Dimanche, 9 December 2018
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Rdpc : La jeunesse dans la périphérie

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Largement majoritaire au Parlement et dans les conseils municipaux, c’est assurément gonflé à bloc que le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) avance vers le 07 octobre 2018, date de l’élection du présidentielle.

Par Georges Alain Boyomo

Agé de 86 ans dont 36 de magistrature suprême, Paul Biya, le candidat investi par le Rdpc, passe pour un ogre devant les loups, jeunes et moins jeunes, en course pour le fauteuil présidentiel.

Mais à mesure que la campagne électorale égrène son chapelet, on perçoit la difficulté qui est celle de la famille politique au pouvoir aujourd’hui. Celle de proposer un message nouveau porté par des messagers qui ne sont pas rouillés aux yeux de l’opinion nationale. Celle de ne pas laisser prospérer l’idée selon laquelle le disque du Renouveau est rayé et que le projet politique du président Biya est porté par les mêmes gens qui ont échoué à lui permettre de remplir, en trois décennies de pouvoir, le contrat social avec le peuple.

La constitution des équipes de campagne au sein du Rdpc conforte ce sentiment de confiscation des leviers d’action pour une classe politique, généralement déphasée des aspirations légitimes de la base, et plus apte à combattre pour préserver ses prébendes, que pour l’intérêt général. Le constat est têtu. L’élite en responsabilité au sein du Rdpc étouffe littéralement la jeunesse de cette formation politique, qui, souvent par peur de représailles, souffre en silence.

Pourtant, le discours officiel au sein du « parti du flambeau ardent » ouvre un boulevard à l’expression du dynamisme des jeunes. Dans son discours de politique générale, le 15 septembre 2011, à l’occasion du 3e congrès ordinaire du Rdpc, Paul Biya déclarait ainsi : « Nous devons redonner l’espoir à nos jeunes. C’est pourquoi, tant dans le processus de rénovation de notre parti que dans la gestion des charges publiques, nous encourageons plus encore le rajeunissement des appareils dirigeants. Faire une place significative à la jeunesse, c’est la préparer à prendre la relève, notre relève ».

Plus proche de nous, dans son message à la jeunesse, à l’occasion du 11 février 2018, le président de la République indiquait : « Vous [les jeunes, ndlr] êtes fortement interpellés par la nation. Car, c’est vous en effet qui, dans les décennies à venir, serez en charge de la conduite de notre pays. Il convient donc que vous soyez à la hauteur de l’enjeu, en disposant de compétences et de l’expérience requises ».

Mais la question est de savoir comment les jeunes peuvent acquérir de l’expérience lorsqu’ils sont confinés à la périphérie. La campagne électorale en cours est confisquée par les barons du Rdpc, en prévision de la redistribution des cartes qui intervient généralement après la présidentielle. La cérémonie de présentation du livre « Pour le libéralisme communautaire » à Yaoundé en est une preuve éclatante, parmi d’autres.

Sur un plateau de télévision de la place, le parti au pouvoir a même réussi l’exploit d’envoyer un sexagénaire pour challenger un candidat âgé de… 38 ans, comme si le Rdpc avait honte de sa jeunesse. Résultat des courses, la consistance reconnue du ministre en question a été éclipsée par l’exubérance et le doigté oratoire de son vis-à-vis. De la sortie du membre du gouvernement, les réseaux sociaux, qui influencent l’opinion publique, ne retiennent finalement que cette saillie : « Je sais, mais je ne dis pas… ». Dommage, mille fois dommage !

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