Samedi, 20 Octobre 2018
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Moto-taxi: le laxisme institutionnel

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La reconnaissance institutionnelle d’un secteur d’activité longtemps plongé dans l’anonymat peut faire que les principaux acteurs, les moto-taximen, aient la grosse tête.

Par Blaise Djouokep

« Prenons par exemple le cas des conducteurs de moto-taxi. Je sais que cette professionnelle n’a pas toujours bonne réputation en raison de quelques brebis galeuses qui s’y sont introduites. Mais, la majorité de ces jeunes cherchent tout simplement à gagner leur vie. N’est-on pas heureux de la possibilité offerte d’atteindre rapidement et à moindre coût des destinations difficiles d’accès ? ». En s’adressant ainsi à la jeunesse dans son discours du 10 février 2013, le président de la République, Paul Biya, a honoré une profession vomie par certains, mais qui recrute chaque jour dans nos villes et campagnes. Faute de mieux.

Après la sortie du chef de l’Etat, les pouvoirs publics n’ont pas hésité à reconnaître la nécessité d’organiser et d’encadrer cette activité. « Pour éviter certains comportements qui sont à déplorer, il conviendrait sans aucun doute d’organiser la profession et de prévoir à leur intention des stages de formation concernant à la fois le code de la route, le port du casque et la technique des véhicules à deux roues ». Le
constat de Paul Biya intervient cinq ans après le décret du Premier ministre qui encadre ce secteur et qui, comme les orientations faites ce 10 février 2013, n’a pas connu d’avancée significative.

Voilà une « profession précaire » qui absorbe tellement de nombreux jeunes qu’il est devenu quasiment impossible de retrouver un tâcheron dans nos villages. Puisque la majorité d’entre eux ont opté désormais pour le guidon. Dans de nombreuses villes, ces engins à deux roues inondent avec des « conducteurs » généralement poussés à l’incivisme. L’affluence de ces motos laisse aussi progressivement une image de désordre urbain. Et tant que l’activité ne sera pas organisée, les villes continueront de perdre leur visage d’antan, face au coup de fouet donné ailleurs en Afrique pour avoir des cités où la mobilité humaine est un gain.

Si l’on veut vraiment faire de Yaoundé, Douala, Bafoussam et Garoua des villes d’aujourd’hui et de demain, il faut les débarrasser de ces aspects qui renvoient à la campagne. L’assainissement tant attendu ne sera possible que si les pouvoirs publics s’engagent à mettre fin à ce laisser-aller. Ils en ont les moyens.

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