Jeudi, 13 December 2018
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Nord-Ouest et Sud-Ouest: angoisse et espoir

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Le gouverneur de la région du Nord-Ouest a signé hier, 09 septembre, un arrêté interdisant la circulation des personnes et des biens entre 18h et 6h dans son territoire de commandement.

Par Georges Alain Boyomo

Ce couvre-feu est décrété après les évènements survenus à l’entrée de la ville de Bamenda, la veille. Des individus armés ont entrepris, à Mile 8 Akum, de paralyser la circulation. Des milliers de passagers ont été immobilisés pendant près de 3h. Un conducteur de bus a été froidement abattu. Un bus de transport a été sérieusement endommagé. Le groupe criminel a utilisé un poclain(Caterpillar) pour creuser des tranchées sur la voie publique. Des sources concordantes font état de ce que ces miliciens sécessionnistes ont interdit les voyages sur Bamenda entre le 16 septembre et le 10 octobre 2018. 

 Dans son édition de jeudi dernier, votre journal indiquait que l’intervalle compris entre la rentrée scolaire et l’élection présidentielle est un « couloir de l’angoisse » dans les régions du Nord-Ouest et du Sud- Ouest. L’expression « couloir de la mort » a été évitée à dessein, pour ne pas donner le sentiment que Mutations exalte une cause ignoble, mais l’enchaînement des faits semble planter le décor d’une déflagration dans ces régions.

Oui, la situation de ces régions rappelle le couloir de la mort, notamment aux Etats-Unis. Au pays de l’Oncle Sam, le temps d’attente dans ce couloir dédié aux condamnés à mort peut durer plusieurs années. Le record est de 33 ans entre la condamnation et l’exécution. La durée moyenne est de 10 à 15 ans dans les Etats où les exécutions sont fréquentes. Les condamnés sont avertis de leur exécution des semaines voire des mois à l’avance, jusqu’à sept mois

Aux Etats-Unis, on parle également du « syndrome du couloir de la mort ». Lequel se manifeste par un stress inqualifiable du condamné, provoqué par l’attente de l’exécution. « Tu restes juste assis dans ta boite, toute la journée, jour après jour, année après année, à attendre de mourir. Pas d’espoir, pas de chance de rédemption…», décrit un ancien « client » à la peine de mort.

Cela dit, l’espoir est-il perdu pour les populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ? Le degré de pourrissement de la situation est certes alarmant, mais le gouvernement (et les patriotes) n’entend pas faiblir devant les intimidations et exactions des sécessionnistes et autres criminels qui veulent établir leur sanctuaire dans ces régions. Le malaise légitime exprimé par les ressortissants de cette partie du Cameroun a été saisi par les autorités. Tout n’a pas encore été fait pour accéder aux revendications formulées, notamment en ce qui concerne la fin de l’hypercentraisation du pouvoir à Yaoundé. Le rythme des réformes semble même par trop timoré. Mais aucun patriote digne de ce nom, ne peut accepter que la République soit tenue en laisse par des aventuriers et brigands. Aucun Camerounais épris de paix et du droit à l’éducation ne peut accepter que des criminels empêchent les enfants d’aller à l’école.

Il est évident que les menées terroristes et sécessionnistes n’empêcheront pas aussi le déroulement de l’élection présidentielle au Cameroun. Il aurait pourtant été souhaitable qu’elle se déroulât dans la sérénité sur l’ensemble du territoire national afin que les résultats soient le reflet de la volonté des Camerounais, de tous les Camerounais.

Après la présidentielle, il n’est pas exclu que les en- trepreneurs du chaos fassent feu de tout bois pour que la Coupe d’Afrique des nations de football 2019 ne puisse pas se tenir au Cameroun. Les villes de Bafoussam et de Douala (voisines du théâtre des opé- rations), qui vont abriter des délégations et matches de cette compétition, seraient dès lors les cibles d’attaques meurtrières. Si c’est cela l’agenda, debout comme un seul homme, le peuple camerounais, qui sait ce qu’il veut et ce qu’il ne veut pas, saura faire barrage à cette funeste intention.

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