Dimanche, 25 Octobre 2020
Accueil quotidien mutations societe Resocialisation:des nouveaux pensionnaires à Bétamba

Resocialisation:des nouveaux pensionnaires à Bétamba

418
- Publicité -

Ils sont 40 jeunes sur 162 retirés de la rue par le Minas qui vont suivre une formation à l’Institution camerounaise de l’enfance pour une durée de trois ans .

Par Paulette Ndong                

Ils sont très contents ce 29 juin 2020 à  l’Ice de Bétamba. Loin derrière eux l’image des mendiants de l’Avenue Kennedy ou de la poste centrale de Yaoundé. Les ex-enfants de la rue (Edr) sont désormais confiants et porteurs de projets. Ils sont 40 jeunes  âgés de 12 à 18 ans sur les 162 retirés de la rue  à avoir sollicité cette institution qui encadre les inadaptés sociaux. Un peu réticents au début, puisque l’idée que se fait une grande partie de l’opinion est que cet établissement,  situé dans le département du Mbam et Kim, région du Centre est une maison d’arrêt où les pensionnaires sont très souvent maltraités. «Mais lorsqu’ils ont effectué une visite sur le site le 16 juin dernier à l’occasion de la célébration de la Journée de l’enfant africain (Jea), ces ex-edr en  sont tombés amoureux », rapporte le directeur de la solidarité nationale et du développement social au ministère des Affaires sociales (Minas), par ailleurs coordonnateur de l’opération pilote de suivi et d’observation des enfants de la rue (Edr) en vue de leur retrait du centre commercial de la ville de Yaoundé, Henri Nyambi III Dikosso.

L’Ice est assez spacieuse. Elle s’étend sur 104 hectares. Pour le moment, elle peut héberger plus de 200 pensionnaires. Son directeur, Oswald Mabali, l’a fait savoir le 29 juin dernier au cours de la cérémonie de placement de ces jeunes. Parmi les nouveaux venus, on dénombre 37 Camerounais, deux ressortissants du Nigeria et un de la Centrafrique (Rca), ramenant ainsi l’effectif  total des pensionnaires à 72. Cette cuvée a été logée au «pavillon les Brebis» qui a été entièrement rénové par l’équipe du colonel Jackson Kamgain [génie militaire].

Surexcités, les nouveaux occupants visitent le dortoir tout sourire, sous le regard amusé du ministre des Affaires sociales, Pauline Irène Nguene [qui a entre autres visité le nouveau bâtiment administratif, le réfectoire et les ateliers].  Les ex-edr lui promettent obéissance, travail et surtout un séjour sans fugues. «Nous n’allons plus retourner dans la rue. Vous avez rempli votre part du contrat. Nous allons également remplir la nôtre. Nous vous promettons ainsi qu’aux encadreurs de rester sages et  de bien suivre nos différentes formations », déclare leur porte-parole.

Ils sont nombreux à avoir sollicité une formation professionnelle. L’Ice de Bétamba a tout ce qu’il faut pour ce nouveau départ. Ils seront entre autres  formés en menuiserie, mécanique-automobile. Plusieurs ont un penchant pour  la mécanique-automobile. «Mon père est chauffeur de camion. Je veux être comme lui», confie enthousiaste Moussa. Durant trois ans, il va se familiariser aux différents engins et s’adapter à ce nouvel environnement. Pour faciliter l’intégration des nouveaux, les jeunes occupants des lieux leur ont souhaité une chaleureuse bienvenue. Ils ont également séduit les invités. En plus de la formation qu’offre l’Ice, ils ont appris à confectionner des porte-monnaie et des barrettes pour cheveux avec pour matière première la coque de noix de coco. Les hôtes sont fascinés. «Le porte-monnaie coûte 1000 Fcfa et la barrette quant à elle coûte 500 Fcfa  madame», lance un pensionnaire [ex-enfant de la rue] en vantant son œuvre. « Madame mes produits sont de bonne qualité», précise-t-il flatteur. Pour les encourager, de nombreuses pièces sont achetées.

Projet pilote

Arriver à ce stade de resocialisation n’a pas été une tâche facile pour monsieur Nyambi et son équipe. Depuis le  1er avril dernier, jour du  lancement de l’opération pilote de suivi et d’observation des enfants de la rue en vue de leur retrait du centre commercial de la ville de Yaoundé dans un contexte de lutte contre le COVID-19, 162  enfants avaient été conduits dans des centres sociaux.  Seuls 145 ont été suivis pendant trois mois [30 juin 2020, date à laquelle le projet a pris fin]. « Il y a eu des fugues et des exclusions », apprend-on. Cet effectif légèrement réduit  a été pris en charge par les travailleurs sociaux du Minas affectés dans les centres sociaux de Yaoundé 1er, 2, 5e et au Centre d’écoute et de transit de Yaoundé (Cety).

Là-bas, ils ont bénéficié des prestations sous forme d’ateliers et de cliniques. Les activités s’y sont déroulées entre 06 et 18h. Un accent a été mis sur l’hygiène corporelle, vestimentaire, la propreté et l’hygiène environnementale. «Le counseling, le conditionnement et la prise en charge sanitaire n’ont pas été oubliés», avait déclaré le directeur du Cety, Adalbert Atangana, le 14 avril au cours de la réunion sur l’état des lieux de ladite opération.

Ce jour-là, les responsables des centres ont fait savoir que les enfants  regagnent les dortoirs autour de 21h et que les encadreurs procèdent à l’appel et au comptage physique avant le coucher. Les équipes de nuit étaient composées  des anciens enfants de la rue (leaders) et des éléments des forces de maintien de l’ordre et de sécurité. Question de dissuader les fugueurs.

Loin d’être des maisons correctionnelles, les jeunes ont eu droit également à des activités ludiques et sportives. Ces activités ont permis à certains enfants de se découvrir des aptitudes. C’est le cas de Daniel A., une jeune  qui a demandé à intégrer une académique de football et à en croire les travailleurs sociaux,  une démarche a  été entamée à cet effet. Une révélation faite au cours de la réunion d’évaluation de l’opération pilote de suivi et d’observation des enfants de la rue en vue de leur retrait du centre commercial de la ville de Yaoundé dans le contexte de la lutte contre le COVID-19, le 30 juin dernier.

Cette concertation à laquelle ont participé les acteurs et les partenaires tels que le Sed, la Dgsn, les communes d’arrondissement du département du Mfoundi, le Fne a permis de féliciter l’équipe de monsieur Nyambi et de faire des recommandations. Le renforcement de la sécurité, l’appui des partenaires pour une meilleure prise en charge des ex-edr en sont quelques-unes.

Newsletter: Restez au courant de l'actualité

Loading

- Publicité -

AGENDA

Festival des musiques et danses patriomoniales

première édition de Business Coffee Break

Tous nos évènements
Mutations SHOP