Lundi, 19 Février 2018
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Timbres communaux: L’augmentation du prix appauvrit les ménages

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En attendant la mise en circulation de nouvelles figurines dont la quotité est de 600 F Cfa pour les timbres communaux, « la signature de tout document par les autorités administratives et magistrats municipaux requérant ceux-ci se fera par l’apposition de trois timbres de 200 F Cfa ». C’est la substance d’une note signée du secrétaire général de la mairie de Yaoundé 1er, Rodolphe Olinga, placardée à l’entrée de la sous-préfecture du même arrondissement. Ce communiqué entre en droite ligne de l’application de la loi de finances 2017, qui consacre le passage du prix du timbre communal de 200 à 600 F Cfa. Si pour les collectivités territoriales décentralisées, destinataires du produit de cette estampille, l’impact financier de cette mesure peut sembler résiduel, cette augmentation n’est pas sans conséquences pour les ménages, majoritairement pauvres.
Les usagers recommencent à se plaindre, comme il y a quelques années lorsque le gouvernement avait décidé subitement de doubler le prix du timbre fiscal. Jean Marie Batamak, usager, interroge les arguments ayant pu plaider en faveur de la décision de revoir à la hausse le prix du timbre communal en 2017, alors qu’il n’est pas prouvé que le pouvoir d’achat des ménages ait augmenté entretemps. Ces augmentations sont en parfaite contradiction avec les orientations officielles données par le président de la République, « à savoir, rester focalisé sur une politique fiscale qui privilégie l’élargissement de l’assiette fiscale et protège les couches les plus défavorisées, en n’impactant pas les prix des produits de première nécessité », comme le rappelait dans une interview au poste national, lundi dernier, le directeur général des Impôts, Modeste Mopa Fatoing.
Qui se défend en indiquant que le timbre communal ne passe pas de 200 à 600 F Cfa, mais de 400 à 600 F Cfa. « Les timbres communaux sont édités aujourd’hui sur la valeur faciale de 200 F Cfa, mais lorsque vous allez faire une formalité, sur le papier que vous présentez, vous apposez deux timbres communaux. Ça fait 400 F Cfa ! L’augmentation du tarif c’est d’ajouter simplement un timbre supplémentaire, et vous passez de 400 à 600 F Cfa ». Pour mémoire, le secteur de la fiscalité est censé produire 2519,13 milliards F Cfa, 57,6% du budget 2017, qui s’équilibre en recettes et en dépenses à 4373,8 milliards F Cfa.

Pierre Alaka Alaka
L’impact financier de cette loi est lourd pour les familles
Le fiscaliste pense que la loi de finances 2017 n’a tenu compte que de l’aspect financier de l’impôt.
La loi de finances 2017 consacre le doublement du prix du timbre fiscal et l’augmentation de celui du timbre communal. Une telle mesure ne relève-t-elle pas de l’escroquerie ?
Il s’agit d’une mesure qui n’a tenu compte que de l’aspect financier de l’impôt. En réalité, nul n’a évalué ce qu’une telle mesure allait créer sur les revenus des ménages pauvres très souvent peuplés et donc la scolarisation, pour parler d’elle, est déjà lourde. Elle est un faisceau qui fait croire que l’Etat fouille déjà dans les poubelles, car, son impact financier est résiduel, mais très lourd de conséquences pour les familles pauvres.
Un total de 34 nouvelles mesures fiscalo-douanières ont été introduites dans ce texte. Elles concernent notamment l’importation du riz, du poisson, etc. Ces mesures auront inévitablement des conséquences sur les prix des denrées de première nécessité. Est-ce normal que dans ce contexte de pauvreté ambiante, le peuple soit tout le temps appelé à faire davantage de sacrifices ?
L’Etat est revenu sur la fonction sociale de l’impôt mise en place après les évènements de 2008 et on peut le regretter. Mais lorsqu’on pousse le raisonnement plus loin, on comprend qu’il y a derrière tout cela une volonté de ralentir les importations de riz, du poisson, et autres, pour chercher à résorber le déficit toujours croissant des différentes balances qu’on nous a présentées comme des indicateurs de stabilité économiques. Bien plus, il faut y voir une politique d’élargissement de l’assiette fiscale qui permet d’amener le plus grand nombre à contribuer, chacun selon ses facultés contributives en vue de baisser la pression fiscale nationale. Toutefois, cette recherche effrénée de la baisse de la pression fiscale nationale débouche inéluctablement sur la hausse de la pression fiscale individuelle et de groupe. Et c’est cela qui fait dire aux Camerounais, et à juste titre, que le peuple est appelé à faire toujours des sacrifices.

Plus globalement, l’année 2017 ne sera-t-elle pas difficile pour le Cameroun et les Camerounais ?
Connaissez- vous une année qui a été facile depuis que le Cameroun était entré en concubinage notoire avec le Fmi ? Moi pas. Nous allons recommencer une ère très très difficile qui nous a été annoncée par le communiqué conjoint Fmi- France- Cameroun après le sommet de Yaoundé. Il faudra attacher de nouveau vos ceintures.
Par Jean De Dieu Bidias et Dimitri Mebenga (stagiaire

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