Vendredi, 20 Septembre 2019
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Paul Nji Tumasang : « Après la sortie politicienne du Premier ministre, on a eu que du silence »

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Outre la crise anglophone largement abordée, le nouveau président du groupe parlementaire du Social Democratic Front (SDF) à l’Assemblée nationale, qui remplace feu Joseph Banadzem Lukong à ce poste de responsabilité, se prononce entre autres, sur une actualité brûlante : la prorogation du mandat des députés qui visiblement, est en vue. Entretien.

Par Florentin Ndatewouo

Qui est Paul Nji Tumasang ?

Je suis député de la Mezam-Sud à Santa, dans la région du Nord-Ouest. Je suis à l’Assemblée nationale depuis 2007, 8e législature. Dans mon clan à Santa, je suis un chef traditionnel. Je suis également ministre, membre du Shadow Cabinet, chargé de postes et télécommunications au sein du Social Democratic Front (SDF). Je suis ingénieur en télécommunications de profession. Avant d’entrer en politique, j’ai passé toute ma vie de fonctionnaire dans ce domaine. Donc, si je n’étais pas ici (à l’Assemblée nationale, Ndlr), en tant que président du groupe parlementaire SDF, je pourrais aussi être au Comité exécutif national (Cen), en tant que membre du Shadow Cabinet.

Comment êtes-vous arrivé à la tête du groupe parlementaire SDF ?

J’ai été désigné au soir du lundi, 10 juin 2019. Avant cette désignation, les membres du comité d’investiture se sont concertés. Ensuite, le comité  d’investiture a donné mandat au président national du parti, Ni John Fru Ndi, de désigner quelqu’un. Le comité exécutif est élu pendant la convention. Il est constitué des membres du Shadow Cabinet dont je fais partie. Les sénateurs, députés et maires ; sont les invités au Cen. Après ma désignation, j’ai été présenté au président de l’Assemblée nationale, Cavaye Yeguié Djibril, le mercredi, 12 juin 2019.

Vous succédez à Joseph Banadzem Lukong, décédé le 30 mars 2019, des suites de maladie. Comment comptez-vous gérer l’héritage qu’il vous a légué à l’Assemblée nationale ?

Il faisait un très bon travail. Nous sommes en deuil, parce que c’était un bon président de groupe parlementaire, un bon leader. Il nous a beaucoup encadrés. Il est décédé après avoir passé trois législatures à l’Assemblée nationale. C’était un très bon père pour nous dans le groupe parlementaire SDF, pour l’Assemblée nationale, et je crois aussi pour le pays ; parce qu’il était à la base, un enseignant d’université. Il avait un doctorat en histoire. Donc, c’est une élite du pays que nous avons malheureusement perdu si tôt. Il est mort jeune mais, c’est la volonté de Dieu. On va continuer ce qu’il avait commencé. Nous avons travaillé pendant pratiquement 12 ans. J’ai vu la manière avec laquelle il tenait le groupe parlementaire. Je vais continuer ses œuvres. Je crois qu’avec le concours de mes collègues, la bénédiction de Dieu et les prières ; nous allons réussir.

Vous héritez du groupe parlementaire SDF, au moment où la question de la résolution de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest se pose avec acuité. Comment entendez-vous amener le Parlement à aborder cette question ?

Je crois que vous avez suivi tout ce que nous avons fait avant. Nous allons continuer à demander aux autorités du Parlement, d’inscrire cette problématique à l’ordre du jour du Parlement. C’est vraiment embêtant qu’après deux ans de déchirure, je dise que les soi-disant représentants du peuple que nous sommes, n’ont pas eu l’occasion de discuter de ce problème. C’est inédit. Et nos leaders notamment le président du Sénat, disent qu’ils sont prêts à inviter les parlementaires de l’Union européenne (Ue), à venir prendre connaissance de ce problème et discuter avec eux. N’est-ce pas là une attitude embarrassante ? Cela n’a pas de sens. Nous devons d’abord discuter de cette question entre nous Camerounais, avant d’attendre un éventuel coup de main en provenance de l’étranger. Mais, nous sommes ici en train de réagir comme si la question anglophone est un petit problème, comme si c’est Boko Haram bis. Même si c’était Boko Haram bis, nous nous sommes associés pour trouver des solutions d’urgence.

On a même contribué pour appuyer nos forces de défense et de sécurité. Mais, s’il y a un problème comme la crise anglophone, il concerne directement 25% – je dirais même 100% de la population -, parce que je pense qu’aucun Camerounais ne peut être content, si pratiquement 25 voire 30% de la population n’est pas contente. Donc, c’est vraiment regrettable. Nous sommes  au niveau de la législature du Parlement, en train de traiter de cette affaire avec une légèreté vraiment étonnante, je dirais même criminelle, à l’égard de la population. Nous sommes députés. Cela signifie que la population nous a donnés le pouvoir de régler ses problèmes. Au lieu de ça, nous avons choisi de venir ici nous tourner les pouces, et dire qu’on est en train de discuter du budget, des lois qui généralement, sont rangées dans des tiroirs, en abandonnant la population à son sort. Ce n’est pas acceptable.

Doit-on s’attendre à ce que l’opération de blocus menée en 2017 par le SDF soit rééditée à l’Assemblée nationale ?

C’était en 2017. Et là, nous sommes pratiquement bientôt rendus en 2020. On verra.

Certains hommes politiques estiment qu’il faut proroger le mandat des députés, le temps de solutionner la crise anglophone avant l’organisation d’une quelconque élection. Partagez-vous cette position ?

C’est évident. Je ne cherche pas à m’éterniser à l’Assemblée nationale pour qu’un mandat de 05 ans se transforme en un mandat de 08 voire 10 ans. Mais, c’est évident qu’on ne peut pas organiser des élections crédibles dans les conditions actuelles. Comment allons-nous battre campagne ? Comment allez-vous vous déplacer d’un lieu à un autre ? Elecam (Elections Cameroon, Ndlr), fuit depuis trois ans. Ils ne travaillent pas. Ici à Yaoundé, les antennes de Elecam sont ouvertes. Par contre, au Nord-Ouest et au Sud-Ouest, elles ne sont plus opérationnelles. Peut-on aller aux élections sans Elecam ? Dans ce cas, on assistera à une politique de deux poids deux mesures c’est-à-dire qu’au Cameroun, dans 08 régions, les choses marchent bien, les Camerounais s’inscrivent sur les listes électorales. Et dans les 02 autres régions par contre, rien n’est fait.

Dans certaines zones, le personnel de Elecam fait partie des déplacés internes. Ils ont tous fui. Va-t-on nous dire qu’il y aura élection, comme ce fut le cas avec la présidentielle d’octobre 2018, au terme de laquelle on a attribué un taux de participation de 05% dans le Nord-Ouest et 15% au Sud-Ouest ? D’ailleurs, je peux vous dire que ce taux de 05% dans le Nord-Ouest est faux. J’y étais. La participation des populations n’atteignait même pas 0,1%. Ces chiffres étaient fantaisistes. Admettons l’hypothèse que le chiffre de 05% était exact… Sommes-nous fiers de dire que dans une région, seulement 05% de la population a participé à une élection pour élire le président de la République de son pays ? Il y a un problème, parce que le président de la République peut être légal, mais il n’est pas légitime.

Pour le SDF, il faut qu’on résolve ce problème ou même, que l’on commence au moins à le résoudre. Ce n’est pas en distribuant des matelas. Il se dit que 12 camions se sont rendus dans le Sud-Ouest. Des villages tout entiers ont été brûlés. Les matelas vont-t-ils résoudre cette situation ? Est-ce sous les matelas que l’on ira chercher les électeurs ? Qu’en est-il des déplacés internes qui, en ce moment, sont dans la ville de Yaoundé ? Vont-t-ils se déplacer pour aller voter dans leurs circonscriptions électorales non sécurisées ? Je ne comprends pas.

Le gouvernement veut seulement être légaliste, mais la légitimité l’emporte sur la légalité. Il y a la légalité même entre des voleurs. Un groupe de voleurs peut fixer des lois qui sont légales entre eux. Mais, ce n’est pas légitime de voler. Les résolutions du Cen du SDF tenu le 10 juin dernier sont claires. Les élections ne peuvent, ne devraient et ne devront pas se tenir dans les conditions actuelles. Sinon, le gouvernement va pousser les gens à une confrontation nationale. Ce qui n’est pas du tout bon pour le pays.

A Santa, votre localité dans le Nord-Ouest, vous êtes chef traditionnel et en tant que tel, vous êtes proche des populations. Quelles actions peuvent mener les chefs traditionnels de ces régions en crise pour tempérer le climat d’insécurité, en vue de l’ouverture d’un dialogue national inclusif ?

Nous avons laissé ce problème pourrir. En le faisant, même les chefs traditionnels et les élites sont affaiblis. Vous pensez que les chefs traditionnels peuvent faire quoi, si déjà au niveau de l’Assemblée nationale, on ne peut pas discuter de cette question ? Au niveau du gouvernement, un ministre dit qu’il n’y a pas de problème, et c’est ce ministre-là qui est promu. C’est un problème qui perdure, parce qu’on l’a laissé évoluer vers une crise et de la crise, pour un conflit. Maintenant, on est face à une guerre civile sans objet. Je peux être stupide mais, je pense qu’on devrait épargner les Camerounais de cette guerre.  Il y a de nombreux déplacés internes. Le ministre de l’Administration territoriale (Minat), parle de 70.000, et on parle même d’une guerre de chiffres. Il y a plus de 500.000 Camerounais, originaires de ces deux régions, qui sont des déplacés internes. Le ministre est-t-il venu dans ma localité compter le nombre de déplacés ?

Cette guerre des chiffres est sans objet et à la limite, stupide. 1000 réfugiés, 500 déplacés internes ou même 200 élèves qui ne vont pas à l’école, c’est trop. Il ne faut pas qu’on laisse la situation perdurer pour que les chiffres atteignent des millions. Nous sommes toujours en train de dire qu’il faut accepter le dialogue. Je suis anglophone. Vous ne pouvez pas comprendre ce que nous subissons tous les jours. Je ne peux pas dire que j’ai mal aux dents, aux pieds, et vous me dites : « Non ! Non ! Vous n’avez pas mal, vous n’avez rien ». C’est moi seul qui sais ce dont je souffre. Donc, le gouvernement a laissé pourrir une situation qu’on devait régler sans trop de peine. Cela, parce qu’il ne croit pas en la population. Dès que les gens expriment leurs mécontentements, il devient arrogant. C’est l’arrogance presqu’infantile de nos leaders dans l’exécutif qui est à l’origine de l’évolution de la crise. Nous continuons donc à parler à ces gens pour temporiser la situation.

Le gouvernement a donc sa part de responsabilité…

Le gouvernement qui est censé gérer le pays au quotidien, est confus. Le Premier ministre, chef du gouvernement, a déclaré : « Papa, le président de la République, Paul Biya, m’a envoyé vous dire qu’on aura un dialogue pour discuter de ce problème ». Et de l’autre côté, son Minat accorde une interview à une chaîne de télévision étrangère, pour dire que la forme de l’Etat n’est pas à l’ordre du jour des discussions. Or, c’est précisément la forme de l’Etat qui est la cause de ce problème. Il y a une crise d’identité. Il y a des gens qui sont venus, en tant que peuple avec un gouvernement, avec toutes les structures d’un gouvernement. Ils sont venus pour fédérer avec leurs frères et sœurs, et on a bafoué cela. On a organisé un référendum illégal, parce que la Constitution fédérale de 1961 dispose en son article 47 que la forme de l’Etat fédéral ne doit pas être modifiée. Aucune loi qui va à l’encontre de la forme fédérale de l’Etat ne devrait être admise. Certes, l’article 2 relève qu’il peut avoir des changements. Mais, la forme de l’Etat ne doit pas être changée.

Les gens se comportent aujourd’hui, comme s’il s’agit d’une situation qui est juste survenue comme ça. En 1964, le docteur Folong avait déjà attiré l’attention pour dire : « Voilà l’état de l’union. Elle ne marche pas bien. Nous devons faire ceci et cela, pour que cette union progresse correctement ». Il l’avait également encore signalé trois ans après la date de l’unification en 1972, parce que les fissures avaient déjà commencé à se voir. Nos gouvernements de l’époque étaient informés de cela. Malgré tout, ils l’ont ignoré, et voilà. Ils nous ont plongés dans une guerre civile sans objet. Les Camerounais vivaient ensemble dans la paix. Or, aujourd’hui, Il n’est plus étonnant de voir les anglophones dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, dire qu’ils n’ont rien à foutre avec ces Français-là. Ils appellent les francophones les Français. Donc, c’est notre devoir de leur dire qu’ils ne sont pas des Français, ce sont des Camerounais qui parlent français, au même titre que nous les anglophones qui parlons anglais. Croyez-moi ce n’est pas une tâche facile.

Avec toutes les tueries, avec le comportement de nos forces de défense qui sont présentes, ce n’est pas évident. J’ai enterré pas moins de 04 personnes qui ont été tuées et abandonnées sur les routes de ma circonscription électorale. Vous vous souvenez des incidents de Menka, dans l’arrondissement de Santa, département de la Mezam ; où 32 personnes ont été tuées. Les tueurs sont même allés jusqu’à poursuivre un survivant, le ramener avec le conducteur de motocycle qui l’avait transporté en compagnie de son frère, pour les tuer. Ce sont des choses palpables que nous avons vécu. Les Camerounais qui sont présents dans les villes de Yaoundé, Douala, Bafoussam ; pourraient penser que rien de grave ne se passe, s’ils s’en tiennent au calme qui règne dans leur ville. Quelqu’un qui se déplace de Bamenda pour Bafoussam pourrait se demander s’il y a réellement un problème au Cameroun. Or, les populations des deux régions en crise pensent que leurs frères francophones les ont abandonnées.

Ils se demandent ce que les francophones ont fait jusqu’ici pour dire au gouvernement qu’ils ne veulent pas de cette situation. Il faut qu’elle s’arrête. Peut-être, des actes ont été posés dans ce sens, et je ne suis pas au courant, même si le Parlement ne peut ou ne veut rien faire. Il y a des interdictions de circuler dans la région du Nord-Ouest. Au départ, cette interdiction allait de 06h du soir à 06h du matin. Maintenant, elle va de 21h à 06h. C’est un couvre-feu qui amène les gens à rentrer chez eux tôt. Or, il y avait des activités économiques qui commençaient de 18h jusqu’à minuit. Actuellement, ce n’est plus possible. Donc, c’est un problème qui, en principe, ne devrait pas arriver à ce niveau. Mais, puisque nous y sommes, nous devons chercher à le régler au plus vite. Malheureusement, il y a une cacophonie au sein du gouvernement.

Quel regard portez-vous justement sur cette cacophonie au sein du gouvernement, concernant la résolution de la crise anglophone ?

Le Premier ministre tient un discours, le Minat en tient un autre. Comment voulez-vous résoudre un problème, en le confiant à une personne qui dit qu’il n’y a pas de problème ? Il ne va pas chercher à le résoudre, parce que selon lui, le problème n’existe pas. Avec le ministre des Relations extérieures (Minrex), c’est pareil. C’est la cacophonie totale. Il dit que le dialogue est un processus et non un événement. A l’heure actuelle, ce dialogue est un événement. Tout le monde attend cet événement qu’est le dialogue, et mieux vaut tard que jamais. On ne peut pas commencer un dialogue et s’arrêter. Donc, il faut d’abord cet événement de dialogue qui ensuite, sera transformé en un processus. Le président de la République a dit quelque chose d’important. Mais, après cette sortie politicienne du Premier ministre dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, qu’est-ce qu’on a eu ? Du silence, rien que du silence.

Comment êtes-vous actuellement accueilli dans votre localité ?

Il y a de cela quelques temps, le chef de mon bureau parlementaire a reçu la visite de jeunes gens. Ils lui ont dit : « Dites à [votre] patron qu’il ne traverse pas le Matazem (le Matezem est situé à 05 minutes du bureau de Paul Nji Tumasang à Santa, Ndlr). S’il traverse cette localité, il ne faut pas qu’il revienne. Il faut lui dire qu’on connait déjà le lieu où se trouve son bureau, sa maison au village, sa résidence de Mendong à Yaoundé. On connait également le lieu de travail de son épouse. Donc, il faut lui dire de faire attention, que nous ne voulons pas qu’il continue d’aller au Parlement de la République ». Mais, heureusement, tout le monde ne tient pas ce discours. Cependant, les gens qui sont en mesure de créer des problèmes sont-là.

Donc, lorsque je rentre chez moi, on ne m’accueille pas avec les sons des tams-tams, et pas avec des fusils non plus. Mais, il y a toujours cette menace-là. Notre localité était un peu plus calme. Mais, les sécessionnistes sont arrivés et s’y sont installés avec des velléités de vengeance. Tous les jours pratiquement, on apprend qu’il y a eu des morts, des accrochages entre les forces de défense et de sécurité, et les « restaurationnistes », parce qu’ils disent qu’ils sont en train de restaurer l’indépendance de l’Etat du Southern Cameroon. J’espère que s’il y a dialogue national, la situation pourra se calmer. Nous pourrons aussi dire aux gens que voilà, on a dialogué, on a pu obtenir une forme de l’Etat qui n’est pas à 100% ce que vous voulez. Ça peut être acceptable et mieux que la décentralisation qu’on promet en vain depuis 23 ans.

La décentralisation est-elle une solution à la crise anglophone ?

Le processus de décentralisation n’a pas progressé, parce que les gens qui avaient concocté cette affaire n’y croient pas. Ce sont les centralistes jacobins qui sont jaloux de leur pouvoir central, qui ne veulent rien lâcher. Donc, on peut emmener les gens à accepter les efforts qui pourront être faits, afin qu’ils changent leur manière de percevoir les choses. Mais, si nos dirigeants continuent de dire que force doit rester à loi, ils semblent ignorer le fait que les gens sont déjà rebelles. La loi existait bien avant que ces gens prennent les armes. N’y avait-t-il pas de force à la loi ? Ils ont quand-même réussi à prendre les armes, parce qu’ils se rebellent contre les lois qu’ils estiment ne pas être bonnes. Il nous revient donc de leur dire que ces lois ne sont pas aussi mauvaises qu’ils le pensent. Certes, il y eu des malentendus mais, nous devons discuter pour trouver une solution. Et si, en tant qu’Etat, nous nous mettons dans une logique où nous voulons seulement mater les contestations, on va peut-être connaître une légère période d’accalmie, mais le problème va resurgir avec vivacité cinq ou dix ans après. Les gens qui sont au front de cette lutte n’étaient même pas nés en 1961.

Le député Edimo, également élu sous la bannière du SDF, a quitté vos rangs pour rejoindre ceux du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc). Comment comptez-vous gérer cette situation ?

Il a déjà quitté les rangs du SDF. C’est un dossier clos. Je considère qu’il est un collègue député comme les autres. S’il est content là-bas politiquement et moralement, je lui souhaite bonne chance. S’il menaçait encore de le faire, en tant qu’actuel leader du groupe parlementaire SDF, j’aurais essayé de lui faire entendre raison, j’aurais discuté avec lui. Mais, il s’est déjà associé au groupe parlementaire Rdpc. Donc, je lui souhaite bonne chance dans sa vie politique. Les membres du SDF ne sont pas des prisonniers. Certes, nous aimons garder nos militants, en invitant d’autres à joindre nos rangs. Mais, on ne va pas bloquer les gens. S’ils pensent qu’ils ne peuvent plus faire l’affaire dans la grande famille SDF, alors, bye bye.

Il a quand-même été élu par les populations sous la bannière du SDF. Est-ce que cela n’amoindrit pas vos voix ?

Cette population qui lui a accordé son suffrage va le punir. La population est en colère. S’il présente encore sa candidature dans la circonscription concernée, on verra ce que la population fera. Il est député, et cela signifie qu’il représente la population de Douala Bonabéri. Il a fait ce qu’il a fait, c’est à la population de réagir. Nous avons pris acte et nous n’allons pas perdre le sommeil, parce que notre ancien camarade du SDF est désormais avec le Rdpc.

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