Mardi, 12 Novembre 2019
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Romuald Stone Mbangmou: « Les élites locales vont se faire rares »

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Le psychologue clinicien explique les conséquences de la crise sur les enfants.

Par Paulette Ndong

Depuis le début de la crise dans le Nord-Ouest,  Sud-Ouest et l’Extrême-Nord plusieurs droits des enfants sont bafoués (éducation, santé, …) Quel impact sur son développement psychomoteur ?

Sur le plan du développement psychomoteur, les salles/terrains de jeux et d’exercices étant fermés ou non opérationnels, les jeunes vont de moins en moins s’entraîner. La conséquence est que beaucoup de futurs génies dans les domaines artistiques vont s’éteindre, ou devenir moins efficaces. Les enfants seront plus préoccupés par leur sécurité que par les jeux. Alors que ces derniers sont sources de découverte d’aptitude, d’attachement, de motivation et d’ambition. Certains vont arrêter les études durant la crise, et par la suite, perdre les motivations qu’ils avaient.  Lorsque bien même le calme va revenir, ils ne seront plus prêts à retourner. Soit parce que cette motivation est partie, soit parce on est devenu trop âgé pour reprendre où on avait laissé, puisque c’est l’école qui était arrêtée et non l’âge. D’autres vont s’engager dans les activités professionnelles et ne pourront plus les laisser. Certaines filles vont porter les grossesses et se plonger dans les responsabilités maternelles, etc.

Qu’en est-il du plan affectif ?

Sur le plan affectif, la famine, la recherche de la sécurité et bien d’autres vont amener certains enfants à s’engager dans des relations affectives immatures et ou non indiquées. Ce qui générera certainement des conflits relationnels au sein desdits couples. Les séparations avec les proches pourront créer des troubles relationnels et/ou prédisposer ces enfants à certains troubles dans le futur tels les troubles de l’humeur, et même des troubles psychiatriques sévères.

À quoi s’attendre si rien n’est fait ?

Si rien n’est fait, c’est la zone anglophone qui payera le prix fort dans l’avenir. Les élites locales vont se faire rares. Le nombre d’hommes intellectuels va considérablement baisser dans ces zones. La xénophobie va augmenter dominer sur le sentiment d’appartenance, et le vivre ensemble sera perturbé pour un bon bout de temps entre les populations anglophones et francophones, l’hypocrisie va meubler la relation entre ces deux regroupements géographiques: Et la crise ne pourra que se pérenniser et s’accentuer. Dans l’Extrême-Nord, ces enfants seront plus tard à la merci de Boko Haram car, n’étant pas scolarisés, ils seront moins autonomes et pourront facilement céder à l’appel ou sollicitation de Boko Haram. Ceci ne va contribuer qu’à renforcer le camp de l’ennemi et à pérenniser le conflit. Et à perpétuer le problème de scolarisation depuis longtemps présent dans cette vaste zone géographique. Ça peut paraître lourd d’envisager de repositionner les enfants et les familles favorables de l’Extrême-Nord. Mais si rien n’est fait dans ce sens, les conséquences coûteront bien plus chers au gouvernement camerounais que le coup de ce repositionnement géographique qui faciliterait le brassage linguistique et culturel.

Que faire pour les protéger?

Pour protéger les enfants, dans une situation où on ne peut pas maîtriser la situation, on ferait mieux de créer des nouveaux villages loin des régions anglophones, c’est recaser les populations qui ne se sentent pas concernées par la crise. Le gouvernement peut créer un village dans le Centre, à l’Est, etc. A ce moment, les régions anglophones seront considérées comme le front du moment où le dialogue n’est pas efficace. Dans ce cas, les déplacés seraient à l’abri d’un certain nombre de problèmes. Pour les enfants du Septentrion, tout se joue au niveau du sentiment de sécurité où d’insécurité ressenti par ces enfants. Le gouvernement devrait accentuer la sécurité dans les espaces de scolarisation. Mettre même sur pied une forme pré-formelle de scolarisation qui va utiliser le porte à porte pour captiver l’attention des enfants dans un premier temps, pour les diriger vers les établissements scolaires par la suite.

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