Jeudi, 19 Avril 2018
Accueil quotidien mutations Patience, résilience, dialyse

Patience, résilience, dialyse

101
- Publicité -

Mieux vaut tard que pas du tout. Les kits nécessaires pour les séances de dialyse sont arrivés au Cameroun depuis le 21 juillet 2017 ! Ouf!

Par le mutant

Ça respire de l’air frais côté malades de l’insuffisance rénale, qui menaçaient de devenir tous des citrouilles ambulantes. Les petits appareils ont été réceptionnés à l’Hôpital général de Yaoundé (HGY) au cours d’une grande et belle cérémonie présidée par le ministre de la Santé publique, André Mama Fouda (AMF) himself ! Et alors ! C’est ça le triomphe romain. Dans la Rome antique, lorsqu’un général remportait une grande victoire militaire, il était célébré au sénat et dans les rues de Rome…

A l’HGY ce jour-là, quelques malades montés à l’emporte-pièce, louèrent naturellement la magnanimité et la débonnaireté infinies du très vénérable Minsanté. Ils rappellent là, les bébés oiseaux poussant des cris de joie lorsqu’après d’interminables heures de diète, la becquée leur arrive enfin, pendue au bec de mère oiseau. Avec raison. Surtout qu’il est quand même question de 11 tonnes de kits qui seraient déjà disponibles dans tous les centres d’hémodialyse du Cameroun. Vous voyez, le conditionnel est de mise car, avec Mama Fouda, il vaut mieux prendre une inscription à l’école Saint Thomas sise à Obobogo à Yaoundé. Là-bas, on apprend à croire qu’après avoir touché du doigt! Cependant, le plus important, est qu’une « ligne budgétaire spéciale sera mise en place pour l’Hôpital général de Yaoundé et de Douala afin de doter ces deux centres de 25 générateurs». Parole de Minsanté. Elle n’existait donc pas ? Une avancée tout de même !

La mauvaise presse avait commencé à écrire des insanités du genre : le Minsanté ne garantit pas la santé, il distribue plutôt les billets de première pour la nécropole. Et les pauvres malades tournaient en rond comme des rats empoisonnés ! Empoisonnés, ils le sont ! Merde ! Certains ont fait des sit-in devant des centres hospitaliers. Dieu seul sait où ils ont puisé l’énergie nécessaire. Et les notices nécrologiques des journaux s’allongeaient: 35 morts depuis le début de l’année dans le seul Hôpital général de Yaoundé. Surtout que le ministre a gardé un silence de sacristie ! Une vraie statue, rien ne le touche. Et quoi ! Pas d’urgence aux urgences, c’est nous qui sommes pressés. Tout ceci est gai comme un monument funéraire, et beaucoup d’entre nous pensent que c’est tout le ministère de la Santé publique qu’il faudrait dialyser ! Un ministère sans vision, ni prévision, ni provision. Le tableau peut paraitre excessif. Il l’est !

De grâce, laissons AMF là où il est, occupons nous des principaux concernés, les malades de l’insuffisance rénale. Vous voyez, votre patience a fini par payer. D’ailleurs, on vous appelle les patients. Patients, vous l’êtes. Le mot dit tout. Patienter, le verbe qui lui est attelé, aussi : s’armer de patience, laisser faire, se contenir, s’accoutumer, attendre, durer, accepter et, enfin, se résigner ! On n’en finirait pas de recenser les analogies. Cela se conjugue comme dans Le Bescherelle, l’art de souffrir. Tout vient à point nommé à qui sait patienter. Prenez donc toujours patience, restez dignes dans l’attente des kits pour la dialyse. Après, soit vous êtes résilients -c’est le mot à la mode- soit vous y passez ! De toutes les façons, ce sera terminé. Donc, patience, les patients.

Newsletter: Restez au courant de l'actualité


- Publicité -

AGENDA

Festival des musiques et danses patriomoniales

première édition de Business Coffee Break

Tous nos évènements
Mutations SHOP