Dimanche, 20 Septembre 2020
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Sport et culture : Un duo gagnant

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Un autre nom s’ajoute à la longue liste des artistes camerounais de renom emportés par la Faucheuse. Le Cameroun pleure l’un de ses plus illustres ambassadeurs à l’étranger, le virtuose du saxophone, Manu Dibango, première grande célébrité à succomber des suites du COVID-19. Un décès qui a retenti telle une violente lame de fond, tant papa « Manu » faisait partie de ces individus alertes et altiers malgré le poids des ans, immunisés contre les affres du temps.

Si Manu laisse derrière lui un répertoire musical dense riche de soixante années de scène et de communion avec le public, la renommée du Fela Kuti camerounais atteindra une dimension planétaire à travers son magnum opus « Soul Makossa » ; lequel aura inspiré les plus grands musiciens de la planète : le Roi de la Pop Michael Jackson et, quelques décennies plus tard, une autre figure majeure de la pop moderne à savoir l’artiste Rihanna.

Mais n’oublions pas que « Soul Makossa », c’est aussi et surtout l’hymne officiel de la huitième édition de la Can (Coupe d’Afrique des Nations) en 1972, la première hébergée en terre camerounaise. L’œuvre de Manu Dibango revêt donc une signification et un symbolisme particulièrement puissants mis en rapport avec le contexte moderne où le Cameroun organisera la prochaine édition de la Can en 2021, près de cinquante ans plus tard.

L’occasion de rappeler la place prégnante qu’occupe le monde de la culture et du divertissement – et plus particulièrement celui de la musique – dans la communication et le  « marketing » des événements sportifs de grande envergure. La réussite des grands rendez-vous sportifs, autant voire plus que le spectacle qui se déroule au sein des arènes sportives, passe par la promotion effectuée par les grandes figures du divertissement.

On le voit ainsi lors des compétitions telles que le Super Bowl aux Etats-Unis, incarnation du sport business et récréatif dans toute sa splendeur, où des brochettes de star se relaient pour attirer essentiellement un public souvent néophyte dans les stades. Ou encore, pour prendre un exemple un peu plus proche de nous, la Coupe du Monde de Football en Afrique du Sud aura marqué durablement l’esprit, non seulement à travers son hymne officiel (le titre « Waka Waka » interprété par l’artiste Shakira et inspiré par une chanson camerounaise populaire), mais également à travers les fameux vuvuzela.

Il est donc particulièrement surprenant et un tantinet regrettable de constater le peu d’efforts entrepris par le gouvernement camerounais en termes de mobilisation des artistes et autres personnalités célèbres au Cameroun, pour donner une aura et une portée quasi internationales aux compétitions continentales qu’il organise ou auxquelles il participe. Quelqu’un se souvient-il des hymnes officiels des Lions Indomptables en 2017 et 2019 à titre d’exemple ?

A l’occasion des cinquante ans de « Soul Makossa », nous espérons vivement que le Cameroun, que l’on sait doté de musiciens talentueux, saura rendre la Can 2021 aussi inoubliable, autant sur le plan culturel que sur le plan des performances sportives pures.

Par Jean-Pierre Nyemeg CONSULTANT EN DROIT DES AFFAIRES

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