Jeudi, 19 Avril 2018
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Panafricanisme énergétique

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La météo du marché des matières premières affiche, au tableau des prix, une mine d’enterrement.

Par Bibou Nissack*

Le pétrole fait grise mine dans sa valorisation en devises, et n’est pas étranger dans le
morbide retour du Cameroun au FMI, tandis que l’actualité ivoirienne ramène au goût, amer, du jour la pâleur des cours du cacao. C’est ainsi qu’une ordonnance rec-
tificative de la loi des finances ivoirienne vient de revoir à la baisse les prévisions budgétaires ivoiriennes, et réorienter les priorités. Sale temps pour les matières pre-
mières donc !

Nous sommes face aux conséquences les plus paradoxales de la réalité économique de certains pays africains qui est leur incapacité à transformer de façon substantielle leurs ressources en produits finis ou semi-finis. C’est ainsi que dans une sorte de ré-
signation fataliste, les Etats notamment au sud du Sahara ou on parle ‘’colonialement’’ français, semblent définitivement renoncer à investir le champ de l’industrialisation intensive, y compris en renforçant au passage le mythe d’un Occident pouvant tout, et d’une certaine Afrique ne pouvant rien, sinon pas grand chose. Comment pourrait-on croire le contraire lorsque les projets énergétiques de ces pays peinent à résorber le déficit qui y sévit.

Inaugurant le chantier de construction de l’usine hydroélectrique de pied du barrage de Lom Pangar il y a deux jours, le Président du groupe de la Bad Akinwumi Adesina a déclaré que le déficit électrique porte sur dix millions de personnes, entendre
foyers, au Cameroun. Or, il se trouve que le pivot sine qua non de l’industrialisation, y compris celle lourde, est l’énergie, et celle électrique en est une de choix. Sur le marché nucléaire civil, un réacteur coûte environ 2 milliards d’Euros, soit plus ou moins 1 310 milliards de Fcfa.

Il fournit l’électricité à un million de foyers, par la production de 1000 Mégawatts électriques (MWé), soit 1 Gigawatt électrique (GWé), pour 7 Térawattheures (TWh) annuel. En comparaison, les 30 MWé de l’usine de pieds de Lom Pangar semblent bien dérisoires. Les pays constitutifs des zones Cemac, Cedeao et autres, pourraient ainsi mutualiser leurs efforts financiers et matériels par le truchement de société multinationales africaines en Partenariats Public Privé (PPP) chargé d’ériger des parcs nucléaires civils à vocation sous-régionale.

On peut imaginer que le Niger en ce qui le concerne pourrait garantir la four-
niture du combustible (l’uranium dont il est l’un des plus grands producteurs mondiaux) nécessaire au fonctionnement d’un réacteur nucléaire, à ses com-
pères de la Cedeao. L’Hexagone pourrait être associé comme fournisseur de l’infrastructure. Cependant qu’il faudrait aussi élaborer un modèle sécuritaire permettant une protection optimale des sites d’implantation des centrales accueillants les réacteurs, toujours sur le principe de la mutualisation de forces militaires, po-
licières et de renseignements.

Les Etats tels celui du Cameroun de concert avec ses pairs de la zone Cemac,
ceux au-delà, voire la Bad elle-même, pourraient se réformer de l’intérieur et envisager désormais cette option comme alternative complémentaire crédible à
l’éradication radicale du déficit énergétique en Afrique. Ce d’autant plus que l’énergie électrique figure parmi les principales priorités de la Bad. Certes que la mu-
tualisation des charges permettrait de diminuer les coûts d’investissement pour les Etats, cependant, le cas échéant rien n’empêche qu’un seul pays puisse supporter un tel investissement si l’on compare avec tous les milliards engloutis dans les projets hydroélectriques en cours ou déjà réalisés, et le faible rendement
productif de ceux-ci.

En rappel, la décision Nro_0096_/ARSEL/DG/DCEC/SDCT du 28 mai 2012, établit de 50 FCFA à 99 FCFA/kwh le prix pour les clients camerounais basse tension à usages domestiques résidentiels entre 110 et 2000 Kwh. En France, pour les mêmes en option base, le Kwh d’électricité (majoritairement nucléaire) varie de 4,2 à 4,48 FCFA/Kwh TTC. Même en y rajoutant l’abonnement annuel, ceci n’empêche d’aboutir à l’absurdité d’un pays ‘’pauvre’’ payant infiniment plus cher son électricité, par ailleurs insuffisante, qu’un pays dit ‘’riche’’ et non producteur d’uranium.

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