Dimanche, 21 Octobre 2018
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Procréation médicalement assistée(Pma): l’argent manque le plus

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Procréation médicalement assistée

Ceci ne fait plus l’ombre d’un doute. Le Centre hospitalier de recherche et d’application en chirurgie endoscopique et reproduction humaine(Chracerh) de Yaoundé a démontré son efficacité dans la solution de l’infertilité. Des femmes, même à l’âge de la ménopause ont pu avoir des bébés, grâce à la procréation médicalement assistée (Pma). Mais si dans des pays comme la Tunisie, la procréation médicament assistée a été rendue accessible à la majorité des couples qui la sollicitent, grâce au système d’assurance santé universelle, au Cameroun, se procurer ce service reste possible pour une minorité des privilégiés. Bien que 40% de couples soient incapables de procréer de manière naturelle.
Par Adrienne Engono Moussang

«La fécondation in-vitro coûte 1 million de francs cfa au Centre hospitalier de recherche et d’application en chirurgie endoscopique et reproduction humaine (Chracerh) quand vous avez vos médicaments. Quand vous n’en avez, elle revient à 1,5 million de Fcfa (…). Alors ceux qui disent qu’il faut deux ou trois millions Fcfa ne
disent pas la vérité ». Ainsi s’exprimait le Pr Jean Marie Kasia, directeur du Chracerh. C’était il y a un an, lors des premiers accouchements officiels des enfants issus de la
procréation médicalement assistée.

Mais combien de couples sont-ils capables de s’offrir ce « luxe » pour emprunter le mot au Pr Nana Philip Njotan, gynécologue-obstétricien et membre de la Société came-
rounaise de gynécologie-obstétrique. « La procréation médicalement assistée est une médecine  de luxe et ne doit pas être un problème prioritaire au Cameroun. Même s’il est vrai que l’infertilité est un problème de santé publique », indiquait-il au cours d’un échange sur la question à Yaoundé. L’enquête démographique de santé (Eds) réalisée en 2011 mentionne qu’au moins 40 couples sur 100 sont affectés par les problèmes d’infertilité.

Des médecins confient que 60% des consultations dans les services de gynécologie
des formations hospitalières, sont liées à l’infertilité. Très rapidement renvoyée à la femme, la non-survenue d’enfant dans un couple a des conséquences sociales très graves. Conséquences qui vont souvent jusqu’aux divisions entre les familles, voire des contrées tout entières. L’autre triste réalité est le vol des bébés auquel des femmes se livrent, pour pouvoir se maintenir en couple et éviter les injures de la belle-famille.

C’est dire que si le débat sur certaines formes de procréation médicalement assistée se pose en d’autres termes en Occident, la question mérite une attention au même titre que celle vouée aux pathologies comme le paludisme, le vih/sida, etc., si l’on veut aider la femme à garder sa dignité. Puisque l’homme se dédouane souvent. Même si, gynécologue-obstétricien au Centre hospitalier universitaire (Chu) de Yaoundé, le Pr Pierre Marie Tebeu supporte qu’ « il y a des causes qui sont retrouvées chez l’homme ou la femme à des proportions égales ».

La science
L’enseignant de médecine peut alors lister entre autres : « les troubles de l’ovulation, les troubles de la réceptivité du sperme, les difficultés de migration du spermatozoïde
(comme dans l’obstruction tubaire due à une maladie inflammatoire pelvienne (Mip), cause de 50% d’infertilité), chez la femme ». S’agissant des causes chez l’homme, il évoque « l’azoospermie et les troubles d’érection ». A côté des couples qui s’attardent à se rejeter la responsabilité de la stérilité, il existe ceux qui, désirant changer leur
statut, sollicitent des scientifiques. Même si l’on n’a pas leur nombre officiel, ceux-ci doivent alors braver d’autres obstacles.

Les échecs des essais. Ce n’est pas forcément au premier coup que tout marche à merveille. « Ma sœur s’est appauvrie parce qu’elle voulait avoir un enfant. Dom-
mage qu’au bout de trois essais, son rêve ne se soit pas réalisé », témoigne Léonce Mbeng, habitante de Yaoundé.  Le Pr Kasia ne dit pas le contraire. « Nous ne faisons pas de miracle, nous faisons en fonction de ce que la science prévoit. Qu’est ce que la science prévoit ? Elle prévoit un taux de grossesse qui est de 20 à 25%. La fécondité naturelle elle-même n’est que de l’ordre de 25%.

C’est-à-dire que vous prenez 100 couples normaux, l’homme est normal la femme aussi, vous n’aurez que 20 à 30% au maximum qui vont avoir une grossesse par cycle. Or à l’époque, nous avons commenlcé par 16% de grossesse quand nous étions à l’hôpital général. Maintenant nous sommes passés à 33.3% de grossesses, et en termes clairs, 60 à 70% de taux d’échec », reconnait-il. Faute de moyens, l’église est souvent le dernier recours pour certains. Beaucoup doivent d’ailleurs le bonheur d’être parent aux hommes de Dieu.

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