Jeudi, 22 Août 2019
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Paul Atanga Nji: »Nous parlerons de tout, sauf de la forme de l’Etat »

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Interview intégrale du ministre de l’Administration territoriale sur les antennes le 17 mai dernier.

Par France 24

Le Premier ministre a effectué une tournée dans les régions anglophones et il y a porté le message du président de la République. Tous les sujets devront être débattus, mais à l’exception de la question de la sécession. Le président camerounais se dit donc prêt pour le dialogue. Est-ce qu’il n’aurait pas fallu commencer par ça ?

Je tiens à dire que le dialogue a commencé il y a deux ans. Le président de la République a prescrit le dialogue au gouvernement depuis deux ans. Ce n’est pas aujourd’hui que ce dialogue commence. Ceux qui prétendaient nous brandir des revendications corporatistes avaient un agenda caché qui devait déboucher sur autre chose. Voilà pourquoi, dès le départ, le président de la République a pris ce problème à bras le corps et il a prescrit des mesures salutaires qui nous ont permis à la fois de répondre aux revendications fondées des enseignants et des avocats mais, de prévenir le débordement. C’était ça l’essentiel. Je peux dire aujourd’hui (17 mai dernier, Ndlr) que le message du Premier ministre qui était à Bamenda (Nord-Ouest) et qui vient de séjourner à Buea (Sud-Ouest), rentre en droite ligne de ce que le chef  de l’Etat a toujours dit : « Nous pouvons discuter de tout si vous avez des doléances ».

Le président Paul Biya dit depuis 1983, qu’on ne doit pas emprunter le chemin de la brousse, le maquis, pour exprimer ses opinions. Donc, le Cameroun, c’est un pays ouvert où les gens s’expriment librement. Je ne comprends pas pourquoi les gens devaient emprunter un chemin tordu c’est-à-dire, les armes pour des revendications qui auraient pu être discutées en interne. Donc, je crois que le Premier ministre dit ce que le chef de l’Etat a toujours dit. Nous dialoguons.

Comment justement dialoguer, alors que les principaux leaders des régions séparatistes sont aujourd’hui enfermés, ne peuvent pas participer à cet appel à dialoguer ? Comment dialoguer sans les principaux concernés ?

S’agissant des principaux concernés (pour l’appel au dialogue), je dis d’abord que ce sont des Camerounais égarés, ce sont des imposteurs qui ont pris des armes contre la République. On dialogue avec des gens qui sont près pour un dialogue. On ne dialogue pas avec ceux qui ont du sang sur les mains. Il y a des exactions qui ont été commises, il y a des enfants qui ont été tués, des écoles qui sont fermées, des forces de défense et de sécurité qui ont été brutalisées. Et à notre grande surprise, la communauté internationale ne parle pas assez de ces exactions-là. Malgré ces exactions, le gouvernement a toujours travaillé dans le cadre de l’apaisement.

Il y a l’ancien Premier ministre qui avait déjà amorcé ce dialogue. Le nouveau Premier ministre, aussitôt nommé, a été instruit par le chef de l’Etat, de descendre sur le terrain et de prêcher la paix, la réconciliation et le dialogue ; en disant que nous sommes des Camerounais. Débattons, ne combattons pas. C’est ça le message du chef de l’Etat. Donc, moi je pense qu’il n’y a pas de leaders. Et ceux qui passent pour des leaders anglophones, est-ce qu’ils ont eu mandat ? Qui leur a donné mandat de parler au nom des anglophones ?

En tout cas, ils ont pris la parole pour ceux qui avaient des revendications dans ces régions-là. On ne peut pas non plus dire qu’ils ne représentent pas les revendications des séparatistes dans ces régions. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils ont été jugés cette semaine (semaine dernière, Ndlr). Ils ne se sont pas présentés au procès. Mais en tout cas, c’est la raison pour laquelle ils sont aujourd’hui jugés…

Le Cameroun est un Etat de droit. Ceux qui peuvent parler au nom du peuple, ce sont les élus locaux, ce sont les députés, ce sont les maires, ce sont les chefs traditionnels, ce sont ceux qui dirigent des organisations syndicales et autres. Mais ceux qui n’ont pas de statut et qui, du jour au lendemain, sortent du lot en disant que nous revendiquons ceci ou cela, nous disons que ce sont des imposteurs. Ils ont été pris dans leur propre piège. Ils ont commis des infractions. Ils sont entre les mains de la justice, et la justice va suivre son cours. Cependant, le président de la République dit que nous allons dialoguer, qu’on va discuter. On va poursuivre ce dialogue. C’est un dialogue je le rappelle, qui a commencé il y a deux ans. Nous parlerons de tout, mais nous ne parlerons pas de la forme de l’Etat.

Puisqu’il faut parler de tout monsieur le ministre, cette crise, c’est aussi une crise humanitaire. Pour la communauté internationale, il y a plus de 1800 morts, pas moins de 400.000 déplacés en tout, selon les Nations-Unies et 35.000 réfugiés au Nigeria voisin. Est-ce que vous comprenez l’inquiétude des Nations-Unies aujourd’hui ?  

Ces chiffres sont des chiffres erronés. Je vais corriger les chiffres. J’ai lu les rapports de Human Rights Watch et International Crisis Group. Il y a 152.000 déplacés internes au Cameroun. Et sur les 152.000, le gouvernement, à travers le Plan d’assistance humanitaire d’urgence (Pahu, Ndlr) mis en place par le chef de l’Etat, s’est occupé de près de 90.000 déplacés internes. Et aujourd’hui, je peux vous dire, à la faveur du calme qui revient progressivement, que ces populations sont en train de rentrer dans leurs localités. Donc, je voudrai dire que ces chiffres, ce sont des chiffres erronés. Ceux qui avancent ces chiffres savent pourquoi. Dans la logique de l’humanitaire, parfois, on gonfle les chiffres. On prend de l’argent et on fait autre chose avec.

Je voudrais vous dire qu’on ne va pas faire le fonds de commerce sur le dos du gouvernement camerounais en disant qu’il y a une crise qui n’existe pas. C’est une crise qui est parfaitement maîtrisée par le gouvernement, à travers les mécanismes mis en place. Donc, le Plan d’assistance humanitaire d’urgence et le Comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration sont des structures où dès que les gens déposent les armes, ils sont encadrés. Et à terme, ils peuvent retrouver le cours d’une vie normale. Le président de la République leur a dit de déposer les armes. Autrement dit, c’est une porte de sortie honorable pour ces enfants qui ont été induits en erreur par des rêveurs qui ont pensé que du jour au lendemain, on peut créer un Etat.

Je ne sais pas quel est le pays du monde qui peut accepter ou cautionner la sécession. Nous sommes dans un monde globalisé. Alors, ce n’est pas le moment de parler de cela. Je tiens à corriger les chiffres. J’ai été à Genève (en Suisse) hier (16 mai dernier, Ndlr). Et j’ai remis ce rapport au Hcr (Haut-commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés, Ndlr), en leur disant qu’au Cameroun, il y a 152.000 déplacés internes. Il y a plus de 90.000 qui ont déjà été pris en charge. J’ajoute que la démarche de Human Rights Watch est une démarche conspirationniste contre les intérêts du gouvernement camerounais.

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