Mercredi, 30 Septembre 2020
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Sanctions dans le Rdpc:Parfum de règlements de comptes  

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Franck Hubert Ateba exclu définitivement du parti, Saint Eloi Bidoung et Tsala Messi suspendus pour trois ans, tandis que des caciques convoqués pour des motifs assez graves écopent de peines minimales.

Par Jean De Dieu Bidias

Vivement attendu depuis quelques jours, le verdict de la commission ad hoc de discipline du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) relatif aux cas d’indiscipline relevés lors des dernières élections législatives et municipales a été rendu hier mercredi. Validées par le président national du parti, Paul Biya, les conclusions de la commission Musonge sont inédites autant par le nombre de militants frappés que par le niveau de sanctions. Sur la centaine de personnes convoquées et auditionnées, seules 11 sont mises hors de cause. Maire de la commune de Bertoua 1er dans la région de l’Est, Olivier Cromwel Bembel peut s’estimer heureux. Il s’en tire avec (seulement) une lettre d’observation assortie d’un rappel à l’ordre, tandis que Franck Hubert Ateba, militant de la section Rdpc Lekié centre, à Elig-Mfomo, écope de l’exclusion définitive, la sanction suprême prévue par les statuts du parti. Entre ces deux bornes, les cas de blâme, à l’instar de Charles Atanga Manda ou en encore Jean-Marie Abouna, actuel maire de Yaoundé 1er ;  et de suspension temporaire de six, 12, 18 et 36 mois.

On retrouve dans cette dernière catégorie, des personnalités telles qu’André Tsala Messi, ancien ministre et ex-maire de la commune de Monatélé, dans la Lekié (région du Centre). Non investi par le parti pour briguer un cinquième mandat, il s’était allié à un candidat de l’opposition, Célestin Bedzigui du Pal, en l’occurrence, qui avait réussi à s’arroger le poste de 1er adjoint du nouveau maire Prosper Parfait Mbassi Bessala. Il est frappé bien que son allié ait révélé, dans un témoignage envoyé à Elvis Ngolle Ngolle, membre de la commission ad hoc de discipline du Rdpc, qu’il avait reçu un appel du ministre directeur du cabinet civil de la Présidence, Samuel Mvondo Ayolo, pour lui indiquer que le président national du Rdpc était d’accord qu’il hérite d’un siège au sein de l’exécutif municipal de Monatélé pour le soutien de sa candidature lors de la présidentielle de 2018. Un deuxième coup de fil, celui du secrétaire général adjoint du comité central du Rdpc, Grégoire Owona, reçu le jour même de la session de plein droit, aurait confirmé ce deal politique.

Démission

Comme ce cacique du parti, le très sulfureux Saint-Eloi Bidoung, conseiller municipal à la commune d’arrondissement de Yaoundé 6e, à qui il était reproché non seulement d’avoir posé sa candidature au poste de maire de cette municipalité, mais aussi à celui de maire de la ville de Yaoundé contre l’avis de la hiérarchie du parti, lui aussi est exclu du Rdpc pour 36 mois, soit trois ans. Ce verdict sans appel pourrait-il le pousser à claquer définitivement la porte du « parti du flambeau ardent » ? En tout cas, il n’est pas le seul à être pratiquement poussé à la démission : 23 autres militants écopent de la même durée de suspension. L’actuel maire de Kribi 2e, Guy Emmanuel Sabikanda, perd sa carte de membre du Rassemblement démocratique du peuple camerounais pour 18 mois, tandis que l’ancien ministre des Travaux publics (Mintp), Patrice Amba Salla, écope de six mois. Il en est de même pour le maire de Nguelemendouka, Alex Mimbang.

Investitures

Au vu de la gravité des motifs de sa convocation par la commission ad hoc de discipline, l’une des grandes surprises des sanctions qui viennent d’être prises par la hiérarchie du Rdpc concerne le cas Grégoire Mba Mba. Le sénateur devait non seulement répondre de ses invectives à l’endroit du délégué permanent du comité central du Rdpc dans le département de l’Océan (Sud), Jules Doret Ndongo, mais aussi de ses propos haineux à l’endroit de Jean Pierre Salla, candidat à la mairie de Kribi 1er. Il avait déclaré publiquement que ce dernier, parce que du clan Mabi, l’un des deux principaux que l’on retrouve dans la ville balnéaire, ne pouvait pas être élu maire de cette commune. Pour lui, seul un Batanga devrait y être élu. Au final, il n’aura écopé que d’un blâme.

Ce cas et bien d’autres, à l’instar de la non convocation des responsables des échauffourées de Sangmelima qui avaient été provoquées par les parties prenantes à l’élection du maire de cette commune, font dire à certains qu’il y a davantage eu des règlements de comptes couverts par le comité central du Rdpc. Ce courant est convaincu que les personnes sanctionnées sont pour la plupart des lampistes qui avaient tenté de faire vivre la démocratie au sein du parti. Toutefois, le timing de la publication de ces sanctions – la veille des investitures pour les régionales – porte à croire que la hiérarchie du parti au pouvoir a voulu donner un signal fort à tous les militants qui pourraient être tentés de s’opposer à ses désidérata.

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