Mercredi, 24 Juillet 2019
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Election: les « experts » de la présidentielle

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Les candidats à la présidentielle de 2011

Avril 2016, Emmanuel Macron, le ministre français de l’Economie, lance son mouvement « En marche ». Ceci est l’aboutissement logique d’une série de déclarations provocatrices et de sorties tapageuses qui ont duré plusieurs mois, et qui n’ont laissé aucun doute sur son intention de briguer la magistrature suprême. Nous sommes alors à treize mois de la prochaine élection présidentielle et dans les états-majors des partis, c’est déjà la surchauffe. Toutes proportions gardées, au Cameroun, sauf glissement de calendrier, l’élection présidentielle se tiendra dans 18 mois, en octobre 2018, si l’on s’en tient au calendrier électoral. Dans plusieurs partis politiques, c’est déjà la veillée d’armes, avec des congrès qui se tiendront tout au long de l’année en cours. A côté de ceux-ci, l’on note ces hommes politiques dont l’existence dure le temps d’une élection présidentielle. Ils sont 11 recensés sur les 23 candidats à l’élection de 2011, qui ont quitté la scène une fois les projecteurs éteints sur le scrutin présidentiel. Si certains se sont illustrés par des sorties sporadiques, qui plus est sur des plateaux de chaînes télé, d’autres, par contre, se sont totalement fondus dans le paysage, délaissant la scène politique. Mais, tous ou presque sont sûrs d’une chose : ils seront de nouveau candidat à la prochaine élection présidentielle.

Mutations est allé à la rencontre de ces hommes politiques, « spécialistes » de la présidentielle.

 

Joachim Tabi Owono : Déçu par la présidentielle

Par Ludovic Amara

Joachim Tabi Owono

Pour Joachim Tabi Owono, l’Action pour la méritocratie et l’égalité des chances (Amec), le parti dont il est le président national, n’a pas disparu de la scène politique après l’élection présidentielle de 2011. Il cite pour preuve les législatives de 2013, qui ont vu la participation de son parti, mais aussi le point de vue de l’Amec qui est donné sur toutes les grandes problématiques qui interpellent la nation. Lesquelles ? « Il y a eu le problème de la rotation de la présidence entre les dix régions. Vous voyez, la question revient aujourd’hui avec le problème anglophone ». Pour ce qui est de l’élection présidentielle à venir, Joachim Tabi Owono n’a qu’un instant d’hésitation : « Je ne suis pas sûr que je serai candidat », lâche-t-il. Et pour cause, « l’élection de 2011 m’avait un peu déçu, parce qu’il y avait une pléthore de candidats ». Avec 0.119% de voix à la dernière élection présidentielle, soit 5795 de suffrages valablement exprimés sur près de 5 millions de votants, l’Amec a fait piètre figure en 2011. Joachim Tabi Owono, son candidat, est classé 22ème sur les 23 qui ont pris part à ce scrutin. Depuis lors, cet ingénieur agronome de 61 ans est moins présent sur la scène politique. Joachim Tabi Owono n’est pourtant pas un novice dans l’arène politique et traine derrière lui une longue carrière de candidat à la présidentielle. En 1997 déjà, il se présente à la magistrature suprême. Mais en 2004, il laissera le champ libre au champion du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), le chef de l’Etat Paul Biya, candidat à sa propre succession. Joachim Tabi Owono reviendra en 2011. Le président de l’Amec avoue beaucoup se consacrer à ses activités religieuses, notamment à la paroisse Saint Pierre de Kong, au quartier Essos à Yaoundé. La seconde tentative de discuter de ses activités politiques depuis l’élection de 2011 le trouvera d’ailleurs « à la messe au village », dans le département du Nyong-et-So’o, où il se consacre également à l’agriculture.

 

Victorin Hameni Bieleu:Je suis épuisé

Par Lucien Bodo

Victorin Hameni Bieleu

Epuisé. Ce mot revient plusieurs fois au cours de la conversation. La rencontre a lieu dans un bâtiment au carrefour Intendance à Yaoundé. Le président de l’Union des forces démocratiques du Cameroun (Ufdc), Victorin Hameni Bieleu, donne les raisons de l’effacement de son parti de la scène politique. En effet, la dernière fois que l’Ufdc a fait parler d’elle, c’était en 2011, lors de la dernière élection présidentielle : « Ça ne sert plus à rien de crier. Depuis 1992, on réclame un système électoral équitable, mais notre message ne passe pas. On a plutôt l’impression que même les Camerounais ne croient pas en ce que nous faisons. Je suis épuisé », explique-t-il, l’air dépité. L’Ufdc a donc choisi de travailler dans l’ombre, pour réapparaître beaucoup plus fort dans la lumière. Ceci, loin des soubresauts de la vie politique, marquée actuellement par la crise anglophone. Sur ce sujet d’ailleurs, l’expert des questions en défense internationale se montre plutôt discret. Juste quelques apparitions épisodiques sur des plateaux de télé, pour expliquer que la solution à cette crise passe par une réelle décentralisation. Mais au-delà de la lassitude, le silence de Victorin Hameni Bieleu repose aussi sur une vision de l’avenir : préparer la relève à la tête du parti. Dans ses explications, un nom surgit : Jules Kontchou Ngadeu, un jeune camerounais vivant aux Etats-Unis. « Il est presque prêt. Il représente l’avenir. Il faut juste encore régler quelques détails », confie celui qui révèle par ailleurs qu’il ne sera pas candidat à l’élection présidentielle prévue en principe pour octobre 2018.

 

Marcus Lontouo : Congressiste en congé

Par Jean De Dieu Bidias

Marcus Lontouo

 

Les guéguerres qui travaillent la vie du Congrès national camerounais (Cnc) depuis la présidentielle de 2011 ne devraient plus lui donner le droit de revendiquer le statut de parti politique, nonobstant son existence légale. Une partie de ses militants avait, au lendemain de la présidentielle de 2011, exigé la tenue d’un congrès extraordinaire à l’effet d’éjecter Marcus Lontouo, son candidat à ce scrutin de la présidence du parti. Ils l’accusaient de n’avoir pas fait la lumière sur l’utilisation des 30 millions Fcfa alloués au parti pour la campagne. Et tout se passe comme si lui-même n’a pas fait beaucoup d’efforts en vue de faire revenir l’esprit de Noël dans la maison. Marcus Lontouo avait dénoncé en 2012 une campagne de dénigrement contre sa personne et commençait à se méfierquelque peu de la politique. Six ans après sa première présidentielle qui avait débouché sur une sérieuse déculottée (il avait enregistré un score de 0,16%), rien ne semble indiquer qu’il affrontera de nouveau Paul Biya en 2018. Il est permanemment injoignable. Après moult tentatives infructueuses, Mutations a eu au téléphone, en fin de semaine dernière, celui qui a soufflé officiellement sa cinquantième bougie le 18 mars dernier. Il s’occupe de ses affaires privées à Kribi et pense de moins en moins à la politique. Titulaire d’un diplôme d’études supérieures en ingénierie industrielle, Marcus Lontouo proposait dans son programme politique, le blocage des prix de 50 produits et médicaments de première nécessité, ainsi que le blocage du prix de l’électricité ; la gratuité de l’eau pour maîtriser et stabiliser le pouvoir d’achat des Camerounais, etc.

 

Hubert Kamgang : Il faut passer la main

Par Dimitri Mebenga

Hubert Kamgang

Un boubou de couleur jaune frappé des images de Nkwame Nkrumah et du continent africain, accompagné d’un pantalon noir et d’une paire de sandales. Ainsi est vêtu Hubert Kamgang, président de l’Union des populations africaines (Upa), que nous rencontrons jeudi 13 avril au quartier Bastos, à un peu plus de 12h. Son parti politique voit le jour le 1er septembre 1996. C’est sous cette bannière qu’il est candidat aux élections présidentielles de 1997, 2004 et de 2011. Depuis la dernière élection, l’homme politique consacre son quotidien non seulement à sa carrière d’écrivain, mais aussi à ses activités politiques, en expliquant notamment sa ligne politique dans les médias. Il a publié en 2012, aux éditions Lupeppo, un livre intitulé : « Ce pour quoi je me bats, vision d’homme d’Etat de l’Afrique renaissante ». Du même auteur, on peut retrouver dans les librairies, « Au-delà de la conférence nationale pour les Etats-Unis d’Afrique », paru aux éditions L’Harmattan en 1993. A près de vingt-et-un mois de la présidentielle, le président de l’Upa se dit non partant : « Je travaille actuellement avec certains syndicats ouvriers avec qui nous allons former une coalition pour présenter un candidat unique lors des prochaines consultations électorales (présidentielle, législatives, municipales…), mais je ne me porterai plus candidat à la présidentielle. Il faut passer la main aux plus jeunes », conclut-il.

 

Daniel Soh Fone: des lendemains de campagne difficiles

Par Ludovic Amara

Daniel Soh Fone

Arrivé 23ème sur 23 candidats à la présidentielle de 2011, Daniel Soh Fone garde de ce scrutin un goût amer. « Vous savez que ce n’est pas facile. Ce n’est pas du tout facile. Vous savez, après la campagne, ce n’est pas facile. C’est dur, une campagne électorale. Ce n’est pas un jeu d’enfants. Ce n’est pas n’importe quoi. Ce n’est pas un réunion familiale », répète le leader du Parti socialiste unifié (Psu). Le comptable à la retraite ne semble pas encore s’être remis de cette expérience et pointe les difficultés auxquelles est confrontée sa formation politique depuis 2011, notamment pour avoir des élus, mais également les parrainages nécessaires pour se relancer dans une nouvelle aventure. « Vous ne voyez pas des élus, des conseillers municipaux, des députés ou des chefs traditionnels vous parrainer ?», explique-t-il, avant d’élaborer sur les activités du Psu depuis 2011 : « On se bat pour regrouper les Camerounais, pour les former à la chose politique. Pour que tous les Camerounais s’approprient la politique». Daniel Soh Fone plaide pour un meilleur code électoral qui consacrerait une élection à deux tours, condition sine qua non pour un scrutin crédible en 2018. Agé de 60 ans, le président du Psu révèle que l’opposition se concerte pour une candidature unique en 2018, mais n’en dit pas plus quant à sa candidature une fois de plus. Daniel Soh Fone avait appelé à voter pour le candidat du Rdpc, Paul Biya, aux scrutins présidentiels de 1997 et 2004.

 

Isaac Feuzeu : Toujours proche d’Etoudi

Par Mélanie Ambombo

Isaac Feuzeu

Après plusieurs tentatives infructueuses, nous pouvons enfin entrer en contact avec cet homme politique, la cinquantaine, qui a obtenu 0.190% à la dernière élection présidentielle. Le président du Mouvement pour l’émergence et le réveil citoyen (Merci) nous donne rendez-vous à 16h au siège national de son parti, le 13 avril, au quartier Etoudi à Yaoundé. Le siège du Merci est une pièce exiguë au dernier étage d’un bâtiment qui en compte deux. Avant, une fillette est chargée de passer le plumeau dans cette salle qui tient du bazar. C’est un Isaac Feuzeu fier de son 17ème rang (sur 23 candidats, Ndlr) à la présidentielle de 2011 qui nous reçoit dans une tenue soignée. L’homme, qui voit la proximité géographique du siège de son parti avec le palais présidentiel comme un signe de la providence, affiche un air très sérieux. « Nous n’avons pas disparu de la scène politique. C’est juste que nous ne sommes pas très médiatisés, mais nous effectuons un gros travail sur le terrain. J’en veux pour preuve, l’installation des comités de base sur le triangle national », se défend d’entrée de jeu le natif du département des Hauts-plateaux, dans la région de l’Ouest Cameroun. Ce chef d’une entreprise de transports en profite pour faire un bilan de ses activités politiques. Il cite notamment la participation à la célébration du cinquantenaire de l’indépendance et de la réunification du 20 février 2014 à Buea. Il affirme aussi avoir fait des descentes à Eseka et à l’Hôpital central de Yaoundé à la suite du drame ferroviaire du 21 octobre 2016. Il promet d’ailleurs que le Merci sera présent aux élections de 2018.

 

Jean Njeunga : Il y croit toujours

Par Marthe Ndiang

Jean  Njeunga

A la prochaine élection présidentielle prévue en 2018, Jean Njeunga sera candidat. Candidat, oui ! mais, sous certaines conditions. « En 2018, je serai candidat à la présidentielle si les militants et le reste des Camerounais m’acceptent comme leur candidat. Et surtout, si l’élection est organisée de manière claire et transparente », défend le président national du Front uni du Cameroun (Fuc). Il ajoute : « Egalement, il faudra que d’ici là, le problème de nos frères des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest soit résolu ». Il n’est pas question de parler d’anglophones ou de francophones, soutient l’homme politique qui se définit comme incorruptible. Seulement, le Fuc ainsi que son président ne sont pas, ou très peu visibles sur le champ politique. Jean Njeunga s’en défend. « Ce n’est pas parce que vous ne nous voyez pas marcher en route comme certains partis que vous allez penser que nous ne faisons rien. Le Fuc travaille ! Si vous ne venez pas vers nous pour savoir ce que nous faisons, vous ne le saurez pas. Nous, on ne fait pas de bruit. On n’est pas un parti qui fait de la publicité ». Il précise au passage qu’il a été approché par d’autres formations politiques pour une coalition de l’opposition. Il y « réfléchit encore », nous fait savoir celui qui a engrangé 0.190% de voix en 2011. Dans l’intervalle, Jean Njeunga ne boude pas son plaisir lorsque certains lui donnent du « monsieur le président ». Et pour le candidat à la dernière élection présidentielle – qui s’est surtout fait connaître pour sa campagne d’un autre genre qui a provoqué l’hilarité -, sa candidature en 2018 a encore toutes ses chances de l’emporter. Opérateur économique et « ancien d’église », le président du Fuc annonce la tenue prochaine de meetings. Pour lui, chaque chose en son temps. Et le temps de Dieu a sonné.

 

Georges Dobgima Nyamndi : Rendez-vous pris pour 2018

Par Blaise Djouokep

Georges Dobgima Nyamndi

 

La participation à l’élection présidentielle de 2018, il n’en fait pas une obsession. Elle ne fait d’ailleurs pas partie de ses priorités, car, à en croire cet enseignant d’université, il y a plus urgent et plus important que le respect du calendrier électoral. « Je ne sais pas si du tourbillon actuel que traverse le pays, on aura le temps de parler de manière posée de l’élection présidentielle. Il y a plus urgent en ce moment que de parler des élections de 2018. C’est vrai, il y a un calendrier, mais le pays doit encore gérer un certain nombre de priorités d’urgence avant de parler de 2018 », excipe le président du Congrès social libéral (Csl). Au rang de ces priorités, l’universitaire pense à l’état sécuritaire du Cameroun. Pour lui, « les élections viennent confirmer un état de fait, coiffer une situation reconnue comme normale par tout le monde. Mais, si le pays est en butte à des velléités, il est urgent que le gouvernement s’en préoccupe avant d’organiser les élections. La partie anglophone du Cameroun est en pleine rébellion. Il est temps que le Cameroun se regarde en face». Il faut d’abord, dit-il, soigner ce pays qui va mal et faire en sorte qu’il aille mieux, afin d’organiser plus tard des élections. « Parler d’élection maintenant, c’est faire montre d’un peu de légèreté. Mais, affirme-t-il, s’il y a élection, on sera de la partie ». Entretemps, le parti s’est occupé à travers sa présence sur la scène publique et à travers des interventions sur des décisions importantes du pays. Quant à Georges Dobgima Nyamndi, il s’est en plus occupé des affaires académiques.

Pierre Fritz Ngo : L’écologiste dans la nature

Par Blaise Djouokep

Pierre Fritz Ngo

 

Pour la prochaine élection présidentielle, Fritz Ngo est presque prêt. « J’ai déjà mon projet de société que je peaufine. J’ai fait le marketing politique, donc, je sais ce que je dois faire le moment venu. Je n’ai pas beaucoup d’argent à mettre en jeu, parce que je connais comment les Camerounais fonctionnent. Ils votent à la tête du candidat. Je me prépare et le moment venu, vous verrez ce que je vais faire ». A un an de la prochaine élection présidentielle, le président du Mouvement écologique (Mec) prépare déjà sa stratégie. Et, depuis la dernière élection de 2011, il a mûrement réfléchi sur la stratégie à mettre sur pied. Mais, en plus de sa vie politique, Fritz Ngo se consacre entre autres à sa famille et à ses activités économiques, lui qui prépare un projet pour faire un grand complexe immobilier et commercial au centre-ville de Douala. Pourtant, sa grande douleur en politique reste la protection de la nature, de l’environnement. Ce militant écologiste ne cache pas sa colère face, dit-il, à l’implantation des cimenteries en plein centre-ville de Douala ; à l’implantation d’un quartier de vente de pièces de rechange d’automobiles à Douala, à l’invasion des mototaxis, à la pollution et aux déchets de tous ordres. Lui qui reproche au gouvernement de ne pas prendre en compte les problèmes écologiques. Pour sa 3ème participation à la présidentielle, Fritz Ngo dit avoir trouvé la stratégie pour convaincre le plus grand nombre et augmenter son pourcentage. Il la dévoilera le moment venu.

 

Simon Pierre Atangana Nsoe

La gesticulation n’est pas signe de vitalité

Atangana Nsoe

Dans sa résidence sise au quartier Efoulan, le 12 avril, Atangana Nsoe est entouré de ses enfants. Ils partagent quelques mangues. Aujourd’hui, le président du parti Grand Cameroun (GC), classé 19ème à l’élection présidentielle de 2011, se consacre à sa famille, mais aussi à son véhicule, qui a quelques soucis techniques. Mais, où êtes-vous donc passé depuis les dernières élections présidentielles en 2011 ? Rires. En fait, quand ce cinquantenaire n’est pas aux côtés de ses enfants, il consacre ses journées à ses « petites affaires ». L’immobilier notamment, mais aussi l’écriture. Et pourquoi ne vous entend-on pas sur les dossiers brûlants de la République ? « Si vous allez sur ma page Facebook, vous verrez que je donne ma position sur les sujets qui interpellent la République », précise l’homme politique de 52 ans, qui fait sienne une pensée chère au Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), le parti au pouvoir : « La gesticulation n’est pas signe de vitalité». Et le Grand Cameroun, que devient ce parti ? « Ce n’est pas facile de faire des réunions publiques sans susciter le courroux des autorités administratives, mais le Grand Cameroun a beaucoup de militants. Je vais tenir un grand congrès quand j’aurai implanté les démembrements dans les quatre coins du pays d’ici la fin de l’année. Il faut beaucoup de moyens », confie celui qui a récolté 8302 voix lors de l’élection de 2011. Candidat en 2018 ? Petit moment de réflexion et révélation : « Il n’y aura pas élection en 2018 ». Soit. Et au cas où, serez-vous candidat ? « Je ne saurais donner une réponse pour le moment», affirme celui qui a présenté deux listes aux élections municipales de 2013 dans les arrondissements de Yaoundé III et de Mbankomo.

Esther Dang:La politique au petit trot

Par Jean De Dieu Bidias

Esther Dang

Elle s’était présentée à la présidentielle de 2011 sous la bannière du Bloc pour la reconstruction et l’indépendance économique du Cameroun(Bric). Mais, l’alliance entre Esther Dang et le parti d’Ernest Pekeuho avait volé en éclats, quelques jours seulement après l’élection. A l’origine, la gestion des 30 millions Fcfa reversés par les pouvoirs publics pour la campagne de la candidate. L’un des cadres de la formation politique avait en effet accusé la candidate (11e au classement avec un score de 0,33% de voix) et le président Ernest Pekeuho, entre autres, d’avoir utilisé ces fonds publics à d’autresfin que le financement de la campagne présidentielle. Esther Dang avait ensuite pris sa « vacance politique ». Elle réapparaît fin 2016 à la faveur « d’une lettre ouverte » au président de la République, à la suite de la catastrophe ferroviaire qui avait coûté la vie à 79 personnes le 21 octobre dernier à Eseka. Jointe par téléphone au sujet de sa présence pour le moins saisonnière sur la scène politique, l’ancienne directrice générale de la Société nationale d’investissement (Sni) rappelle qu’elle est une personne légaliste et dit attendre la convocation du corps électoral avant de se prononcer sur une éventuelle participation à la présidentielle de 2018. Elle pense pour l’instant que la balle est dans le camp d’Elections Cameroon (Elecam), qui doit produire un fichier électoral exempt de tout soupçon. Intellectuelle – elle est titulaire d’un doctorat en sciences économiques -, l’originaire du Mbam et Inoubou dispose d’un programme politique axé autour de la suppression du préfixe « sous » du mot « sous-développement » et pense que le pouvoir en place a refusé de développer le Cameroun.

 

 

 

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