Mercredi, 20 Mars 2019
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Elections présidentielles 2018 : partir à point

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Alain GeorgeS Boyomo

Par Georges Alain Boyomo

Paul Biya, un jeune de 84 ans qui est apparu samedi au public présent au Boulevard du 20 mai et aux téléspectateurs de la télévision nationale. Sanglé dans un costume bleu nuit, couleur qui renvoie à l’unité, l’intégration ou  l’harmonie, le chef de l’Etat a fait réchauffer à certains de ses compatriotes le refrain « Paul Biya toujours chaud gars ». Une fois sur le théâtre du défilé, et comme pour tourner en dérision ceux-là qui s’étaient gaussés de sa mésaventure l’année dernière, le président de la République, juché sur sa limousine, qui ne lui a pas fait d’infidélité cette fois-ci, a procédé à la revue des troupes, rallongeant quelque peu l’itinéraire habituel dédié à ce rituel républicain.

La dégaine nonchalante du chef des armées et les rides rebelles au relookage de circonstance sont quasi-dérisoires devant ce qui passe pour une volonté de surjouer la jeunesse. D’ailleurs, et cela n’est que très rarement arrivé lors des dernières éditions de la fête nationale, Paul Biya a observé une bonne partie la parade militaire et civile sans ses traditionnelles lunettes noires. En soirée, pendant le banquet au palais de l’Unité, les poignées de mains, les sourires généreux et les apartés avec des convives ont rajouté à l’exubérance présidentielle. A Chantal Biya est revenu le bonus de la fantaisie et du panache.

Bon pied, bon œil, le chef de l’Etat l’est donc ou veut le faire croire à son monde et au peuple, à quelque un an d’une élection présidentielle pour laquelle sa candidature est de moins en moins incertaine. Au niveau institutionnel, Paul Biya prend des actes pour baliser le chemin qui mène à la victoire. La nomination au poste de président du conseil électoral d’Elections Cameroon (Elecam) de l’ancien gouverneur Enow Abrams Egbe, qui aligne miraculeusement disgrâces et retours en grâce dans un landerneau où les aspirants au décret présidentiel se bousculent au portillon, ou encore celle, moins récente, de Charles Ndongo, grand professionnel, mais non moins fidèle des fidèles de Paul Biya, comme directeur général de la Crtv, constituent sinon des marqueurs, du moins des indices d’une stratégie au long cours.

Dans le même sillage, la propension du pouvoir à étouffer dans l’œuf toute velléité de contestation de l’ordre établi, en utilisant quelquefois, comme on l’a vu pour la grève des médecins, des méthodes baroques, donne un aperçu sur la place et la marge de manœuvre des faucons dans le sérail.

Ses stratégies

Au sein du parti dont il est le président national, Paul Biya pousse également ses pions. Un indicateur ? Vendredi prochain, le Rdpc va déployer à travers le territoire national ministres, directeurs généraux et autres gros bonnets du régime. C’est dans le cadre de la 2e session des activités de l’académie du parti. Si ce n’est un tour de chauffe, ça y ressemble fort bien.

La victoire en 2018 tend d’autant plus les bras à Paul Biya qu’il a en face des appareils politiques. Ceux-ci dilapident leur énergie sur l’accessoire (boycott d’invariants de la République à l’instar de la fête nationale de l’unité) alors qu’ils sont attendus sur l’essentiel : la présentation d’une offre alternative et d’une stratégie lisible de conquête du pouvoir. Si le changement c’est maintenant, comme d’aucuns le déclarent, c’est aussi maintenant qu’il faut partir. A point.

 

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