Samedi, 19 Janvier 2019
Accueil quotidien mutations politique Nouveau gouvernement : Comme un pétard mouillé

Nouveau gouvernement : Comme un pétard mouillé

82
- Publicité -

Deux mois après sa prestation de serment pour un nouveau mandat de sept ans, et un peu plus d’un mois après le retrait de l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations 2019 au Cameroun, le chef de l’Etat s’est enfin résolu à réaménager son gouvernement.

Par Georges Alain Boyomo

Paul Biya n’a pas souhaité que des ministres commentent son message de fin d’année, mâtinée d’exaspération, sur des plateaux de télévision de la place, comme cela se faisait depuis quelques années déjà. Il n’a non plus voulu serrer la main à certains membres de son gouvernement à l’occasion de la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux du nouvel an au palais de l’Unité.

Prenant de court son monde et l’opinion publique, comme il l’affectionne, le président de la République a rompu le suspense en deux temps vendredi dernier, en nommant d’abord un nouveau Premier ministre, en l’occurrence Joseph Dion Ngute, connu pour sa discrétion et son passé dans la diplomatie, puis des ministres, trois heures plus tard. Au total, l’on enregistre 12 entrées, dont deux dames. Les jeunes qui s’étaient pris à rêver d’une meilleure représentativité au sein du gouvernement, après la promesse de Paul Biya de mieux de les associer à la prise des décisions engageant la vie de la nation, ont déchanté. Seulement trois entrées signalées dans une équipe obèse trustée par les « vieux » dont certains en sont pratiquement devenus des meubles.

Le chef de l’Etat conforte deux ministres éjectés et voués aux ennuis judiciaires par la clameur populaire, pour la gestion du dossier des ordinateurs PB HEV et des marchés de la Can 2019. Forts du titre de ministre d’Etat, Jacques Fame Ndongo et Ferdinand Ngoh Ngoh tiennent leur revanche. Idem pour Jean De Dieu Momo, incontestablement la star du premier gouvernement du septennat des « grandes opportunités ». L’allié le plus flamboyant et le plus offensif de Paul Biya à la présidentielle 2018 s’en tire avec un macaron de ministre délégué auprès du ministre de la Justice.

Cela dit, derrière le jeu de chaises musicales de vendredi, difficile de déceler une partition écrite par le chef d’orchestre en vue de donner un souffle nouveau à l’action gouvernementale. Il se dégage même un fort sentiment d’immobilisme, car depuis le gouvernement du 8 décembre 2004 dit des « grandes ambitions », Paul Biya n’est plus parvenu à opérer un mouvement de grande amplitude au sein de son équipe. De réaménagements en réaménagements, le chef de l’Etat peine à renverser la table, comme le commande pourtant la situation politique et socio-économique du Cameroun qui ne cesse de se dégrader.

Newsletter: Restez au courant de l'actualité


- Publicité -

AGENDA

Festival des musiques et danses patriomoniales

première édition de Business Coffee Break

Tous nos évènements
Mutations SHOP