Mercredi, 25 Novembre 2020
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Nord-Ouest/Sud-Ouest:l’improbable cessez-le-feu ?

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Alors que l’obsession de la victoire par l’anéantissement de l’adversaire  tant du côté du gouvernement que des séparatistes s’est avérée inopérante, la tuerie du 24 octobre dans une école à Kumba relance le débat sur la nécessité d’une trêve.    

Par Jean De Dieu Bidias

On était déjà dans l’innommable avec l’exhibition de la décapitation de la gardienne de prison Florence Ayafor à Pinyin (Santa, dans le Nord-Ouest), le 30 septembre 2019, jour de l’ouverture du grand dialogue national convoqué par le président de la République, Paul Biya ; mais la tuerie enregistrée le 24 octobre dernier dans un complexe scolaire privé de la ville Kumba est considérée à l’unanimité comme la plus violente séquence du conflit armée qui s’enlise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest depuis 2016. Tout le monde en convient : les auteurs de cette ignominie ont enfreint toutes les règles de la guerre et, au-delà de la détermination du gouvernement à les rattraper et les punir en conséquence, engagement du reste encouragé par tous y compris l’Organisation des Nations unies (Onu), beaucoup suggèrent qu’il mette tout en œuvre pour qu’une telle horreur ne se reproduise pas dans une autre école. Car, les groupes séparatistes auxquels les autorités camerounaises attribuent ce carnage, qui ne semblent plus s’autoriser de limites, pourraient bien être tentés de rééditer l’exploit au regard du macabre éclat qu’a connu l’attaque ayant fait sept morts et une dizaine de blessés à la Mother Francisca International Bilingual Academy.

Assurément, il s’agit là d’un sérieux précédent qui ouvre une période d’incertitude pour l’école dans les deux régions anglophones, où l’on assistait pour la première fois à une rentrée scolaire à peu près normale depuis quatre ans. Cette tuerie remet surtout en question l’option qui a toujours été celle du gouvernement, à savoir, la force militaire pour ramener la paix dans cette partie du pays. Ces événements qui apparaissent comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase relancent inévitablement le débat sur la nécessité d’une trêve rendue impossible jusque-là par les positions tranchées des partis en conflits. Mais comment y parvenir ? « On ne peut envisager le cessez-le-feu dans la crise séparatiste dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest que si l’empathie aux victimes et l’évaluation  des dégâts collatéraux ont fait naître chez les belligérants l’idée d’un règlement pacifique qui dépasse les prétentions à l’obsession de la victoire par l’anéantissement à tout prix de l’adversaire », analyse un sociopolitiste.

Médiateur

De manière opérationnelle, ajoute Roland Siméon Ekodo Mveng, chercheur en science politique, « cette trêve peut s’articuler autour d’un rapprochement entre les protagonistes autour d’une table de discussion en présence d’un médiateur. Les partis en conflit devront pour cela faire des concessions de politesse, telles que la libération des prisonniers ambazoniens et le dépôt des armes par les sécessionnistes. Après, il faudra résoudre l’équation de ces bandes armées incontrôlées qui vivent désormais d’une économie de guerre dans une zone crise sécuritaire et qui sont difficilement identifiées par les partis en conflit ». Le secrétaire général de l’Onu, António Guterres, qui, depuis mars dernier appelle à un cessez-le-feu mondial, « très peiné » par ce qui s’est passé à Kumba, a de nouveau exigé du gouvernement camerounais et des séparatistes, dans un Tweet daté du 25 octobre, qu’ils concluent une trêve.

Si ce énième appel qui, du reste, épouse la position de bon nombre d’observateurs et hommes politiques camerounais et étrangers est ignoré, « il faudrait entrevoir un arrêt des hostilités sous la pression des bailleurs de fonds, des organisations et tribunaux internationaux avec des menaces de poursuites des auteurs et commanditaires des crimes de guerre et crimes contre l’humanité à la Cour pénale internationale », prévient Roland Siméon Ekodo Mveng.

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