Jeudi, 15 Novembre 2018
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Secteur minier :La corruption et la fraude en ligne de mire

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Un forum international de trois jours est ouvert à cet effet depuis hier 30 janvier à Yaoundé.
Par Lucien Bodo
La déception est à la mesure de l’espoir placé sur les minerais du sous-sol. Le pétrole, l’uranium, le fer, le diamant, ou encore, l’or, ont en effet entretenu pendant longtemps, l’idée que ces ressources naturelles étaient gage de développement. Les experts estiment d’ailleurs que cette vision n’est pas tout à fait fausse. Mais jusqu’ici, « les populations ne tirent que très peu profit des industries extractives ». Ceci notamment à cause d’une mauvaise redistribution des recettes issues de leur exploitation. L’aveu est de la ministre déléguée à la présidence en charge du Contrôle supérieur de l’Etat.

Mbah Acha Rose Fomundam a ouvert hier 30 janvier, le forum international sur la fraude et la corruption dans le secteur minier en Afrique francophone subsaharienne. Le thème qui mobilise les débats s’apparente à la formation d’un front commun pour une menace globale : « Unis contre la fraude et la corruption dans le secteur minier, pour une croissance économique plus inclusive et durable en Afrique francophone ! ».
Les statistiques sont une pierre précieuse difficile à trouver, tellement le problème est complexe. Mais si l’on se fie aux divers rapports publiés régulièrement, la fraude et la corruption sont les principales gangrènes du domaine des mines. Ce dernier constitue plus de la moitié des flux financiers illicites (Ffi) qui quittent l’Afrique pour le reste du monde, soit plus de 25 milliards de dollars (Environ 13000 milliards Fcfa). Ces chiffres font partie des conclusions des travaux du Groupe de haut niveau sur les sorties illicites de capitaux en Afrique, publiés en 2015.

Pour arrêter la saignée, il a fallu se doter d’outils conséqhuents. Plusieurs Etats disposent à cet effet d’institutions supérieures de contrôle des finances publiques. A ceci s’ajoutent l’initiative pour la transparence dans les industries extractives, le Projet d’amélioration de surveillance de l’industrie extractive en Afrique francophone subsaharienne (Pasie) et d’autres plateformes globales telles que le régime minier africain. Une riposte institutionnelle qui peine à porter des fruits du fait parfois d’un déficit d’expertise locale, mais aussi de moyens de luttes.

Les experts qui participent à ces travaux nourrissent par conséquent l’espoir d’être mieux outillés. C’est le cas du Togolais Pilouzoue Tchalow qui souhaite « découvrir d’autres formes de corruption et de fraude afin de mieux exercer un contrôle sur les activités minières » de son pays. Du reste, l’implémentation des recommandations attendues à l’issue de ce forum de trois jours, bénéficie de l’apport financier du Canada sur une période de cinq ans.

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