’âge apparent, l’attestation de non existence de souche et la fiche d’identification de chaque enfant. Une fois ces fiches collectées, nous les soumettons à la signature dans les tribunaux avant de programmer les audiences foraines. Pour financer ces opérations, les communes vont mettre la main dans la poche, les partenaires également vont nous appuyer. Nous avons débattu sur l’apport des parents mais pas pour l’instant. Les services du gouverneur et les plus hautes autorités judiciaires de la région ont échangé à cet égard pour obtenir des réductions là où c’est possible afin d’être accessible et d’accélérer le processus. 

Avec l’avènement de l’antenne du Bunec à l’Extrême-Nord, quelle sera sa touche particulière pour résoudre de façon durable le manque d’actes de naissance aux enfants ?

C’est en fait notre mission essentielle c’est-à-dire résoudre le problème de l’état civil au Cameroun. Lors de mon installation, le directeur général du Bunec me l’a rappelée. Dès ma prise de service, j’ai fait un diagnostic et j’ai découvert tous les problèmes qui se posent au niveau de l’état civil à l’Extrême-Nord. Je les ai donc recensés et j’ai élaboré un plan de performance pour 2019-2021. J’ai donc la prétention qu’en 2021, le problème de l’état civil doit être résolu à 70% dans la région. Vous savez qu’avant le Bunec, il n’y a jamais eu une école d’état civil au Cameroun. C’était un terrain vide, il n’y avait pas de régulateur et chacun faisait ce qu’il voulait et comme il voulait. C’est au moins le bon sens qui dirigeait officiers et les secrétaires d’état civil sans la moindre maitrise des textes. Mais en tant que régulateur, nous sommes entrain de nous y atteler pour résoudre efficacement ce problème d’état civil. Pour l’avenir, notre stratégie c’est que, nous avons lancé l’identification des élèves qui actuellement n’ont pas d’acte de naissance parce qu’ayant traversé les délais. Il y a également l’identification de ceux qui sont âgés de moins de 6 ans et également ceux de plus de 14 ans dont de nombreux adultes. Nous auront des statistiques et nous allons mettre en œuvre notre stratégie pour que tout ce beau monde ait des actes de naissance. Parallèlement, nous sommes entrain de sensibiliser pour que les naissances actuelles soient immédiatement enregistrées à l’état civil, de telle sorte que si les enfants actuels sont automatiquement enregistrés à l’état civil et si on réussit à faire des actes à ceux qui n’en ont pas actuellement, vous verrez qu’on aura rattrapé le gap.  

Quelle est le niveau de votre collaboration avec les mairies dans ce projet ?

Nous dotons toutes les communes des registres d’état civil. Depuis deux ans déjà avant que l’agence régionale ne soit mise en place, il y avait des missions qui venaient de la direction générale pour la distribution des registres d’état civil. En novembre 2018 et janvier 2019, nous avons également distribué des registres aux communes et actuellement tous les centres sont couverts. Nous formons également les officiers et secrétaires d’état civil dans la tenue de ces registres. Le problème qui se posait le plus était la fonctionnalité des centres. Dès la prise de mes fonctions, il n’y avait que 33% de centres qui fonctionnaient. Nous avons travaillé avec les autorités administratives et les maires pour procéder aux nominations des officiers et secrétaires d’état civil. Beaucoup de secrétaires sont déjà nommés par les préfets et les dossiers des officiers d’état civil sont au niveau du ministère de la décentralisation et du développement local et attendent leur nomination.

Est-ce à dire que tout baigne dans l’huile dans vos missions en matière d’état civil ?

Non pas du tout. On a des goulots d’étranglement parce que jusqu’ici, même si tous les centres sont fonctionnels, la couverture de la région est faible.  Il y a un problème de sensibilisation dans une région vaste, avec un relief accidenté et des villages très reculés. Il faut parcourir les montagnes et les plaines à travers la région. Et ce n’est pas du tout facile. 

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