Jeudi, 17 Octobre 2019
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Timothée Kagombé: »Nous inventorions les Ges pour évaluer les efforts fournis »

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Le sous-directeur du monitoring écologique et du suivi du climat au ministère de l’Environnement de la Protection de la nature et du Développement durable présente l’importance des inventaires des gaz à effet de serre dans la lutte contre les changements climatiques.
Par Guy Martial Tchinda
Qu’est-ce que le Système national d’inventaires des gaz à effet de serre (Sni-ges) et quelle en est l’importance pour la lutte contre les changements climatiques ?
Le Système national d’inventaires des gaz à effet de serre (Sni-ges) entre dans un processus de transparence contenu dans l’Accord de Paris, particulièrement à l’article 13. L’Accord de Paris instaure la transparence dans toutes les activités menées en vue de lutter contre les changements climatiques. Les inventaires de gaz à effet de serre (Ges) viennent étayer la lanterne de tous les citoyens au niveau national et même de la communauté internationale sur ce qui est fait au Cameroun. On essaie d’inventorier ces gaz là pour voir quels efforts nous avons déjà mis en œuvre pour réduire nos émissions de Ges ; ce qui reste à faire dans les années à venir pour concrétiser l’objectif de réduire les émissions de 32% à l’horizon 2035 comme le prévoit notre document Cdn.

Combien d’inventaires ont déjà été faits au Cameroun ?
Actuellement, le Cameroun a déjà élaboré deux communications nationales ce qui signifie que deux inventaires ont déjà été faits mais à des intervalles de temps un peu grands. Avec le Sni-ges, ce travail devra être désormais fait de manière régulière, c’est-à-dire chaque année ou tous les deux ans pour pouvoir renseigner non seulement ce que nous appelons rapport biennal qui présente les efforts faits tous les deux ans, mais aussi la communication nationale qui est élaborée tous les quatre ans pour les pays en développement comme le nôtre. En plus de cela, il y a un autre rapport qui doit intervenir avec l’Accord de Paris qui rentrera dans sa phase de mise en œuvre d’ici 2020. C’est ce que nous appelons rapport biennal sur la transparence. Donc, tous les deux ans, nous devons produire un rapport qui montre les différents Ges enregistrés dans leurs émissions dans différents secteurs (déchets, énergie, procédés industriels et agricoles, les changements d’affectation des terres). A ce jour, nous avons engagé l’élaboration de la 3e communication nationale et à ce sujet, nous avons déjà lancé les travaux d’élaboration des Tdr (Termes de référence, Ndlr) pour le 3e inventaire national. Donc, nous avons déjà réalisé deux inventaires et le 3e sera lancé dans quelques mois.

Au regard de ce qui a été fait, quels sont les efforts du Cameroun dans la lutte contre les changements climatiques ?
De la seconde communication nationale sur les changements climatiques, il ressort clairement que le Cameroun est un réservoir de carbone. Parce que la capacité d’absorption ou de séquestration du carbone est plus élevée que les émissions rejetées dans l’atmosphère. Selon la seconde communication nationale, nous rejetons dans l’atmosphère environ 29 500 giga grammes de tonnes équivalents de CO2 mais nous absorbons 76 500 giga grammes de tonnes équivalents. Cela signifie que nous absorbons environ 46 000 giga grammes de tonnes équivalents de plus par rapport à nos émissions. Nous avons donc une capacité d’absorption qui est presque le double de ce que nous émettons.

Le plus dur n’étant pas d’arriver au sommet mais de s’y maintenir, que faut-il faire pour conserver les acquis sinon évoluer ?
Le défi est de combattre les moteurs de pollution de rejet de Ges. Dans certains secteurs, on parlera des moteurs de la déforestation. C’est cet engagement qui est pris avec la Cdn (Contribution déterminée au niveau national, Ndlr). Nous disons que nous allons réduire nos émissions de 32% à l’horizon 2035 ; Et quand nous parlons de réduction, il s’agit des émissions futures. Les études de modélisation ont montré que si rien n’est fait selon le cours normal des affaires, les émissions de Ges au Cameroun devront atteindre 104 000 giga grammes de tonnes équivalents d’ici 2035. Or, si nous mettons en œuvre certains projets d’atténuation et d’adaptation, bref des projets de luttes contre les changements climatiques, les émissions seront de 71 000 voire 72 000, en prenant en compte la réduction. Donc, le défi véritable c’est de lutter contre les émissions futures, la déforestation future, contre les systèmes industriels et agricoles qui sont à l’origine des émissions des Ges dans l’atmosphère. Au Cameroun, 85% des émissions de Ges sont issues du secteur agricole. Le 2e secteur c’est l’énergie suivi déchets. Il faut donc combattre les émissions de Ges issues de ce secteur. Dans ce sens, il faut mettre sur pied des projets qui permettront de contenir les émissions et de les réduire dans un avenir proche.

Le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et du développement durable (Minepded) a organisé le 10 septembre dernier à Yaoundé un atelier de validation finale du projet de mise en place d’un Sni-ges. Quel en était l’objectif ?
Nous sommes partis d’un constat : les deux premières communications nationales sur les inventaires des Ges ont été faites avec beaucoup de difficultés parce que ces travaux ont été faits par des consultants et les moyens financiers n’étaient pas suffisants pour réaliser ces travaux comme il le fallait. Aujourd’hui au Minepded, ni la sous-direction du monitoring et suivi du climat, ni l’Observatoire national sur les changements climatiques (Onac) n’ont les données en rapport avec ces inventaires.
Il est question d’avoir un système d’archivage efficace qui pourra contenir les informations pendant un bon bout de temps. Cela va dans le sens de la transparence que j’ai tantôt évoqué. Nous avons trouvé qu’il était important de mettre sur pied un projet de mise sur pied d’un Sni-ges. Nous l’avons monté et fort heureusement pour nous, nous avons reçu l’appui financier du Royaume belge à hauteur de 85 000 euros, soit environ 55 millions Fcfa qui nous a permis jusque-là de réaliser ce travail qui consistait à produire trois éléments. Le premier élément était de produire un schéma institutionnel du Sni-ges avec toutes les parties prenantes ; le deuxième était de produire le manuel de procédure ou encore les guides d’élaboration des inventaires des Ges et le troisième était de produire un Plan d’intervention prioritaire. Ce dernier nous renseigne ce que nous avons à faire ; les moyens financiers et techniques dont nous avons besoin, etc. pour un inventaire. L’objectif était donc de mettre sur pied un Sni-ges qui pourrait travailler avec toutes les parties prenantes : les ministères sectoriels, la société civile, les institutions de recherche, les entreprises privées, pour pouvoir orienter le système de suivi. Car, il faut mesurer, vérifier faire un rapportage pour soumettre à la communauté internationale via la convention cadre des nations unies sur le changement climatique.

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