Mardi, 23 Octobre 2018
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Sud-Ouest Récit:d’un vendredi de « tous les interdits »

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Des éléments de la police, de gendarmerie, de l’armée et même du Bir ont quadrillé les principaux carrefours en attendant le couvre-feu de 21h.

Par Blaise Djouokep, à Buea

Lorsque des soldats du Bataillon d’intervention rapide (Bir) se déportent au lieu-dit mile 17, le vendredi 29 septembre 2017 à 15h, la panique, l’angoisse et la peur s’installent et se lisent sur de nombreux visages. Ils sont environ une centaine. Leur présence crée un vent de panique. Certains, notamment des femmes, évitent soigneusement de passer près de ces hommes du Bir. Armes au poing, ces soldats arborent des cagoules qui laissent entrevoir uniquement leurs yeux. « Voilà la guerre
qui commence déjà. Il faut que j’aille vite m’enfermer chez moi avant que ça ne commence », lance une quinquagénaire. Après une trentaine de minutes, ces soldats vont partir en direction de Kumba.

Sur ce lieu, ils sont remplacés par des policiers et des gendarmes, munis d’armes, de matraques ou encore d’équipements antiémeutes. On les aperçoit dans tous les
carrefours à Buea ville et d’autres de la région du Sud-Ouest. Par petits groupes, ils sont soit regroupés à l’arrière d’un pick-up, soit à pied. A en croire certaines sources, un fort déploiement de policiers et gendarmes serait venu de Douala, la veille jeudi. Des camions communément appelés « Mami wata » ont également été déployés au Sud-Ouest. Dans les airs, deux hélicoptères aux couleurs de l’armée sillonnent le ciel.

Mesures restrictives
Dès la tombée de la nuit, les mesures de restrictions de la circulation des personnes entre le 29 septembre et le 02 octobre prises par le gouverneur du Sud-Ouest, Bernard
Okalia Bilai sont présentes dans les esprits. Chacun se presse de regagner son domicile. A 19h, presque tout est fermé. La présence de policiers est de plus en plus visible. A Moliko, ces derniers s’agglutinent autour de trois vendeurs qui offrent à manger en plein air. Chacun passe sa commande. Il faut faire le plein d’énergie pour toute la nuit qui s’annonce longue. L’unique call-box encore ouvert à 19h30 ne désemplit pas. Les clients disent faire le transfert en prévision des deux jours qui s’annoncent inquiétants.

A 20h, Buea ressemble à une ville fantôme. Les dernières personnes s’empressent de regagner leurs domiciles respectifs. Il ne faut pas être frappé par la note du gouverneur. Ladite note interdit, dès ce vendredi à partir de 21h jusqu’au lundi 02 octobre à 7h, dans le Sud-Ouest, tout mouvement de conducteurs de moto-taxis. Sont aussi visés, le transport interurbain, le transport entre les villes et les localités du Sud-Ouest, le regroupement de plus de quatre personnes. La mesure instruit par ailleurs la fermeture des frontières terrestre et maritime, la fermeture des bars, snack-bars et autres lieux de distraction ; les gares routières et de toute activité commerciale en ces lieux, ainsi que les différents coins d’embarquement vers la mer.

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