Mardi, 4 Août 2020
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Thérapie:ce que propose l’Afrique

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Malgré les réticences du reste du monde, diverses initiatives locales de traitement du coronavirus voient le jour sur le continent.
Par Lucien Bodo
On ne parlait que très peu de Madagascar depuis l’apparition du coronavirus en Afrique. Mais depuis le 19 avril, la Grande île est au centre de l’attention du reste du monde. Le pays, par la voix de son président, affirme sans sourciller avoir trouvé un remède contre la pandémie actuelle. « Chers compatriotes, j’annonce officiellement que les essais du remède traditionnel amélioré produit par l’Imra (Institut malgache de recherches appliquées, ndlr) contre le virus ont été́ efficaces. Nous pouvons dire que des effets bénéfiques ont été́ observés sur les patients atteints de COVID-19 à Madagascar», a déclaré Andry Rajoelina lors d’une intervention télévisée.

Le 8 avril dernier, le président malgache avait déjà annoncé, sans le nommer, qu’un médicament fait à base de plantes traditionnelles était en cours d’élaboration. Son nom est désormais connu : CVO ou Covid-Organics. Les études ayant abouti à sa création ont duré plus d’un mois. Elles ont été menées par une équipe de chercheurs de l’Imra appuyée par le gouvernement malgache et des scientifiques venus des Etats-Unis et de la Chine.

La composition du Covid-Organics est constituée de la célèbre plante médicinale « Artemisia annua » comme base de traitement préventif et curatif du COVID-19. Connue comme un puissant antipaludéen, elle est associée à d’autres plantes médicinales endémiques. Selon le gouvernement malgache, il a été adopté après des tests très concluants. Pour preuve de son efficacité lors des tests, le gouvernement cite les guérisons obtenues par divers patients. 39 au 19 avril, apprend-on, et aucun décès lié au coronavirus jusqu’à présent. Ce traitement sera administré dans un premier temps aux élèves avant leur retour à l’école, à titre préventif. Madagascar est en effet en situation d’urgence sanitaire, avec un déconfinement progressif.

Depuis cette annonce, la Grande île se heurte au scepticisme de la classe scientifique mondiale. Afin de rendre plus crédible sa découverte aux yeux du monde, le gouvernement malgache se dit disposé à la soumettre à des essais thérapeutiques dans des laboratoires étrangers. Certaines nations ont même déjà montré leur intérêt pour le CVO. C’est le cas du président de la République démocratique du Congo, Félix Thsisékédi ; lequel a d’ailleurs eu un entretien par visioconférence avec son homologue malgache. Idem pour le président sénégalais, Macky Sall.

Ailleurs sur le continent, et avant l’apparition du CVO, d’autres traitements ont été proposés. Le plus connu jusqu’ici reste l’Apivirine, un antirétroviral produit au Benin et utilisé dans le traitement du Sida. Valentin Agon, son inventeur, est formel : ce produit est efficace contre le coronavirus. « C’est une boîte de 40 gélules : trois gélules quatre fois par jour. Et le lendemain, on voit déjà les résultats », explique-t-il. D’après lui, selon un malade, « onze personnes dans sa maison étaient malades de COVID-19. Elles se sont mises sous Apivirine et dès le lendemain, la toux a cessé, la fatigue a disparu. Tous sont bien portants aujourd’hui, après cinq jours de traitement. Et il y en a qui sont devenus négatifs au COVID-19 ».

Sur Radio France internationale, le médecin dit avoir traité de façon informelle plus de 20 personnes âgées de 6 à 62 ans. D’autres patients seraient par ailleurs en train de suivre un traitement en ce moment en France, en Italie et en Amérique. Il souhaite et recommande à d’autres pays, africains surtout, de se livrer à des tests massifs. Là encore, la communauté scientifique occidentale demeure dubitative et continue de remettre en cause l’efficacité de ce médicament.

Dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, le Burkina-Faso a annoncé le 27 mars dernier qu’un essai clinique à base d’Apivirine avait été lancé. L’étude de huit semaines sera effectuée aussi bien sur des malades graves que sur des cas plus légers. Le pays a néanmoins invité sa population à ne pas consommer pour l’instant de gélules de 500 mg d’Apivirine tant qu’il n’est pas validé.

Si le CVO et l’Apivirine suscitent plus ou moins l’intérêt des médias, d’autres propositions ne sont pas suffisamment vulgarisées. Au mois de mars dernier, un traitement avait été annoncé au Gabon sans suite. Celui-ci était défendu par le Docteur Pierre Pyebi Oyoubie, ancien médecin personnel du feu président gabonais Omar Bongo. Ce médecin chevronné est par ailleurs détenteur du Brevet d’invention de la Fagaricine 532, un antiviral immuno-reconstituant qui a fait ses preuves dans la prise en charge des malades du Sida.

Plantes traditionnelles
Au Cameroun, comme dans d’autres pays africains, la chloroquine est l’élément central du protocole qui a été adopté pour traiter le coronavirus. Cela dit, des recettes à bases de plantes traditionnelles, tisanes, décoctions, épices, fruits ou légumes fleurissent. L’écorce de quiquina, arbre plus connu sous le nom de « Ikouk », est par exemple préconisée par certains naturopathes.

Parmi eux, François Bingono Bingono, par ailleurs anthropologue, indique, dans un entretien accordé à l’Agence Ecofin, que le coronavirus pourrait en réalité ne pas être une nouveauté en Afrique. Selon lui, une maladie avec des symptômes identiques serait apparue dans les années 70 et aurait fait beaucoup de victimes parmi les personnes âgées. La solution serait venue d’un remède à base de plantes traditionnelles.

Du reste, l’association du miel avec le citron et le gingembre bénéficie également de beaucoup de publicité. Malheureusement, face à l’inexistence d’études formelles, le gouvernement déconseille de se fier à ces « recettes de grand-mère » et de prévenir plutôt les autorités dès apparition des premiers symptômes de la maladie.

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