Dimanche, 17 Juin 2018
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Ordinateurs de Paul Biya: Les acteurs et leurs rôles dans le procussus d’acquisition

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Plusieurs membres du gouvernement sont intervenus dans ce dossier qui fait jaser.
Par Nadine Guepi
Le sujet sur les 500 000 ordinateurs, «don» du chef de l’Etat aux étudiants, persiste sur le fil des actualités. Des informations faisant état d’une enquête instruite par le président de la République pour faire la lumière sur la gestion de ce dossier circulent. Si l’information est avérée, les limiers désignés devront s’intéresser à plusieurs points.

Sur le protocole d’accord
L’histoire du «don» de 500 000 ordinateurs commence le 18 juin 2015 en Chine. Le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat) d’alors, Emmanuel Nganou Djoumessi, qui fait partie d’une mission économique conduite par le Premier ministre Philemon Yang, signe un protocole d’accord de 75 milliards Fcfa. Le chef de l’Etat habilite le Minepat à signer l’accord avec la banque chinoise le 25 juillet 2015. Partenariat qui à ce moment ne concerne que la construction de neuf centres de développement du numérique universitaire dans chaque université d’Etat et à l’université inter-Etats Cameroun-Congo (site de Sangmelima).

Le 26 juillet 2016, au cours d’une cérémonie officielle en rapport avec le protocole d’accord, le ministre de l’Enseignement supérieur (Minesup), Jacques Fame Ndongo annonce le «don» du président Biya aux étudiants. « Une lettre du 25 juillet 2016 du secrétaire général de la présidence de la République [Ferdinand Ngoh Ngoh, Ndlr] instruisait au Minesup de mettre en œuvre le projet », précise Jean Paul Mbia, responsable de la cellule de communication au Minesup. Le 22 août 2016, Louis Paul Motaze, désormais à la tête du Minepat, signe l’accord de crédit avec Eximbank. Le 30 octobre 2016, la multinationale américaine Microsoft entre dans la danse avec la signature d’un protocole d’accord avec le ministre de l’Enseignement supérieur (Minesup). Un nouvel acteur intégré dans ce feuilleton à la faveur d’une correspondance de Jacques Fame Ndongo adressée au Premier ministre en date du 25 octobre dernier pour le déblocage de 400 millions Fcfa donnant quitus à l’entreprise de gérer l’aspect technique. Le Pm donnera suite à cette requête.

Le processus est validé en date du 30 décembre 2016. Le gouvernement apporte alors sa caution juridique à travers le secrétaire général des services du Premier ministre, Séraphin Magloire Fouda (longtemps conseiller économique du chef de l’Etat), à l’opération de fabrication des ordinateurs qui seront baptisés PB HEV, pour «Paul Biya Higher Education Vision». Eximbank débloque le 5 juin 2017 une avance en vue du démarrage de 30 ordinateurs portables au profit de l’entreprise chinoise Sichuan Telecom Construction Engineering Co. Ltd. Ceci, sur requête du Minepat, conformément à l’accord de crédit. C’est ainsi que la fabrication des machines en Chine débute le 26 novembre dernier.

Sur le coût d’un ordinateur PB
Cet aspect n’a pas été des plus simples. Le ministre de la Communication (Mincom), Issa Tchiroma Bakary, sur son compte Twitter, parle de 100 000 Fcfa l’unité. Pourtant, trois jours avant, le Minesup brandissait le chiffre de 300 000 Fcfa pour désigner le prix de revient du même produit. « Ce prix intègre les frais de transport internationaux», ajoute-t-on au Minesup. Marcel Fouda Ndjodo, inspecteur général chargé des affaires académiques dans ce département ministériel, a lui aussi donné son montant, à savoir 140 000 Fcfa. Une valse de chiffres qui suscite moult interrogations au sein de l’opinion publique.

Pour ce qui est des dépenses déjà engagées, «les frais de transport par la compagnie Ethiopian Airlines pour la première vague d’ordinateurs, soit 80 000, ont coûté 562 millions Fcfa», révèle le responsable de la communication au Minesup. Le déblocage de ces frais a été autorisé par le Premier ministre. Pour l’heure, 50 milliards Fcfa ont déjà été utilisés en ce qui concerne les machines. Les 25 milliards restants vont servir à la construction des centres numériques.

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