Vendredi, 20 Septembre 2019
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Palais de l’unité:Mystère autour d’un discours avorté de Paul Biya  

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Après avoir fait mobiliser des équipes de la Crtv et de Sopecam pour l’enregistrement d’une adresse à la nation, samedi dernier, le chef de l’Etat s’est rétracté à la dernière minute.   

Par Jean De Dieu Bidias

Les directeurs généraux (Dg) de la Cameroon Radio Television (Crtv), Charles Ndongo, et de la Société de presse et d’édition du Cameroun (Sopecam), l’entreprise éditrice du quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, Marie-Claire Nnana, ont fini par démobiliser leurs personnels, samedi dernier vers 17h, à la demande du même cabinet civil de la présidence de la République, qui, depuis la veille vendredi, avait demandé que des équipes se tiennent prêtes pour l’enregistrement d’un discours du chef de l’Etat à la nation. Au centre de production de Mballa 2, directeurs, sous-directeurs et certains chefs de services avaient reçu instruction d’attendre sur place l’alerte du palais à partir de la mi-journée. Cette instruction a été respectée à la lettre et, à cette même heure, toutes les équipes et le matériel d’enregistrement étaient positionnés. Plutôt, une équipe réduite de la division des affaires de souveraineté est allée en mission avancée à Etoudi.

Fort de ce que les prises de parole de Paul Biya sont aussi rares que ses apparitions publiques et constituent autant de « grands moments », mille et une questions taraudaient les esprits des personnes désignées pour se rendre au Palais de l’unité, sur l’objet de cette sortie présidentielle à une occasion autre que le 31 décembre ou le 10 février, les deux moments officiels où il s’adresse chaque année à la nation et à la jeunesse, respectivement. « Certains personnels de la Crtv ont cru que le président de la République allait annoncer sa démission comme Ahidjo l’avait fait en 1982», rapporte un cadre de l’office de radiodiffusion.  Ces dernières semaines, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, a multiplié les consultations au sujet du dialogue attendu en vue de la résolution de la crise anglophone.

Il a même reçu à l’immeuble « Etoile » à Yaoundé, une équipe conduite par le cardinal Christian Tumi, et il aurait fait un compte rendu au chef de l’Etat à son retour de Mvomeka’a, mercredi dernier. D’autres ont très vite fait un lien entre ces derniers développements et le discours improvisé du chef de l’Etat. Allait-il enfin annoncer l’ouverture des pourparlers de paix en rapport avec la crise sécessionniste dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest et dessiner les contours du dialogue? En l’état actuel des choses, au plan externe, Paul Biya est sous pression de la communauté internationale pour proposer une offre de paix, en plus du calendrier électoral de début 2020 qui, au plan interne, le condamne à agir. Depuis quatre mois, le Premier ministre a annoncé à Bamenda et Buea que le président de la République était favorable à l’ouverture d’un dialogue et que tous les sujets seraient mis en débat à l’exception de la sécession. Depuis lors, le pouvoir tarde à franchir le pas. Pourtant sur le terrain, la situation semble se corser. En témoigne, les appels à la reprise des classes qui ont été très peu suivis dans les deux régions en crise.

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