Samedi, 15 December 2018
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Plan national de résistance :les contours de la phase II

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Demi-journées, journées villes et villages morts et gigantesques marches pacifiques seront organisées par le Mrc en s’intensifiant.
Par Jean-Christophe Ongagna
« […] il n’y aura pas de baisse de régime, de reniement, de capitulation. […] La résistance se poursuit, elle ne s’arrête pas, elle continuera de plus belle ». Cette assurance donnée lors d’un point de presse le 22 novembre dernier par le porte-parole du président national du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), Olivier Bibou Nissack, qui annonçait la phase II du Plan national de résistance (Pnr) ; augure des lendemains agités à l’horizon. En effet, dans une vidéo d’une vingtaine de minutes partagée hier 27 novembre sur les réseaux sociaux, le « Président élu », Maurice Kamto, s’adresse – spécialement – à ses « chers compatriotes » des régions francophones du triangle national, et leur édicte d’autres mesures de la phase II du Pnr ; lesquelles concernent la situation sociopolitique qui persiste dans les régions anglophones.
La première d’entre elles consiste « pour le reste du mois de novembre, jusqu’à la fin du mois de décembre 2018, à observer une demi-journée sans activité : villes et villages morts tous les lundis à partir de 13h, afin d’amener le pouvoir à prendre, sans plus tarder, des mesures significatives nécessaires pour engager la résolution de la crise qui ravage les régions concernées (le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, Ndlr), en sorte que les populations de ces régions passent les fêtes de fin d’année dans leurs familles », énonce-t-il. Cet appel est également lancé aux Camerounais de la diaspora en l’occurrence. Ils sont appelés à « manifester leur solidarité la plus généreuse envers les familles des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, particulièrement touchées par le conflit en cours, par des dons » de toute nature.
Du 01er au 15 janvier prochain, la deuxième mesure qui est en droite ligne avec l’« initiative concrète de solidarité » entrera en scène, si aucune mesure significative pour résoudre la crise anglophone n’est prise par le pouvoir. Ainsi, « la durée des villes et villages morts sera étendue à une journée entière tous les lundis comme dans les régions anglophones ». De plus, ajoute Maurice Kamto, « A partir du 05 janvier 2019, si le pouvoir persiste dans l’option militaire et le refus de toute initiative politique pour régler la crise dans les régions anglophones du pays, j’appellerai les Camerounais de toutes les régions et jusque dans les moindres villages, à de gigantesques marches pacifiques tous les samedis car, […] nous ne pouvons laisser sans rien faire, que continue de couler comme un torrent, le sang de nos compatriotes, pour la plupart d’innocentes et paisibles populations, ou de nos soldats de toutes origines régionales, embarqués dans une sale guerre ». Déterminé à aller jusqu’au bout, le « Président élu » va lâcher, le ton ferme : « Que le régime nous tue tous s’il le veut ! Mais, nous ne lui donnerons pas des propositions dont il se moque complètement. Nous allons agir jusqu’à ce qu’une solution politique adéquate soit apportée à cette crise ».
Le propos du porte-étendard du Mrc comporte également des recommandations entre autres adressées au pouvoir, aux éléments de forces de défense nationale, aux sécessionnistes et aux instances continentales et internationales. Concernant le pouvoir, Maurice Kamto « demande d’arrêter le recours aux armes car, il ne peut constituer une solution à un problème politique. Je l’exhorte à recourir au dialogue inclusif tel que prôné par de nombreuses instances nationales et internationales ». Les éléments de forces de défense nationale sont exhortés à s’abstenir de « recourir à une violence disproportionnée contre leurs propres compatriotes ». Pour ce qui est des sécessionnistes, le « Président élu » comprend leurs frustrations mais n’approuve pas leur démarche de revendication. Quant aux instances continentales et internationales (Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale, Union africaine, Organisation des Nations-Unies), il leur demande « d’accorder l’attention voulue et la priorité nécessaire à une résolution urgente de la crise anglophone ».
En rappel, le Pnr du Mrc a été lancé en fin octobre dernier, quelques jours après la publication par le Conseil constitutionnel, des résultats de l’élection présidentielle. Il vise à revendiquer la victoire de Maurice Kamto et à dénoncer « les fraudes sauvages » ayant prévalu lors de ce scrutin.

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