Vendredi, 20 Septembre 2019
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Symphorien Ongolo: les quantités de bois déclarées par le Cameroun sont très en deçà de celles signalées par la Chine

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Enseignant au département  Forêt et politique de conservation de la nature à l’Université Georg-August de Göttingen en Allemagne, il revient sur les retombées d’un atelier d’échange entre la Chine et l’Afrique sur  amélioration de la gouvernance forestière sur le continent.

Par Adrienne Engono Moussang

 

Que vise l’atelier Afrique-Chine sur la gouvernance forestière qui se déroule du 3 au 5 septembre 2019 à Yaoundé ?

Ce premier atelier Afrique-Chine qui se tient  du 3 au 5 septembre 2019 à Yaoundé sur le thème « gouvernance des terres forestières ; investissements et durabilité » a pour objectif d’éclairer sur la question des investissements chinois dans le secteur forestier en Afrique en général. Pour cette première rencontre, nous visons le Cameroun  et les pays du bassin du Congo et c’est pour cette raison que sont présents aux travaux, des participants du Congo, de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo, du Gabon et bien entendu, du Cameroun.

Quel peut être l’apport de telles assisses sur la réflexion en cours pour l’amélioration de la loi forestière de 1994 au Cameroun, par exemple ?

Nous avons beaucoup d’éléments qui se dégagent déjà depuis le début de cet atelier dont un certain nombre est jusqu’ici ignoré et qui peuvent être intégrés dans la loi en révision. Le premier élément concerne la sous-traitance ; des entreprises asiatiques passent par des relais nationaux pour se décharger des responsabilités concernant le traitement des employés dans les entreprises et des charges fiscales. L’autre chose c’est le financement et la traçabilité des fonds utilisés dans les circuits informels pour alimenter le marché asiatique. Il a été démontré par un des participants que la traçabilité est quasi impossible parce que les fonds utilisés ne proviennent pas des comptes bancaires classiques mais qu’il s’agit des formes de blanchiment d’argent que des grands commerçants asiatiques mettent à la disposition des locaux et ceux-ci exploitent rapidement la ressource pour gagner rapidement de l’argent. Les perdants dans ces pratiques ce sont les populations riveraines qui voient des billes de bois sortir de leurs forêts et le trésor public.

Comment comprendre le décalage des statistiques sur le bois exporté entre le Cameroun et la Chine ?

Il a été démontré que les statistiques sur le volume de bois convoyé en Chine sont généralement décalées ; les quantités déclarées par le Cameroun sont très en deçà de celles que signale la Chine. L’on peut attribuer cette situation au problème d’efficacité des services de douanes et de police camerounais dont la rigueur est inférieure à celle des Chinois. Il faut améliorer les méthodes de travail. Plutôt que d’enregistrer à la main comme cela se fait actuellement, passer à la digitalisation. Par ailleurs, il faut une incitation à la sanction. Lorsqu’une bille de bois réussit à traverser successivement plusieurs points de contrôle, de la forêt où elle a été coupée pour se retrouver à Douala et être embarquée pour la Chine, où elle est enregistrée à l’arrivée sans trace, l’on se demande comment la partie qui perd la ressource peut être moins rigoureuse que celle qui la reçoit.

Vous voulez promouvoir la notion des terres forestières…

La notion des terres forestières que nous mettons en avant est  motivée par des travaux de recherche que nous avons effectués. En effet, la pression démographique observée ces derniers temps favorise la pression sur les ressources forestières. L’on a tendance à réduire les ressources forestières au bois et à la faune. Or, il y a les mines dont l’extraction impose la déforestation. Il y a de plus en plus le pétrole onshore qui est découvert en forêt et même dans les aires protégées (c’est le cas ces jours dans un parc national en Rca) ; les produits forestiers non-ligneux, l’urbanisation (cas de Yaoundé et Kinshassa). Il faut donc penser de manière globale à la question de la forêt.

En tant que chercheur, que proposez-vous, étant donné que ces pays doivent en même temps se développer grâce à l’exploitation des ressources forestières ?

L’on a sérieusement coupé du bois à l’Est et au Sud Cameroun mais le niveau de bien-être des populations de ces zones n’est pas ce qu’il devrait être. Il faut voir comment penser la question de durabilité. Il est souvent dit que le pétrole est une malédiction.  Mais, la Norvège est un cas parfait de gestion projetée sur le long terme. C’est ce pays qui offre des financements au Brésil et d’autres pays pour les aider à gérer durablement leurs ressources.  

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