Samedi, 15 December 2018
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Réglementation: le mal est dans le décret

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Quelques syndicats de ce secteur d’activité donnent les raisons d’un échec presque programmé.
Par Blaise Djouokep

Le président du Syndicat national des employés du secteur des transports terrestres (Synester), Jean Collins Ndefossokeng, est formel, lorsqu’il déclare que l’opération d’identification des moto-taxis a été faussée à la base. « Il est important de faire la différence entre moto-taxis et moto-taximen ; la différence entre l’objet et le sujet. Donc, on identifie le sujet et on immatricule l’objet ; vous comprenez donc que l’échec de ces opérations qu’on enregistre partout est congénital au décret qui encadre la
profession, décret conçu à l’exclusion des syndicats des travailleurs et où un réel amalgame avait été fait », révèle-t-il.

A en croire notre source, l’accent a été mis sur l’identification, alors que le plus important est l’immatriculation, dans la mesure où, indique-t-il, « on n’identifie pas la moto, mais on l’immatricule. A partir de l’immatriculation, on a automatiquement la trace du propriétaire. Mais, un amalgame s’est fait au profit des municipalités qui en ont profité pour avoir la main mise sur ce bétail électoral ». A l’instar du président du Synester, Georges Bédimé, secrétaire général du bureau exécutif des moto-taxis, a éga-
lement du mal à comprendre le décret du Premier ministre Inoni Ephraim du 3 décembre 2008 qui délimite les zones dans lesquelles les conducteurs d’engins à deux roues à titre onéreux doivent circuler.

« Il est inadmissible que l’on demande aux moto-taximen d’aller se former dans les autoécoles et après leur dire de ne pas circuler dans telle ou telle zone. Ça c’est de la discrimination. De plus, jusqu’aujourd’hui, on n’a jamais ressorti les zones périphériques de ces centres urbains », vocifère-t-il. Certains y sont même fortement opposés. Et pour preuve, dans les artères de la capitale économique, les conducteurs de mototaxis transportent deux ou trois personnes, ils stationnent dans tous les carrefours, roulent dans tous les sens et effectuent des dépassements dangereux.
Une délinquance qui les a poussés à transgresser l’interdiction de circuler dans les quartiers Bali et Bonapriso.

Au point où ceux des « bendskinneurs » qui adhèrent à cette opération dénoncent deux maux : la lenteur et le laxisme. « Je me suis fait enregistrer il y a près de six mois
et depuis lors, je n’ai aucune suite », fait remarquer Olivier, conducteur de moto résidant à Douala 4ème où, d’après Serge Laclong, responsable de l’enregistrement des moto-taxis à Douala 4ème, seulement 93 moto-taxis sur près de 800 que compte cet arrondissement ont été identifiés et habillés. « Le problème ne vient pas de nous. Nous avons acheminé les noms de ceux qui se sont enregistrés à la Cud, mais ces noms n’ont pas été enregistrés dans la machine », explique-t-il.

Selon le président du Synester, la lenteur s’explique par la non-implication des acteurs de ce secteur et la violation de la convention 98 de l’Organisation internationale du travail (Oit) sur le droit d’organisation et de négociation collective. Jean Collins Ndefossokeng relève que le droit d’identifier les moto-taximen revient aux syndicats qui seuls ont le droit d’organiser la profession et assurer la défense de leurs membres. Il préconise par ailleurs l’éloignement immédiat des municipalités de l’organisation de l’activité de moto-taximan, laquelle doit être confiée aux travailleurs du secteur et aux syndicats.

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