Dimanche, 20 Septembre 2020
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Sauvons nos athlètes contre la pandémie de la précarité

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La pandémie qui frappe actuellement le globe aura eu de lourdes répercussions sur le fonctionnement du monde. D’abord sur le plan humain comme l’atteste le compteur des victimes fauchées par le virus qui continue de grimper de façon quasi métronomique, ensuite sur le plan social avec les mesures de prévention prescrites par plusieurs gouvernements qui enjoignent aux populations de rester confinées, transformant ainsi les grandes métropoles en villes quasi fantômes ; et enfin sur le plan économique à travers le ralentissement de l’activité de certains opérateurs économiques, notamment les très petites et moyennes entreprises, obligées de composer avec les mesures « barrières » préconisées par les différents gouvernements.

Ce ralentissement de l’activité économique oblige les entreprises à recourir elles-mêmes à des mesures palliatives pour endiguer les effets du virus sur leur rentabilité : recours au télé-travail pour les plus outillés ou encore dans la majorité des cas recours au chômage partiel avec diminution graduelle des heures de travail, et donc de revenus pour la plupart.

Mais s’il y a un secteur qui subit de plein fouet les assauts du COVID-19, c’est bien celui du sport avec le report de plusieurs compétitions sportives internationales prestigieuses telles que les éditions 2020 de l’Euro et des Jeux Olympiques mais aussi régionales avec la Chan (Championnat d’Afrique des nations) voire même locales. Avec le respect (plus ou moins strict selon les clubs) des mesures d’éloignement, de nombreux athlètes se trouvent de facto dans une situation de chômage partiel, avec ce que cela implique de réduction de salaires et autres indemnités, voire carrément de non versement des salaires.

Cet état de fait contribue à enfoncer les athlètes dans une situation de précarité insoutenable, surtout lorsqu’on sait que leur situation avant la pandémie était loin d’être reluisante. On se souvient par exemple qu’il y a un an, la FIFA avait adressé une correspondance à la Fecafoot concernant la situation de quasi esclavage des joueurs de football au Cameroun, alors dénoncée par le président de la Synafoc (Syndicat national des footballeurs camerounais), Geremi Njitap. Sans mentionner ces multiples athlètes évoluant dans des disciplines sportives moins privilégiées qui sont employés sans contrat par leurs clubs. On peut donc craindre que certains responsables de clubs de mauvais aloi, voire de mauvaise foi, ne se servent du virus comme prétexte pour grever le déjà minuscule pécule de nombres de joueurs.

En ces temps de débauche de générosité émanant des grosses entreprises et des acteurs influents de la société civile (suivi de grosses campagnes de communication souvent emphatiques), il serait plus que temps ces acteurs, en osmose avec les pouvoirs publics, se penchent sur ces oubliés du Corona que sont les athlètes. En plus d’allouer des subsides aux sportifs (qui nous le rappelons sont des ambassadeurs du Cameroun dans les compétitions sportives de moyennes et grandes envergures), nous pensons qu’il serait temps pour la Fecafoot (et toutes les autres fédérations locales) d’assumer et d’assurer pleinement leur mission de contrôle en veillant sur la destination des subventions qui sont allouées au club pour le paiement des sportifs salariés et le cas échéant de prendre des mesures contraignantes pour obliger les réfractaires à respecter leurs engagements.

Par Jean-Pierre Nyemeg:Consultant en droit des affaires

 

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