Vendredi, 17 Août 2018
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Privatisation des sociétés de l’Etat: le sursaut d’orgueil du gouvernemen

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Fort des différents ratés observés, l’Etat veut s’impliquer encore plus dans le fonctionnement de certaines sociétés.

Lucien Bodo

«Une plus grande présence de l’Etat » au sein de la société Camrail. C’est l’une des prescriptions du chef de l’Etat, Paul Biya, contenues dans le rapport sur l’accident ferroviaire d’Eseka. A travers ce document rendu public le 23 mai dernier, se profile en filigrane le retour en force de l’Etat dans la gestion de certaines entreprises de souveraineté. Ce revirement peut se justifier par les déboires observés dans la privatisation. Le cas du secteur électrique en dit long sur ces ratés. En 2001, l’on assiste à la privatisation de la Société nationale d’électricité,(Sonel) au bénéfice de AES-Sirocco Limited, une filiale de AES Corporation. La société américaine contrôle 51 % du capital, tandis que l’État du Cameroun conserve 44 % et le personnel reçoit 5%.

Malheureusement, la fusion Aes-Sonel ne permettra pas de faire reculer les délestages. Au contraire, ceux-ci vont plutôt s’accentuer, le réseau électrique montrant des signes d’essoufflement et de vieillissement. La réponse de l’Etat est la création par décret présidentiel en octobre 2015 de la Société nationale de transport de l’électricité (Sonatrel), société à capitaux publics placée sous la tutelle du ministère de l’Eau et de l’Energie. Celle-ci est chargée de la gestion du réseau de transport de l’électricité, des flux électriques, de la gestion et la recherche des financements, etc. la Sonatrel a d’ailleurs décroché, en septembre 2016, un financement de 190 milliards F Cfa auprès de la Banque mondiale.

Probables changements

Le secteur des Télécommunications est aussi une preuve de ce « nationalisme » de l’Etat camerounais. Pour preuve, le 2 mars dernier au cours d’un atelier à Yaoundé, Elisabeth Huybens, directrice des opérations à la Banque mondiale a émis l’idée de démanteler Camtel. Pour elle, le démantèlement de « l’opérateur historique », qui détient le monopole sur les infrastructures terrestres, favorisera l’émergence d’une bande passante pour tous. Cette responsable à la Banque mondiale a également interpellé les autorités sur la nécessité de renforcer la transparence dans l’attribution des licences 3G et 4G au Cameroun, estimant que Camtel, comme tous les autres opérateurs devait s’acquitter de ses droits. Mais rien jusqu’ici n’indique que l’Etat va accéder à la demande de la Banque mondiale.

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