Mercredi, 19 Février 2020
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Santchou:La question ethnique et foncière refait surface

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Elle a été évoquée au cours de la tournée de prise de contact du nouveau préfet dans cette localité.

Par Robert Nkaké, à Santchou

Le préfet du département de la Ménoua, Mbokè Godlive Ntua, a été accueilli par des patates chaudes à Santchou, région de l’Ouest. Une localité où la guerre ouverte entre autochtones et allogènes, n’a pas encore connu un dénouement favorable. A chaque occasion, des chefs traditionnels font un affrontement verbal, à travers des discours contradictoires qui se font par personne interposée sur la place publique. Tout ceci aux côtés des populations qui se regardent en chien de faïence. Prenant la parole à l’esplanade de King place, le chef supérieur des Fombap, Sa majesté Albert Nintedem, a fustigé la confiscation du patrimoine commun par les autochtones du groupement Sanzo [père de l’éléphant, en langue locale Mbo’o, Ndlr]. En effet, dans son adresse au préfet de la Ménoua lors de son passage dans ce groupement éponyme, dans le cadre de sa tournée de prise de contact et d’animation socioéconomique, le 13 janvier 2020, il a condamné le fait qu’à Santchou, seuls les Mbo’o occupent des postes de responsabilité politique et administrative au niveau local et même national. Il explique que jusqu’ici, aucun fils Fombap ou de Fondonera voisin avec qui Sanzo forme la zone de Santchou, n’a jamais été élu maire titulaire ou député dans cette circonscription électorale. Il demande au préfet de porter leurs doléances à qui de droit en espérant qu’ils se «détacheront un jour de ceux qui croient avoir le titre foncier de tout l’arrondissement».

En réponse à ces allégations, le roi des Mbo’o Sanzo, Sa majesté Pierre Mila Assouté, réveille l’aspect historique : «Le 26 novembre 1927, le gouverneur français M. Marchand, rend un arrêté pour créer la région Bamiléké et la région du Mungo. Et il choisit un cours d’eau dénommé Mvou, qui serpente le territoire sur la carte pour en faire une limite. Il est partitionné en deux et une fraction se retrouve en région bamiléké». Il poursuit en rappelant que : «les protestations virulentes des Mbo’o aboutissent en 1960 à une décision du président Ahidjo de les reverser dans le Mungo. Le sous préfet de Dschang, Isaac Njomgang, originaire de Batoufam, demande au chef de l’Etat de différer la mesure jusqu’à la fin du maquis qui sévissait et il justifie sa demande par le fait que les problèmes fonciers dans le Mungo étaient à l’origine de la perpétuation du maquis». Après ce rappel historique, il conclut par une interrogation. «Le maquis est donc terminé, M. le Préfet. On attend quoi pour exécuter cette mesure! », Se demande-t-il.

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