Dimanche, 8 December 2019
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Rdpc:déroute des dinosaures à l’Assemblée nationale

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« Afin d’arrimer le parti aux évolutions démographiques et sociologiques de notre pays, il est vivement recommandé : d’encourager l’émergence de nouvelles figures, notamment dans le cas des candidats bénéficiant de la retraite parlementaire ».

Par Jean De Dieu Bidias  

Cet extrait de la circulaire du président national du Rdpc, Paul Biya, relative aux opérations d’investiture des candidats du son parti à l’élection des députés à l’Assemblée nationale du 09 février 2020, est un terrible revers pour les fossiles politiques qui blanchissent sous le harnais de la chambre basse du Parlement. A 79 ans aujourd’hui, le président de cette institution, Cavaye Yeguié Djibril, est certainement la personne la plus visée par cette mesure. Elu député pour la première fois en 1970, le lamido de Mada dans le Mayo-Sava (Extrême-Nord) occupe le perchoir de l’Assemblée depuis 1992. Pour le président de la République, il doit être extrêmement difficile de se séparer d’un fidèle de sa trempe, mais la messe pourrait avoir été dite pour l’ancien professeur d’éducation physique et sportive.

Selon des indiscrétions d’un membre du comité central du Rdpc, tous les députés du parti ayant passé trois mandats à l’Assemblée nationale sont priés de passer la main. Ils ne pourraient être reconduits que si dans leur circonscription électorale, il n’y a pas de listes concurrentes du parti. Chauffé à blanc depuis une vingtaine d’années, Touda Kla qui avait challengé Cavaye Yeguié Djibril lors des primaires de 2002 et 2007 organisées au sein du Rdpc en vue des élections législatives de cette année-là et qui accusé le Pan d’avoir truqué les votes, doit certainement se frotter les mains. En 2013, ce fonctionnaire devenu célèbre par son opposition farouche à celui qui est par ailleurs son autorité traditionnelle, avait été stoppé net par l’option des investitures. Mais Cavaye va-t-il se laisser faire aussi facilement ? Ou alors prendra-t-il le risque de candidater, s’exposant ainsi à l’humiliation qu’il a subie en 2013 ? Après avoir constitué son dossier pour faire partie de la première cuvée des sénateurs camerounais sans l’aval de Paul Biya, il s’était vu refuser l’investiture.

Le cas Cavaye est certes le plus emblématique, mais il n’est pas unique. La plupart des membres des commissions de l’Assemblée nationale sont visés par cette mesure. C’est le cas de la présidente de la fameuse commission des finances, Rosette Ayayi, ou encore de Jean Bernard Ndongo Essomba, président du groupe parlementaire Rdpc. Il est à préciser que cette retraite parlementaire qu’évoque pour la première fois Paul Biya n’est prévue dans aucune loi. Son instauration pourrait s’inscrire dans une volonté de faire élire à l’Assemblée nationale des personnes plus conscientes des enjeux de l’heure. L’idéal, toutefois, serait qu’elle s’applique à tous, et non qu’elle soit à tête chercheuse. Connaissant les usages dans le Rdpc, certains pourraient se servir de la mesure du président national du parti pour régler des comptes.

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