Mercredi, 23 Mai 2018
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Rdpc. Le tournant de Yaoundé VI

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Yaoundé VI

Dans l’histoire trentenaire agitée du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), il faudra désormais compter avec ce qu’il convient d’appeler « le tournant de Yaoundé VI ». Deux fois décapitée par la Grande Faucheuse, cette commune grouillante d’activités économiques, qui s’étend sur les quartiers cosmopolites Melen, Biyem-assi, Mendong, Etoug-Ebe, etc., vient une fois de plus de défrayer la chronique.

Par Georges Alain Boyomo

Après la mort du dernier magistrat municipal, Paul Martin Lolo, le siège est resté vacant au-delà de la lisière prévue par la loi. Surfant sur la vague du statu quo et de leurs intérêts nombrilistes, des crocodiles  du marigot politique de la capitale ont soufflé à l’oreille du secrétaire général du comité central du Rdpc qu’il valait mieux attendre 2018, année théoriquement prévue pour les élections municipales, pour remplacer le défunt maire.

Mais la détermination du préfet du Mfoundi, Jean Claude Tsila, sans doute soutenu par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Minatd), René Emmanuel Sadi, habitant de la commune de Yaoundé VI, n’a fait qu’une bouchée des manœuvres de certains apparatchiks du Mfoundi. L’intérim à Yaoundé VI a donc été stoppé net.

Mais jamais à court d’une manigance, des caïmans de Yaoundé vont faire feu de tout bois afin d’obtenir du secrétariat général du comité central que le nouveau maire soit désigné et non élu. Un verrouillage qui passe mal aux yeux de la majorité des conseillers municipaux. Qui s’opposent à un premier passage en force. Au bout d’un exercice démocratique, la seconde joute tourne sans ambigüités à l’avantage de Jacques Yoki Onana. Malgréune cote de popularité flamboyante au sein de la section locale et du conseil municipal, celui-ci a été prié par des « aînés » de se contenter du poste de premier adjoint. Les mêmes qui lui avaient fait le coup quelques années auparavant, invoquant qu’il était encore un jeune de…45 ans.

Rdpc à Yaoundé VI

La victoire de Yoki Onana consacre la révolte de la base du parti au pouvoir sur un sommet qui s’obstine à lutter contre les moulins à vent, allongeant chaque jour la liste des frustrés au Rdpc. Si l’on peut saluer la démarche du ministre Eyebe Ayissi, le délégué du comité central du Rdpc à Yaoundé VI, qui a tout de suite compris qu’il fallait laisser la démocratie prévaloir et qui a convaincu l’administration du parti qu’il ne pouvait en être autrement, l’entêtement de certains faucons tapis dans la technostructure basée au Quartier du lac inquiète.

Si le calendrier électoral est respecté, il n’est pas exclu que la pilule des « investitures » soit une fois de plus imposée, en 2018, à ceux qui aspirent à un mandat de sénateur, député ou conseiller municipal, sous la bannière du flambeau ardent. Mais, osons le croire, rien ne sera plus comme avant au Rdpc après le tumultueux feuilleton de Yaoundé VI. Le message qui gronde de cette commune s’adresse aussi à la majorité des parlementaires Rdpc qui considèrent la « discipline du parti » comme un bâillon ou une camisole de force. Le tribunal de l’histoire, lui, fera l’impasse sur cette excuse, sans doute trop belle pour absoudre ces élus du peuple.

 

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