Le président du Tgi du Mfoundi a rejeté le 21 mars 2017 la requête en habeas corpus introduite par les avocats Paul Ayah Abine.
Par Eddy Armand Matchouako
«Le juge a rejeté notre habeas corpus. Il estime qu’il n’y a pas eu violation des droits de notre client. Or, les arguments contenus dans le dossier de procédure que nous avons monté le montrent clairement. Ses droits ont été violés lors de son arrestation devant sa famille. Il a été amené au Sed où il est gardé à vue. Au Cameroun, la garde à vue est de 48h. Or, Paul Ayah est détenu depuis le mois de janvier», déplore Christopher Ndong, un des avocats du détenu. Lequel révèle que le cas de son client est un «procès politique». Pourtant, à la veille de son audience il y a deux jours, ce membre du collège des avocats du prévenu se montrait plutôt confiant quant à un éventuel verdict au cours duquel leur client aurait pu recouvrer la liberté.
«Le juge a mis cette affaire en délibéré. Nous verrons s’il a déjà rédigé sa décision. Un rabattement du délibéré peut avoir lieu si un fait important l’y oblige. Mais pour le moment, rien dans ce sens ne l’indique», rassurait-il. Cependant, en lieu et place du délibéré attendu, le président du tribunal de grande instance (Tgi) centre administratif du Mfoundi, qui a reçu à huis clos les deux parties pour une seconde audience, a rejeté les principaux arguments contenus dans la requête d’habeas corpus (libération immédiate) introduite par les avocats de la défense. Outre les violations des droits du détenu dénoncées au cours de l’interpellation du mis en cause, le conseil de la défense évoque entre autres irrégularités, la violation du privilège de juridiction,
qui dispose dans son article 629 alinéa 1 et 2 du Code de procédure pénal que : «Lorsqu’un magistrat de l’ordre est susceptible d’être inculpé d’une infraction, le procureur général compétent présente une requête au président de la Cour suprême qui désigne un magistrat chargé d’instruire l’affaire et trois autres, d’un grade au moins égal à celui du mis en cause, en vue du jugement éventuel de l’affaire en premier ressort». Droit qui, selon les avocats de la défense, ont également été violés. «Nous allons faire appel de cette ordonnance qui vient d’être rendue», renseigne Christopher Ndong. Interpellé au mois de janvier dernier dans le cadre des troubles en zones anglophones, Paul Ayah Abine est poursuivi pour complicité et apologie du terrorisme, rébellion, sécession et propagation de fausses nouvelles.







