Mardi, 23 Octobre 2018
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Tiens, le Ceneema existe !…Cinema

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Lire notre quotidien national est un vrai plaisir.

Par le Mutant

Dans son édition du jeudi 28 juin 2018, le journal nous a servi un grand dossier intitulé : « Agriculture et élevage : les opportunités d’emploi et d’investissements ». Un dossier réalisé avec le soutien du ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia). Vraiment, en toutes modestie et honnêteté, et pour emprunter au langage de nos jeunes, « c’était du dossier ! ». A recommander à tous ceux qui veu-
lent en savoir sur les plus et les moins de l’agriculture et l’élevage au pays de Popol.

Au-delà du textuel pur, la publication est saupoudrée d’insertions publicitaires comme c’est la coutume, pour appuyer financièrement une aussi grosse et lourde… production. C’est alors qu’à la deuxième page du dossier -en bonne place, quoi tombe le Ceneema (Centre national d’études et d’expérimentation du mécanisme agricole), telle une courge mûre, avec fracas, éblouissant comme exactement au cinéma ! Encore qu’entre Ceneema et cinéma, peut-être qu’il n’y a que des « e » et des « i » à ajouter ou à retrancher…

Non, c’est que je voulais bien m’assurer que je lis bien ‘’Ceneema’’ et non ‘’cinéma’’. Vous savez, avec l’âge qui avance, la vue commence à déchoir…. Non, les images en fondu, camions et engins lourds flo-
qués des huit lettres de la structure, qui agrémentent l’insertion, ont fini par me convaincre que j’y
étais ! Puis, il y a ce slogan des plus charmants : « Le Ceneema, un interlocuteur privilégié du monde
rural en matière de mécanisation agricole ». Même une certaine boisson populaire n’aurait pas trouvé
mieux ! Et, parmi les missions dévolues au centre, « l’étude et l’adaptation des machines agricoles aux
conditions de l’agriculture camerounaise » ! Camerounaises, Camerounais, quoi de mieux ?

Nous voici de plain-pied au cœur même de l’agriculture de seconde génération, la 4G de l’agriculture !
Bravo, le Ceneema ! Vraiment, si on était en journalisme, je dirais que Ct a levé un lièvre ! Et quel lièvre ! Un gros comme le coup de poing ! Du coup, je me suis souvenu qu’au temps d’Ahidjo, nous récitions ce Ceneema en géographie au primaire comme on récitait l’Epab, la Sodecoton, la Semry, etc. Comme on récitait le « radius et le cubitus ». Du coup, des questions commencent à tarabuster mon esprit : qu’est-il devenu? comme demandait une émission de la Crtv jadis ?

Où était-il donc passé, ce Ceneema ? Y a-t-il âmes qui y vivent ? Si oui, que font-elles ? Combien de nos
francs symboliques l’Etat y enterre-t-il chaque année ? Y a-t-il un Camerounais qui commande d’autres Camerounais là-bas ? Où est situé le Ceneema sur la carte du Cameroun ? Et me voici qui cours ventre à terre au net « googliser », et je me rends compte que le Centre est situé à Nkolbisson, une banlieue de Yaoundé, qu’il a été créé, tenez-vous tranquille, en 1974 ! Et ça n’est pas tout ! Le directeur général, un certain Ernest Ela Evina, fossilisé par le Renouveau éternel, est assis sur son siège depuis… 44 ans ! Saperlipopette !

un record inégalable même dans deux éternités ! Pauvre Popol ! Pendant qu’il s’époumone à expliquer aux petits camerounais qu’ils doivent se lancer dans l’agriculture de seconde génération car, « la terre ne ment pas », croit-il dur comme fer, voilà que le Ceneema, qui est censé nous y conduire, démontre par A+B que tout ça, c’est du cinéma !

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