Lundi, 17 December 2018
Accueil quotidien mutations politique Présidentielle 2018 : l’école de demain, selon les 09 candidats

Présidentielle 2018 : l’école de demain, selon les 09 candidats

283
- Publicité -

A quelques jours du lancement officiel de la campagne électorale – le 22 septembre prochain -, voici les propositions des neuf aspirants dans le domaine de l’éducation des Camerounais.
Dossier coordonné par Rosine Ntolo

Paul Biya
Bâtir le Cameroun de la connaissance et de l’innovation
Par Jean De Dieu Bidias


A 19 jours du lancement de la campagne officielle en vue de la présidentielle du 07 octobre prochain, le programme électoral et de gouvernement de Paul Biya, pour lequel il souhaite être réélu pour le prochain septennat, n’est toujours pas connu. Mais le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (Dsce), « boussole de l’action gouvernementale » pour la période 2010-2020 et qui serait en cours d’actualisation, prévoit le renforcement de l’éducation par la facilitation de l’accès à l’éducation de base et aux premiers cycles des enseignements secondaire, général et technique.
Résumés dans un document disponible sur le site internet de la présidence de la République, les quatre pôles d’action pour l’émergence à l’horizon 2035 dans le secteur éducatif et de la formation professionnelle sont : le développement de l’éducation de base ; la densification de la carte scolaire et des institutions d’enseignement maternel, primaire et secondaire, technique et professionnel ; et l’amélioration de l’offre de formation académique, universitaire et professionnelle.
L’agenda post 2015 et les Objectifs de développement durable (Odd) des Nations-Unies représentent un engagement crucial pour le Cameroun en tant que partie prenante, notamment l’objectif numéro 04, qui invite les gouvernements à « assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie ». Après la réforme de l’Ecole nationale supérieure des postes et télécommunications (Enspt) avec une orientation vers les Technologies de l’information et de la communication (Tic) en octobre 2016, Paul Biya devrait en toute logique, au cours de la prochaine campagne électorale, faire des promesses en termes de création d’autres centres de formation de recherche appliquée et des incubateurs dans les métiers des Tic, afin que le Cameroun devienne véritablement un « pays de la connaissance, de l’innovation et de l’entrepreneuriat » comme le scande son gouvernement.

Maurice Kamto
Pour une éducation de développement
Par Lucien Bodo


Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), est nostalgique d’une époque où le pays avait un système éducatif parmi les plus performants d’Afrique. Mais aujourd’hui, le parti de Maurice Kamto note qu’à défaut d’avancer ou même de conforter ce statut, on a plutôt reculé. « La multiplication des universités d’Etat, pourtant nécessaire, s’est faite sur des bases politiques, dans l’impréparation totale et sans objectifs identifiables. La libéralisation de l’enseignement supérieur, au lieu de créer les conditions d’une offre de formation compétitive et de qualité, est apparue comme un acte de démission de l’Etat », lit-on dans le projet de société du Mrc qui date de 2012, et qui subit actuellement un toilettage en vue du scrutin présidentiel du 07 octobre prochain.
S’il est élu président de la République, Maurice Kamto propose donc une réforme du système éducatif « afin d’élever son niveau, d’accroître ses performances et de l’orienter vers une éducation entièrement [tournée] vers des objectifs de développement ». Au niveau quantitatif, le Mrc veut atteindre un taux de scolarisation de 100% à un horizon de 10 ans au niveau de l’éducation de base. Par ailleurs, « la création des universités ne constituera plus un cadeau politique. Elle répondra à l’impérieuse nécessité d’élever le niveau d’éducation et de formation dans l’ensemble du pays. A cet effet, chaque capitale régionale sera dotée d’une université ou au moins d’un établissement universitaire ».
Au niveau qualitatif, les élèves seront initiés à l’outil technologique dès leur plus jeune âge. Et « dès le cycle secondaire, ils devront participer à un projet technologique de leur niveau, sous l’encadrement de leur enseignant, dont la pertinence et la qualité entreront pour beaucoup dans leur réussite annuelle ». Enfin, pour ce qui est du niveau supérieur, Maurice Kamto propose de réduire les filières généralistes des sciences humaines et sociales. Celles-ci cèderont la place aux « filières techniques qui seront choisies et renouvelées en fonction des ambitions de développement du pays ».

Cabral Libii
Une éducation de missions et d’innovations
Par Rosine Ntolo


Du fait d’un « niveau scolaire de plus en plus décroissant, conséquence d’un système éducatif jugé inadéquat », Cabral Libii, candidat à l’élection présidentielle du 07 octobre prochain, met l’éducation au centre de ses préoccupations. Dans son programme politique intitulé « Le Cameroun qui protège et qui libère les énergies », le candidat porté par l’Union nationale pour l’intégration vers la solidarité (parti Univers), propose une éducation dont la mission et les innovations devraient conduire le Cameroun vers le progrès et l’industrialisation.
A cet effet, l’implémentation d’un tel projet passe par la conjugaison de plusieurs facteurs : le recrutement des enseignants, la diversification de l’offre d’enseignement, l’adaptation des contenus et l’établissement des passerelles entre l’université et les secteurs de la vie économique. Il s’agira donc pour Cabral Libii, de procéder à « 22.000 recrutements par an en raison de 11.000 pour le secondaire, 10.000 pour le primaire et 1000 pour le supérieur [Ce qui va coûter 35 milliards Fcfa, Ndlr]. La contractualisation de tous les vacataires de nos lycées et universités, ainsi que la contractualisation et l’affection de tous les instituteurs dès la sortie des Enieg et Eniet, soit 10.000 personnels chaque année », renseigne son projet de société, toujours en cours de finalisation.
S’il est élu président de la République au soir du prochain scrutin présidentiel, Cabral Libii entend également instaurer « le bilinguisme intégral de la maternelle en terminale avec le français et l’anglais comme langues d’enseignement, et non plus seulement comme langues enseignées ». Par ailleurs, dès septembre 2019, il introduira les séries : techniques agropastorales (Tap) et introduction aux Arts plastiques (Ap) (la peinture, la sculpture, l’architecture) dans les lycées d’enseignement technique, polyvalents, ruraux et semi-urbains. Il compte aussi octroyer des bourses d’études d’une valeur de 125.000 Fcfa par mois à tout étudiant en Master en génie industriel, agronomique ou en thèse, couplées de la diminution des frais de pension de moitié pour tous les étudiants des établissements publics du Cameroun.

Garga Haman Adji
Pour une éducation adaptée au Cameroun et ouverte au monde
Cyril Marcel Essissima (Stagiaire)


Sa particularité réside dans la mise en place d’un système tourné vers la « spécialisation des élèves dès le second cycle de l’enseignement secondaire » et le renforcement de l’enseignement professionnel. Le « chasseur de baleines » propose une « refonte du système » éducatif camerounais qui selon lui, est jusqu’ici « déséquilibré » et favorise « l’injustice ».
Pour Garga Haman Adji, « il n’a jamais existé de politique d’éducation au Cameroun ». La refonte envisagée ici devra à la fois « être adaptée au contexte de la nation et ouverte au monde extérieur et aux progrès scientifiques et techniques ». En sus, le septuagénaire indique que « l’obtention du probatoire et du GCE ‘‘O’’ level ne devrait pas conditionner le passage en classe supérieure. D’ailleurs, se situant à l’intérieur d’un même cycle d’enseignement, le maintien de ces diplômes ne se justifie aucunement ».
Concrètement, pour résoudre les problèmes d’éducation au Cameroun, le président de l’Alliance pour la démocratie et le développement (Add), fonde sa stratégie sur trois axes. D’abord, la gratuité de l’éducation qui sera totale au niveau primaire et partielle au niveau secondaire. Pour lui, le problème de moyens ne se pose pas. Le Cameroun dispose d’assez de ressources pour ce faire. Il suffit de procéder à « l’inversion de l’ordre des priorités des dépenses budgétaires » dont « la manne » pétrolière sera d’un appui considérable.
Ensuite, concernant l’enseignement supérieur, le parcours académique sera gratuit et la bourse scolaire va faire son retour, sauf que le montant y relatif sera « modulé en fonction des mentions obtenues par l’étudiant ». Enfin, Garga Haman Adji plaide pour une « bonne distribution géographique » des structures éducatives, afin de pallier au déséquilibre entre les « provinces » (aujourd’hui transformées en régions, Ndlr).

Akere Tabeng Muna
Instaurer la tutelle éducative au niveau local
Par Jean-Christophe Ongagna


L’éducation n’est pas en marge du projet de « gouvernement de la nouvelle République » dont est porteur Akere Tabeng Muna. Dans ce secteur, le candidat du Front populaire pour le développement (Fpd) au scrutin présidentiel du 07 octobre prochain, entend faire appel à la conjonction de deux principaux facteurs : la mise en place (restauration) de meilleures conditions de travail des enseignants et la modernisation des infrastructures.
Sur la modernisation infrastructurelle, le porte-étendard du Fpd souhaite qu’elle joue un rôle important pour « l’accès pour tous à l’éducation de la nouvelle République » ; notamment aux niveaux maternel, primaire et secondaire (commercial et technique). De ce fait, les infrastructures dédiées à l’éducation à la maternelle et au primaire seront implantées sur de courtes distances ; les écoles et établissements secondaires, respectivement dans chaque arrondissement et chaque département. Pour ce qui est du supérieur, Akere Tabeng Muna souhaite qu’« au moins une université comportant toutes les filières et offrant des cours de premier cycle et de troisième cycle, y compris l’enseignement professionnel […], soit créée dans chaque région ».
S’agissant des conditions de travail des enseignants, le leader du Mouvement « Now ! » entend par exemple, créer un environnement décent pour une meilleure transmission des connaissances. Ceci inclut le rétablissement de la réputation de la profession enseignante au Cameroun. « La nouvelle République récompensera vos énormes sacrifices et améliorera vos conditions de travail, votre habitat ainsi que votre rémunération », promet-il aux enseignants, tout en ambitionnant d’orienter « l’éducation et la formation vers les besoins du marché (camerounais et international) » et réintroduire « des bourses d’excellence et d’innovation ».

Joshua Osih
Election des recteurs dans les universités d’Etat
Par Michel Ferdinand


Au cas où il parvient à la magistrature suprême au soir du 07 octobre prochain, les réformes projetées par Joshua Osih s’énoncent en termes de rupture. Ainsi, le milieu universitaire plongera dans un nouveau processus de désignation de ses responsables, rendu démocratique par le candidat porté par le Social Democratic Front (SDF). « Je rendrai les institutions universitaires publiques autonomes et je les démocratiserai de manière à ce que les recteurs soient élus », indique-t-il.
Parallèlement, le candidat Joshua Osih envisage de recruter « systématiquement des titulaires de doctorat dans nos grandes écoles et universités ». Sur ce chantier, l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam), n’existera plus. « Quand quelque chose marche mal, il faut avoir le courage de la fermer. Dans l’imagerie populaire, l’Enam est le creuset des problèmes que nous avons. Les dix pays les plus performants n’ont pas d’Enam chez eux. C’est un héritage colonial qu’il faut arrêter », argumente-t-il. Sans vouloir réduire le nombre de fonctionnaires, l’alternative sera la création des instituts rattachés aux universités pour rendre les fonctionnaires plus efficaces.
Par ailleurs, l’école sera « gratuite et obligatoire jusqu’à la fin du premier cycle ». L’accent sera mis sur l’enseignement technique de pointe et les sciences. Joshua Osih entend également introduire des bourses pour les enfants défavorisés, ainsi que les internats dans les zones sous-scolarisées et la dématérialisation du manuel et des contenus scolaires pour s’arrimer au numérique.

Serge Espoir Matomba
Définir une loi d’orientation unique de l’éducation
Par Blaise Djouokep


C’est une véritable réforme de l’éducation qui sera opérée si le candidat du Peuple uni pour la rénovation sociale (Purs), Serge Espoir Matomba, est élu à l’issue du scrutin du 07 octobre prochain. « Nous définirons une loi d’orientation unique de l’éducation. Elle déclinera l’organisation et le fonctionnement du système éducatif camerounais. Quant aux différents sous-systèmes, nous avons engagé des échanges avec les différents spécialistes de l’éducation pour voir la possibilité de les uniformiser. Cet échange se fait dans une démarche inclusive », précise-t-il.
Pour le Purs, « l’éducation est le secteur le plus dégradé de [notre] société ». Une déchéance qui est tributaire des différents systèmes mis en place. Tout en déplorant le manque d’infrastructures et surtout l’accentuation des formations garantissant la dépendance des Camerounais dès l’obtention de leurs diplômes, Serge Espoir Matomba invite à « sortir de la logique d’éducation qui consistait à former des citoyens pour travailler dans l’administration publique. La formation actuelle empêche les Camerounais de s’auto-employer ; d’où la lourde perte enregistrée en matière d’entreprenariat et une progressive hausse du taux de chômage ».
Le candidat au fauteuil présidentiel promet ainsi de revoir totalement la formation à partir du primaire et du secondaire, d’actualiser la formation de l’éducation civique et morale. Des orientations qui pour le Purs, permettront d’apporter des réponses concrètes au secteur de l’éducation.

Ndam Njoya, Afanwi Ndifor
Professionnalisation et moralisation du système éducatif
Par Florentin Ndatewouo


Leurs projets de société en vue du scrutin présidentiel du 07 octobre prochain ne sont pas encore entièrement disponibles. Mais Adamou Ndam Njoya, candidat de l’Union démocratique du Cameroun (Udc) et Frankline Afanwi Ndifor, en lice sous la bannière du Mouvement citoyen national camerounais (Mcnc), ont de grands projets pour l’éducation des jeunes camerounais. Le premier est favorable à une politique éducative qui tire avantage des Technologies de l’information et de la communication (Tic). D’où l’urgence de procéder, selon lui, à « la réforme du système éducatif camerounais, où l’économie numérique est à développer et à promouvoir », apprend-on du secrétaire à la communication de l’Udc, Mongwat Ahidjo.
Frankline Afanwi Ndifor partage aussi cette orientation politique qui associe le numérique à la formation des citoyens camerounais. Selon son chargé de la communication en langue française, Sam Sévérin Ango, le porte-flambeau du Mcnc veut « tout numériser avec la professionnalisation des enseignements depuis l’école primaire en leur dotant d’ordinateurs ». Par ailleurs, Frankline Afanwi Ndifor entend moraliser les milieux scolaires. « Nous allons fixer un quota à tous les promoteurs des établissements détenteurs d’agréments, quels que soient les standards de l’établissement scolaire », annonce-t-il.

 

Newsletter: Restez au courant de l'actualité


- Publicité -

AGENDA

Festival des musiques et danses patriomoniales

première édition de Business Coffee Break

Tous nos évènements
Mutations SHOP