Lundi, 27 Janvier 2020
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Timothée Kagombe: »La forêt du bassin du Congo aidera à purifier l’air »

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Point focal changements climatiques au ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable, il présente l’impact de l’incendie de la forêt amazonienne sur le climat.

Par Lorine Claudia Agnang

La forêt amazonienne est présentée comme premier poumon écologique du monde. Qu’apporte-t-elle concrètement ?

La forêt amazonienne fait partie des deux poumons écologiques mondiaux. C’est d’ailleurs le premier et le foret du bassin du Congo vient en deuxième position. C’est une forêt qui apporte quelque chose de très positif dans la purification de l’air. Parce que d’après les travaux sur les changements climatiques,  les forêts tropicales sont la solution à environ 25% des gaz à effet de serre rejetés dans l’air.  Pour dire que ces forêts tropicales ont une capacité de séquestration de carbone, lequel carbone est à l’origine de l’augmentation de la température globale sur le  globe terrestre. Si nous parlons particulièrement de la forêt amazonienne,  selon les estimations, elle séquestre environ  10% de gaz à effet de serre rejetés dans l’atmosphère. 10% ce n’est pas petit, quand nous savons qu’en dehors des forêts, il y a les océans qui absorbent ces gaz, les terres aussi. Puisque la forêt amazonienne à elle seule absorbe 10% des émissions globales rejetées dans l’atmosphère, ceci induit que c’est un élément purificateur important. Étant donné que la forêt rejette l’oxygène nécessaire et absorbe le gaz carbonique contrairement à ce que  l’organisme humain fait.

Face aux flammes qui embrasent cette forêt depuis des jours,  l’Afrique voire le Cameroun doivent-t-ils s’inquiéter ?

Les avis sont divergents. Vous  Certains chefs d’État, particulièrement ceux du G7 s’inquiètent déjà. Mais  quand on essaie de regarder de près en ce qui concerne  les travaux des chercheurs, il n’y a pas vraiment à s’inquiéter. Car, on peut s’inquiéter un petit peu en ce qui concerne perte de la biodiversité, la libération carbone puisque la forêt qui brûle va rejeter le carbone qu’elle avait séquestré, stocké, en tant que puits carbone. Il y a aussi des inquiétudes au niveau de l’eau. La forêt a  un rôle important dans le cycle de l’eau, dans la rétention des vents. Et quand on connait cette zone, la forêt réduit donc la vitesse des vents. Mais en ce qui concerne l’oxygène, contrairement à ce que les gens pensent, il n’y a pas à s’inquiéter. J’ai vu des tweets de  certains chefs d’État et bien d’autres personnes qui faisaient entendre que la forêt amazonienne contribuait à 20% à l’oxygène. Ce qui n’est pas le cas. Parce que des études ont montré que c’est environ 6%, voire moins.

Sur le plan global, l’Afrique et le Cameroun en particulier peuvent s’inquiéter parce que dans l’atmosphère il n’y a pas de barrière. Un problème qui se pose en Asie, en Amérique en Afrique, etc. pourra impacter toutes les parties du monde. Donc, de manière globale, on peut s’inquiéter. Mais, dire que l’Afrique ou le Cameroun seront directement attaqués par cet incendie, l’impact peut être minimisé parce que nous avons une forêt qui va contribuer à purifier de l’air au moins au niveau du bassin du Congo. En plus, d’après son bilan climatique, le Cameroun est un puits carbone. Parce que nous séquestrons plus du double des émissions. Le Cameroun émet environ 30 000 gigatonnes et séquestre environs 60 000 gigatonnes. Et qu’est-ce qui fait séquestrer le carbone au Cameroun : c’est la forêt camerounaise, c’est la forêt du bassin du Congo. Et ce sont tous les éléments qui contribuent à rehausser l’image de ce bassin-là.

Cet incident aura-t-il un impact sur les questions de changements climatiques ?

Impact direct, cela peut être mitigé. Étant donné que l’un des pays faisant partie de l’Amazonie est en train de vouloir durcir les négociations. Je parle du Brésil. Son président a dit de manière ouverte qu’il n’est pas pro-écologiste. Selon certaines déclarations depuis qu’il a pris le pouvoir, les actions du Brésil dans le domaine de lutte contre les changements climatiques ont baissé. Certes sur le plan des négociations, il va falloir que la communauté internationale voie comment il faut appuyer les pays des forêts tropicales telles que l’Amazonie et le bassin du Congo. Peut-être dans ce sens cela peut être positif. Parce que le président Macron de la France appelait les pays du G7  à discuter de cette question de l’incendie du l’Amazonie, il y a quelques jours. Car selon ses dires, reprenant ce que Jacques Chirac avait dit, «Notre maison brûle ». Cela signifie que la communauté internationale pourrait prendre des décisions, des actions, pour appuyer les pays qui font partie de ce bassin afin d’influencer le financement pour la conservation, la protection, le reboisement des zones dégradées. Quand vous voyez cet incendie, Il va falloir restaurer les terres dégradées, reboiser cette foret, et cela nécessite d’énormes financements. Donc, d’une manière ou d’une autre, ça pourrait être à l’ordre du jour des négociations qui viendront très prochainement, particulièrement le Sommet action climat convoqué par le secrétaire général des Nations-Unies qui aura lieu le 23 septembre à New York.

Reboiser, oui, mais les espèces fauniques qui ont disparu…

Je ne suis pas expert faunique, mais nous savons pertinemment qu’il y aura des pertes. Mais maintenant, comment cette faune va se régénérer, seuls les experts fauniques peut savoir s’il y a des dispositions qui ont été prises en amont pour conserver des espèces en voie de disparition dans une forêt autre que l’Amazonie.

En quoi cet incendie peut-il influencer les décisions qui seront prises au cours des négociations sur le climat ?

Déjà bien avant qu’il y ait cet incendie le fait que le Brésil durcisse le ton a déjà les impacts sur les négociations. Maintenant quand vous suivez les informations, vous allez vous rendre compte qu’il y a déjà une polémique entre le Brésil, les autres pays de l’Amazonie et les pays du G7, au niveau de la lutte contre les incendies pour rehausser le niveau de la gestion des finances. Par conséquent c’est tout à fait logique que cela puisse avoir des impacts sur les négociations. On n’est pas loin de ces négociations. Il est clair que le Sommet action climat n’est pas pour les négociations mais pour de actions concrètes. Cependant, d’ici-là, en décembre nous serons au Chili pour la Cop 25 et je crois cette question pourrait y rebondir.

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