Dimanche, 18 Avril 2021
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Prolongation d’activité:Paul Biya ou la force du pouvoir discriminatoire

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Le chef de l’Etat maintient en poste, pour deux ans encore, la plupart des préfets admis pour une énième fois à la retraite depuis le 31 août dernier et en envoie une dizaine au quartier.

Par Jean De Dieu Bidias

Un vaste remaniement est attendu dans le commandement territorial depuis le 31 octobre dernier, avec l’expiration de la prolongation d’activité de 10 mois accordée le 07 octobre 2019 à 64 fonctionnaires de ce corps, dont 34 préfets de département (sur 58). Le président de la République, comme à l’accoutumée, ne se presse que lentement pour signer le décret qui charrie tant d’attentes chez les administrateurs civils en attente d’une promotion. Un signe annonciateur de la fumée blanche, tout de même, c’est le texte signé le 03 décembre dernier par Paul Biya, accordant une prolongation d’activité de deux ans, « dans l’intérêt du service », à 39 fonctionnaires. Environ 80% des bénéficiaires du décret du 07 octobre 2019 se retrouvent sur cette liste qui a provoqué un tollé, d’autant que, largement frappés par la limite d’âge, certains parmi eux ont déjà bénéficié de plusieurs prolongations d’activité.

C’est le cas, entre autres grands noms de la préfectorale  qui se maintiennent à la tête des départements sur la base de critères absolument  flous, de Rachel Nga Zang (Kadey à l’Est), l’une des deux femmes à avoir jusque-là occupé le poste de préfet, qui a 61 ans et qui aurait dû aller à la retraite il y six ans ; de Patrick Simou Kamsu, 60 ans, préfet de la Lekié (Centre), qui aurait dû faire valoir ses droits à la retraite à partir de 2015 ; ou encore Emmanuel Ledoux Engamba, préfet du Fako (Sud-Ouest), qui est dans la même fourchette. Ne figurent pas dans le dernier décret présidentiel, ce qui rend d’ailleurs certain un mouvement dans le commandement territorial dans les tout prochains jours, des noms tels que Fritz Dikosso Seme (préfet de la Vina dans la l’Adamaoua), 60 ans révolus, Fouapon Alassa (préfet de la Mifi à l’Ouest), ou encore David Koulbout Aman, préfet du Dja et Lobo (Sud), tous bénéficiaires de la prolongation activité du 07 octobre 2019 au 31 août 2020.

Equité

La mise à la retraite de cette dizaine de patrons de département libère, certes, quelques places pour les administrateurs civils qui rongent leur frein depuis plusieurs années, mais elle pose un gros problème d’équité. Pourquoi seulement eux, alors que les 10 gouverneurs de région sont tous frappés par la limite d’âge – ils vont à la retraire à 55 ans ? Pour beaucoup, en tout cas, les dérogations spéciales accordées à des fonctionnaires pour exercer au-delà de la limite d’âge, qui relèvent certes du pouvoir discrétionnaires du président de la République, sont de plus en plus discriminatoires. En tout état de cause, le fait pour des retraités de s’éterniser au sommet de l’échelle administrative, c’est-à-dire, à des postes de gouverneur de région ou, juste avant, à ceux de préfet de département, remet en cause le droit de la plus grande majorité des fonctionnaires du commandement territorial à aspirer à une promotion, et porte un sérieux coup sur leur carrière en termes d’avancement professionnel.

Quelques préfets mis à la retraite :  

1. Fritz Dikosso Seme (Vina)

2. Albert Mekondane Obounou (Logone et Chari)

3. Fouapon Alassa (Mifi)

4. Théophile Jean Roger Baourou Alim (Nyong et Mfoumou)

5. Bernard Djiomo (Djerem)

6. David Koulbout Aman (Dja et Lobo)

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