Dimanche, 21 Octobre 2018
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Seropositifs: Plus de 400. 000 malades camerounais perdus de vue

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Selon le personnel de santé, après avoir été testés positifs, ces derniers ne prennent pas les Arv pourtant disponibles et gratuits.

Par Paulette Ndong

Elles sont peut-être encore peu connues de certains, mais les données sur les personnes vivant avec le vih/sida au Cameroun sont inquiétantes. En attendant les résultats de l’enquête de l’évaluation de l’impact de cette pandémie auprès des ménages (Camphia) qui se déroule en ce moment sur l’ensemble du territoire, les statistiques de prise en charge révélées par le ministère de Santé publique (Minsanté) indiquent à ce jour que seulement 1/3 des 620.000 personnes estimées sont
sous traitement antirétroviraux (Arv) et 60,4% d’entre elles sont maintenues 12 mois après le démarrage de la thérapie Arv. Donc, plus de 400.000 malades estimés ne suivent pas leur traitement.

Pourtant, au cours de la conférence de presse tenue vendredi 08 septembre 2017, Dr Léonard Bonono, secrétaire permanent de cette institution, a rappelé que les traitements sont disponibles et gratuits. Il a aussi indiqué que la prévalence nationale est de 3,9%. Un pourcentage qui se situait en 2011 à 4,3%, selon l’enquête
démographique de santé (Eds).

Pour inverser la tendance, le personnel médical met un accent sur la sensibilisation. « Les populations en général et les jeunes en particulier doivent changer de comporte-
ment. Les personnes âgées de 15 à 49 ans sont les plus touchées, avec un pic entre 35 et 39 ans », avertit Dr Lydie Nyemb, spécialiste en santé publique. Elle poursuit en
donnant ce conseil : « Dans ce nouveau mode de vie, il faut éviter de nouvelles infections ». Entre le mois de janvier et de juin 2016 par exemple, plus de 58.000 nouveaux cas ont été enregistrés. Une situation qu’a déplorée le ministre de la Santé publique, André Mama Fouda, le 1er décembre 2016, lors de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre cette pandémie.

Une recommandation est donc faite : il faut d’entrée de jeu se protéger mais, aussi connaître son statut sérologique. D’où toute l’importance de l’approche : « tester et traiter ». « Il faut atteindre l’objectif «90-90-90», qui veut que 90% de personnes connaissent leur statut sérologique, 90% soient sous antirétroviraux et les 90% autres personnes aient une charge virale indétectable », soutient Dr Léonard Bonono.
Le dépistage systématique, encore boudé, « devrait être accepté de tous en vue d’atteindre le nombre de 30.000 personnes dépistées par mois, pour 150 personnes par jour», a souligné Dr Essomba. « Lorsqu’une personne est
déclarée positive, elle est immédiatement mise sous trai-
tement. Cela lui permet de protéger son environnement. En
2014, les décès liés au vih sont estimés à 34,158 avec 49%
d’hommes », renseigne-t-il.

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