Lundi, 17 December 2018
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Présidentielle 2018 : La bataille du grand Nord

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Maurice Kamto, Cabral Libii, Joshua Osih et Akere Muna font des pieds et des mains pour être en tête dans le septentrion.
Par Jean De Dieu Bidias
Les chiffres les plus récents publiés par Elections Cameroon (Elecam) font état de 2,3 millions électeurs inscrits sur les listes électorales dans les trois régions septentrionales, soit le tiers de l’électorat national qui, lui, tourne autour de 6,6 millions d’électeurs. Dans un contexte apparent d’évolution de la culture politique, six candidats de l’opposition à la présidentielle du 07 octobre prochain, surfant sur le contraste qui crève les yeux entre la fidélité de cette partie du pays au Renouveau et les réalisations plutôt modestes de ce dernier dans le domaine socioéconomique, se marchent pratiquement sur les pieds pour conquérir l’électorat de cette partie du pays.
Depuis la convocation du corps électoral en vue du prochain scrutin présidentiel et même avant, Maurice Kamto (Mrc), Akere Muna (Fpd), Cabral Libii (Univers), Joshua Osih (SDF), Serge Espoir Matomba (Purs) et Afanwi Frankline Ndifor (Mcnc) multiplient les descentes dans les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord, poussant ainsi Garga Haman Adji, seul candidat originaire du grand Nord et Paul Biya, présent aux dernières joutes, dans ses derniers retranchements.
Il est à relever que Akere Muna et Cabral Libii ont été investis par des partis ayant pour sommier politique Ngaoundéré. Ce choix est loin d’être fortuit. Le deuxième, en plus d’être allé se recueillir sur la sépulture d’Ahmadou Ahidjo à Dakar et de s’être officiellement revendiqué du tout premier Président du Cameroun, apparaît le plus souvent en public en tenues sahéliennes. Maurice Kamto aussi. D’ailleurs, sur les photos inscrites sur leurs bulletins de vote, les deux présidentiables sont habillés en gandoura et chéchia.
En face, Paul Biya n’est pas insensible à ces yeux de Chimène sur son « électorat traditionnel ». Le candidat du Rdpc avait jusque-là laissé ses lieutenants le défendre dans une espèce de foire d’empoigne où même les actes des plus irréguliers ont été commis à son nom, à l’instar de cette image où l’on voit des cadres du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) brûler des gadgets du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) à Maroua, sous le regard plutôt bienveillant du président de l’Assemblée nationale, Cavaye Yeguié Djibril. Le chef de l’Etat sortant est ainsi monté au front samedi dernier pour battre le rappel des troupes dans son grenier électoral de l’Extrême-Nord, lequel représente plus de la moitié de l’électorat du septentrion. « Si j’ai choisi de venir en campagne chez vous, à Maroua, c’est pour vous dire toute l’estime que je porte à votre région. Et vous dire aussi mon engagement à lui faire profiter des grandes opportunités qu’offre actuellement notre pays », a-t-il lancé à l’endroit des populations.
En 2011, 90,15% des suffrages exprimés dans l’Extrême-Nord étaient en faveur de Paul Biya, contre 86,15% dans l’Adamaoua et 84,75% dans le Nord.  Pour sa part, Garga Haman Adji avait recueilli 3,53% de voix dans la première région, 7,85% dans la deuxième et 5,95% dans le Nord ; contre 1,07%, 1,88% et 1,38% pour Ni John Fru Ndi du SDF. Dans une interview accordée il y a quelques semaines à Mutations, l’universitaire Ahmadou Sehou indiquait que, dans sa stratégie de déploiement, Paul Biya a tout fait pour contenir les partis qui émergent dans le grand Nord. Estimant que Garga Haman Adji « ne pèse pas lourd dans cette partie », le candidat du Rdpc peut continuer à compter sur ses trois formations politiques alliées qui y tiennent le terrain : l’Undp de Bello Bouba, le Mdr de Dakolé Daïssala et le Fsnc de Issa Tchiroma.

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